Dans l’après-midi d’hier, mardi 16 avril 2018, Guineematin.com a reçu l’ancien ministre de la Communication devenu opposant, Alhousseiny Makanéra Kaké, président du parti FND. Au cours de notre interview, plusieurs questions d’actualité ont été débattues, notamment le contentieux électoral, les pistes de solution pour une sortie de crise, etc. Nous vous proposons la première partie de cette longue interview. 

Décryptage !

Guineematin.com : Le 04 février dernier, les guinéens ont voté pour les élections locales. Jusqu’aujourd’hui, nous sommes face au contentieux, sans solution. Quelle est votre réaction ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : C’est une déception ! C’est même une honte nationale, quand on voit ce qui se passe autour de nous. Le Libéria vient d’organiser librement son élection présidentielle, la Sierra Léone a fait autant. La Côte d’Ivoire, depuis qu’Alassane est là, a tenu plusieurs élections ; et, nous, pour avoir les élections législatives, il y a eu plus de 60 morts avec trois années de retard. Pour avoir les élections locales, nous sommes à 94 morts et plus de 7 ans de retard. C’est vraiment une déception.

Ce qui se passe aujourd’hui est encore beaucoup plus grave en ce sens que nous avons voté le 04 février. La semaine qui devait suivre devait voir les exécutifs de toutes les communes installés. Mais, on est vers deux mois maintenant, nous n’avons pas encore les communes. Malheureusement, le débat, moi, je ne suis pas satisfait parce que la problématique n’est pas bien posée. Aujourd’hui, la plupart des gens que j’entends disent ‘’si vous faites comme ça, vous allez violer a loi’’ ; mais, au fond, quelle est la question qui devait être posée réellement ? Qu’est-ce qu’il faut pour que les élections soient transparentes, crédibles dans notre pays ? Et, lorsque Paul vote pour Pierre, que ça voix soit comptée pour Pierre. Voilà la problématique ; mais, lorsque je vois que personne ne parle des élections et on ne parle que de la loi ; alors que le Code électoral et les juges, s’ils interviennent c’est pour encadrer les élections. Ça me donne l’image de quelqu’un qui se présente chez un tailleur avec un pantalon court et on dit qu’il faut amputer ses pieds pour que le pantalon puisse aller avec lui. Alors qu’au fond, on a toujours entendu dire qu’il faut diminuer le tissu pour prendre la taille du propriétaire. Donc, aujourd’hui, à mon sens, le débat qui devait se poser, il y a eu des élections, est-ce que ces élections ont été transparentes ? Non ! Pourquoi ? Parce que tous les acteurs qui ont participé à ces élections reconnaissent que la loi n’a pas été respectée. Ils disent qu’il y a eu fraude. Il n’y a pas de crime sans loi. Tous les acteurs reconnaissent qu’il y a eu fraude.

Guineematin.com : Aujourd’hui, qu’est-ce qu’il faut ? Y-a-t-il de possibilité de sortie de crise ? 

Alhousseiny Makanéra Kaké : Oui !

Guineematin.com : Suivant les voies légales ? 

