Libre Opinion : La Commune urbaine de Boké est et demeure toujours un théâtre d’affrontement sanglant entre jeunes en colère et forces de l’ordre venues en grand nombre de Conakry, voulant maintenir l’ordre à tout prix, même à celui de la vie des populations.

Dans la soirée d’hier, un calme précaire régnait dans la cité où était passé l’Explorateur Français Réné Caillé et par ou le Roi de Labé, Alpha Yaya Diallo a été déporté. Pendant toute la nuit, les gendarmes et policiers ont dégagé les barricades érigées par les jeunes. Mais, hélas, ceux-ci ne s’savourant pas vaincus ont remis les barricades de la plus belle des manières, suite aux actes de pillage perpétrés sur les magasins, boutiques kiosques et autres étales et de brutalité exercées par les forces de l’ordre sur des « guiné, saré mati » (lire : femmes vendeuses) qui étaient venues ce matin chercher le quotidien au marché central et aux abords de la route.

Sur leur passage, les agents de maintien d’ordre n’ont épargné rien et personne, allant jusqu’au casser des portes et s’introduire dans les concessions pour renverser eau, huile, marmites sur le feu, etc. avec des injures grossières … Ils ont été contaminés par le syndrome « Bambéto- Coza » et en avaient la nostalgie.

Pour secourir leurs mamans, les jeunes, très remontés, ont repris leur tactique de « barricader pour empêcher « . Armés de pierres, les jeunes ont opposé une farouche résistance ; mais, avec leurs gâchettes faciles, les agents de maintien d’ordre ont tiré à balles réelles sur les manifestants. Bilan : 3 blessés graves qui sont admis à l’Hôpital Régional pour les soins, mais le bilan pourrait s’alourdir, selon un Responsable de la Société Civile ; car, il y aurait d’autres jeunes battus à mort par les forces de l’ordre.

Selon le témoignage recueillis auprès des femmes, les policiers et gendarmes sont allés jusqu’à déchirer les soutiens-gorges et caleçons de certaines filles assises dans les salons, ou à la recherche de l’eau ou même couchées dans les chambres, leur forçant de se livrer en eux ; heureusement qu’elles ont été épargnées par leur résistance et grâce au secours d’autres femmes.

Aux dernières nouvelles, les détenteurs des secrets veulent s’inviter dans la danse, ils ont menacé de montrer ce qu’ils connaissent si les exactions des forces de l’ordre ne s’arrêtent pas.

Au moment où nous mettions ces informations en lignes à 17h25, une grande réunion des jeunes se profile à l’horizon chez DEM, derrière la Maison Régionale des jeunes et les conclusions seront très déterminantes.

Le Kountigui de la Basse-Guinée ne doit pas rester sous silence, il devrait non seulement condamner ce qui se passe dans cette portion de sa juridiction, mais il devrait également diriger une mission de médiation afin de faire revenir le calme dans la cité de « Alpha N’Diaye et de Aladji Baguirassy ».

Ahmadou Laouratou Diallo

Activiste de Droits de l’Homme

Fils de Boké : 622 84 50 60

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