Comme indiqué par une précédente dépêche de Guineematin.com, le procès du journaliste Moussa Moïse Sylla pour « diffusion des secrets de défense » s’est ouvert ce jeudi 25 janvier 2018 au tribunal de première instance de Mafanco. Dès l’entame des débats, c’est une question de forme qui est soulevée par la défense.

Selon maître Salifou Béavogui, au tout début, la plainte visant Moussa Moïse était basée sur les articles 538 et suivants du code pénal. Or, avec la dépénalisation des délits de presse, les faits articulés contre son client ne peuvent tomber sous le coup de ces articles. C’est ainsi qu’il demande de surseoir à statuer sur cette affaire, parlant d’exception en inconstitutionnalité. Plus loin, maître Béa a demandé que le dossier soit rangé et transmis à la Cour Constitutionnelle.

Chose inacceptable pour le procureur Aly Touré qui réplique en ces termes : « on me reproche des faits que j’ai appliqués de façon légale ! Est-ce que les avocats et moi utilisons les mêmes textes ? Le procureur reçoit les plaintes et dénonciations et décidé d’en donner suite ou pas », insiste-t-il.

Et, Aly Touré a même jusqu’à remettre en doute la qualité voire les compétences des avocats qui doivent apprendre, selon lui, le fonctionnement du parquet. Une déclaration qui n’a pas été du goût des avocats, notamment de maître Mohamed Traoré, bâtonnier de l’ordre des avocats, qui demande des excuses. Maitre Béa dira même que les parquetiers doivent à leur tour prendre des cours pour mieux connaître la corporation des avocats.

Après avoir présenté ses excuses, le procureur a demandé au tribunal de rejeter la demande des avocats et l’ouverture des débats sur le fond. Les avocats de la partie civile ont également abondé dans le même sens, dénonçant une manœuvre dilatoire de la défense.

Les débats sur le sujet se poursuivent avec les réactions des parties au procès.

A suivre !

Alpha Mamadou Diallo depuis le TPI de Mafanco pour Guineematin.com

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