Alhousseiny Makanéra Kaké : Oui ! Cherchons ce que s’est passé. Pour l’opposition républicaine, nous avons reconstitué les griefs avec les preuves. Il y a eu des procès verbaux qui ont été effectivement remplis, signés ; mais, qui ont été écartés. Il y a eu des procès verbaux qui ont été annulés et d’autres ont été modifiés. Il y a eu beaucoup d’autres anomalies avant ; mais, puisque là, on ne peut pas apporter la preuve comme par exemple les votes multiples à partir des cartes qui n’ont pas été enlevées par les propriétaires, les procurations… Mais, nous avons estimé que partout où on peut apporter la preuve, qu’il faille corriger. Comment ? Tout simplement parce qu’aujourd’hui, nous sommes dans une situation où les tribunaux qui ont été saisis, la loi a dit qu’ils sont saisis au premier et au dernier ressort. Donc, quand il y a une décision de justice qui pose problème, qui viole manifestement le droit des gens, est-ce qu’il y a une possibilité pour écarter cette décision ? Je dis  Oui ! Heureusement que le législateur n’a rien fermé. Tout le débat que j’entends, rien n’est fermé parce qu’il y a la notion de l’inexistence en Droit administratif. Cette notion permet d’écarter les décisions de justice censées être intangibles, à condition que la loi a été grossièrement violée et les droits de certaines personnes ont été violés d’une manière où on peut prouver. Aujourd’hui, si vous prenez la commune de Dixinn par exemple, les procès verbaux qui ont été modifiés, écartés ou annulés concernent 5 000 voix, ne serait-ce que pour l’UFDG seulement. Comment réparer cela ? N’importe quel juge administratif peut considérer que cette décision de justice n’a même pas connu un début d’existence ; et, là, on revient à la case de départ. Moi, je suis opposé à tout arrangement en dehors des institutions et de la loi de la République. Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir la solution à tous nos problèmes dans le cadre de la loi. Malheureusement, on nous taxe d’aimer aller au dialogue à la place de loi. Mais, si on fait des analyses, nous allons au dialogue lorsque ces lois n’ont pas été respectées. Nous allons au dialogue, c’est pour faire respecter la loi. Par exemple, pour qu’il y ait la tenue des élections locales, nous avons manifesté et nous sommes partis au dialogue ; alors que la fréquence des élections est fixée par la loi. Les élections locales, c’est 5 ans. Ces élections devaient être tenues depuis 2010. Nous sommes en 2018, soit plus de 7 ans. Si vous allez au dialogue pour que ces élections se tiennent et qu’on vous dise que vous voulez privilégier le dialogue à la place de la loi, est-ce qu’on vous a bien compris ? Donc, moi je pense qu’aujourd’hui, surtout vous de la presse, vous avez un rôle éminemment important à jouer parce que vous savez, malheureusement, j’ai constaté cela, même dans notre camp, quand vous énoncez une notion, si certaines personnes n’ont jamais entendu cela, elles ne l’accepteront jamais, alors qu’au fond, le monde est un petit village. Vous pouvez consulter n’importe quel scientifique, il suffit de connaître son adresse, n’importe quel livre, n’importe quelle notion, il suffit de vous connecter sur internet et avoir l’idée de ce que vous recherchez, vous allez retrouver.

Lorsque je parle de la notion de l’inexistence, celui qui n’est pas d’accord, avec un ou deux clics, il fait ses recherches et il vérifie. Ce que je reproche aussi à l’opposition, c’est le fait de vouloir demander au Président de la République où à l’administration de trouver la solution à nos problèmes, surtout qu’ils ne sont pas de bonne foi. Quand on a des griefs, on a des problèmes et que nous voulons que ces problèmes soient résolus par l’administration, en allant, nous devons non seulement préparer ce que nous revendiquons ; mais, aussi faire une proposition de solution et discuter de cette proposition de solution.

Guineematin.com : Vous ne faites pas de proposition en allant aux différents dialogues ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : Je crois que nous n’avons pas fait de proposition cette fois-ci.

Guineematin.com : Et pourquoi ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : Si nous avons l’habitude de le faire, cette fois-ci, je n’ai pas vu une proposition de solution parce que quand vous prenez par exemple les dossiers de l’UFDG, c’est bien argumenté. La preuve est là, irréfutable parce que vous savez, après le vote, il y a plusieurs copies des PV. Donc, ils ont les copies par bureau de vote. Maintenant, qu’est-ce qu’il faut pour sortir de cette crise, je n’ai pas vu ce dossier monté.

Guinematin.com : l’UFDG n’a donc pas fait des propositions de sortie de crise ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : Je n’ai pas vu.

Guineematin.com : Qu’est-ce que Cellou est allé dire au Président Alpha Condé ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : Vous savez que les deux présidents ne vont pas dans les détails. Le principe qui a été admis de revoir les bureaux de vote là où il y a eu des problèmes. Mais, savoir maintenant quelle est la piste de solution de sortie de crise, là c’est les techniciens qui peuvent le faire.

Guineemain.com : Ça n’avait pas été fait avant la rencontre des deux ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : Vous savez que lors de cette rencontre, on ne savait pas quel est le principe qui devait être accepté parce que vous ne pouvez pas mettre la charrue avant les bœufs. Il fallait partir discuter avec le Président de la République pour comprendre jusqu’où il est prêt à aller. Est-ce qu’il veut discuter, il veut le dialogue, etc. Mais, il s’est montré très ouvert.

Guineematin.com : Mais, vous avez fait une réunion avant d’aller ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : Oui !

Guineematin.com : Pourquoi ça n’avait pas été discuté avant de dire à Cellou Dalein d’aller à la rencontre ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : Vous savez, en réalité, vous ne pouvez pas proposer quelque chose qui n’existe pas. Quand on a fait la réunion, c’était la question fondamentale : est-ce que les résultats sont définitifs ou pas ? Peuvent-ils être sujets à discussion ? Si oui, nous commençons à partir de là un autre travail. Donc, le jour où le président Cellou est allé à la rencontre, c’était d’abord le respect de l’application de l’accord du 12 octobre 2016. Si le Président est d’accord de son application intégrale et dans les meilleurs délais. Le second point qui est venu se greffer à ça, c’est le contentieux électoral. Est-ce que ces résultats peuvent être l’objet d’une révision ? Le Président de la République s’est engagé dans ça. Ce qui nous revenait maintenant, c’était de préparer les griefs pour déposer ; mais, préparer aussi une sortie de crise parce qu’il faudrait que cette solution de sortie de crise se fasse dans le cadre des institutions de la République.

Guineematin.com : Maintenant, à quoi peut-on s’attendre ? Qu’est-ce qui se prépare ? Qu’est-ce qui se discute parce qu’il devait y avoir une réunion  du comité de suivi ce lundi ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : Effectivement, il y a eu une rencontre. Je n’ai pas toutes les informations puisque je n’étais pas là-bas aujourd’hui. Mais, vu l’allure, je commence à avoir des soucis pour la simple raison qu’il est très facile de résoudre ce problème. A partir du moment où on a dit que c’est les preuves irréfutables qu’il fallait prendre en compte et à partir du moment où tous les acteurs ont dit qu’il y a des problèmes, c’est qu’effectivement il y a des problèmes. Et, puisque tout le monde est d’accord qu’il y a problème, il faut absolument trouver des solutions. Pour trouver la solution, il faut revoir les résultats parce qu’il n’y a aucune autre solution sinon que celle-là. Le problème, c’est au niveau des résultats qui ont été annoncés. Ça me fait rire lorsque tout le débat est concentré sur l’article 314 du Code électoral qui dit que le tribunal est saisi en premier et dernier ressort, alors que la loi électoral comporte 205 articles. Vous ne pouvez pas dire que vous avez respecté un seul article et que vous avez respecté la loi. D’ailleurs, la question que je me pose, au nom de quelle légalité pour maintenir ces résultats le RPG revendique alors que le même RPG dit qu’il a 26 communes où il revendique qu’il y a eu des fraudes massives. Au nom de quelle légalité ? Il parle de quelle loi ? Parce que s’il y a eu fraude, c’est cette loi qu’il veut respecter qui a été violée. Donc, aujourd’hui, nous avons un devoir de faire en sorte que les élections soient sécurisées, transparentes parce que dans la sous régions, tous les problèmes, toutes les violences sont quasiment nées suite à des élections mal gérées et des résultats trichés. Je pense que le débat que nous devons mener, c’est de voir comment faire en sorte que si nous allions à des élections que le résultat soit la volonté des électeurs et non pas la volonté de certains cadres. Malheureusement, ce qui se passe aujourd’hui, c’est le cas et c’est grave. Hier, on utilisait beaucoup de moyens pour frauder, voler pendant le processus électoral, surtout pendant le vote. Aujourd’hui, la nouvelle méthode qu’ils sont en train d’expérimenter, c’est de rester tranquille, attendre que les procès-verbaux soient régulièrement remplis et signés et de voir là où ils n’ont pas gagné, considérer ça comme si ça n’existe pas ou modifier en leur faveur. Mais, si nous acceptons cela, nous assistons à la mort de la démocratie dans notre pays parce qu’ils ne vont plus se fatiguer, ils vont attendre que les gens finissent de voter. Puisque vous savez que Dieu nous a créé et il a mis la justice en nous. Quand l’injustice est telle, on est obligé de réagir même s’il faut braver la mort, l’homme est obligé de le faire. Quelque chose devrait attirer l’attention des gens ; vous allez voir des braqueurs qui vont prendre des armes pour aller attaquer quelqu’un à son domicile ou bien dans la rue, le tuer et prendre son argent ; mais, quand ils vont pour la répartition, ces brigands vont exiger l’égalité dans le partage. Vous pensez que là où l’obsession de l’individu à l’égalité jusqu’à ce niveau, ça peut lui permettre d’accepter l’injustice comme ce qu’ils sont en train d’expérimenter aujourd’hui ? Ceux qui veulent la paix et l’unité nationale doivent conjuguer les efforts pour créer une synergie pour faire en sorte que, maintenant que plus tard, qu’aucun guinéen ne puisse attendre après le vote d’autres guinéens pour annuler leur vote.

Guineematin.com : Monsieur le ministre, vous disiez que vous êtes un peu inquiet. Qu’est-ce qui se passe ? Est-ce que vous pensez qu’on ne va pas vers un dénouement ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : Aujourd’hui, en toute objectivité, je commence à être inquiet ! Je pensais que dès la première session du comité de suivi, le principe devait être clair pour dire voici les griefs. Et, la mouvance, l’opposition et les listes indépendantes, puisque les élections sont organisées pour vous, nous fixions un principe pour dire de revoir les résultats. Donc, cherchons la piste de solution, dans le cadre de la légalité, on peut revoir les résultats. Ça, c’était facile ; mais, ce jour-là, on dit que toutes les questions sont sur la table. Donc, revoir ou ne pas revoir, c’est sur la table. Deuxième réunion, la même question. Où est l’avancée ? Ce n’est pas le fait de dire déposer. La CENI avait dit de déposer, on voit ce que cela a donné. Il faut énoncer le principe d’une manière claire et précise pour savoir aujourd’hui, puisque tout le monde a dit qu’il y a eu violation de loi, on ne peut plus parler du respect de la loi lorsque tout le monde dit qu’il y a eu fraude. Si nous acceptons les résultats tels qu’ils sont, ce qu’il y a eu fraude et qu’il y a eu violation de la loi. Donc, ce n’est sur le principe du respect de la loi qu’on va accepter les résultats. Comment faire pour que la loi soit respectée ? C’est ce qu’il faut chercher. C’est comme si nous sommes en train de tourner en rond. Toutes les possibilités sont sur la table alors qu’il ne devait pas y avoir toutes les possibilités sur la table. Une seule possibilité devait être sur la table : le respect de la volonté du peuple, le respect du suffrage exprimé par les citoyens. C’est seulement cette solution qui devait être sur la table. Comme ça, on aurait définit l’objectif de la rencontre et celles à atteindre.

Guineematin.com : A votre avis comment est-ce qu’on peut régler ce problème ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : Je vous dis que c’est très simple. A partir du moment où on nous a demandé des preuves irréfutables, heureusement que ces preuves existent parce qu’on a copie des procès verbaux. L’article 86 du Code électoral dit qu’en aucun cas les résultats sortis des bureaux de vote ne peuvent faire l’objet de modification. Donc, il faut mettre en valeur cet article. Maintenant, pour se mettre dans le cadre du droit, il faut saisir un juge administratif qui va faire intervenir la notion de l’inexistence en droit administratif, considérer que les décisions de justice par rapport à ce contentieux n’ont pas respecté la loi. La loi a été grossièrement violée. Pour cela, le juge administratif constate que cette décision de justice n’a pas connu un début d’existence. Donc, cette décision est écartée, on revient à la case départ, on prend en compte les PV qui ont été écartés et on proclame les résultats définitifs. C’est aussi simple que ça.

Guineematin.com : Vous pensez que le pouvoir est prêt à le faire ?

Alhousseiny Makanéra Kaké : Le pouvoir n’est prêt à rien quand il s’agit de respecter la loi. Nous sommes avec ce pouvoir depuis 7 ans ! Même pour organiser les élections, il faut des morts. Vous pensez que pour respecter les résultats, ils seront prêts à le faire ? Mais, ça dépendra de la détermination de tous les guinéens parce qu’aujourd’hui, ce qu’on est en train de faire, beaucoup pensent qu’on le fait pour Dalein ou pour l’opposition ; mais, la roue tourne. Hier, lorsqu’on se battait pour la liberté de la presse, beaucoup de ceux qui sont dans l’opposition aujourd’hui étaient de la mouvance ; mais, aujourd’hui, ça les sert. Alpha Condé qui était le plus dur pour qu’il y ait une libération intégrale des médias, on me fait croire même qu’il a une radio, il était dans l’opposition. Mais, c’est lui aujourd’hui qui est touché par cette liberté de presse.  C’est dire que quand on se bat pour des valeurs, on ne se bat pas pour une catégorie, ni pour un temps, ni pour une personne. On se bat pour tous ceux qui sont intéressés pour le respect de la loi et du droit des gens. C’est un boulevard qu’on est en train d’ouvrir pour la simple raison que si aujourd’hui on permet aux guinéens de pouvoir sanctionner positivement ou négativement les gouvernants, demain, cela va créer des conditions non seulement pour les populations de pouvoir changer les chefs ; mais, de pouvoir les obliger à prendre des choix politiques favorables à leur émancipation économique et sociale. Lorsque les élections sont truquées, le monsieur n’aura de compte à rendre à personne, peut-être qu’à certains cadres véreux qui ne se battent pour leurs intérêts. Souvent, en Guinée, on les connait, ils sont avec tous les régimes. Donc, l’acceptation qu’on revienne aux résultats est de nature à favoriser la consolidation de l’unité et de la paix.

Guineematin.com : Si au cours des rencontres, le pouvoir refuse, vous allez faire quoi ? 

Alhousseiny Makanéra Kaké : La dernière réunion, nous étions vraiment dans une dynamique de faire en sorte que les vrais résultats soient publiés ou on continuer à manifester jusqu’à ce que les vrais résultats soient publiés…

A suivre !

Interview réalisée par Nouhou Baldé et Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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