Kabassan Oulaba Kéita

L’étau se resserre autour du DG de la SOGEAC (Société de Gestion de l’Aéroport de Conakry), Kabassan Oulaba Kéita. Des soupçons de détournement de près de 4 milliards pèsent sur lui dans la gestion de cette société mixte. Un Conseil d’Administration, tenu le 29 mai 2018 à Conakry, a mis en lumière des comportements peu orthodoxes dans la gestion de la SOGEAC au point de fâcher les partenaires français, a appris un reporter de Guineematin.com qui suit ce dossier.

Initialement prévu le 20 avril dernier, le Conseil d’Administration (CA) de la SOGEAC avait été avorté avec à la clé le limogeage « pour faute lourde » du président dudit conseil. Finalement, le CA s’est tenu le 29 mai 2018 dans un réceptif hôtelier de Conakry.

Selon nos informations, les partenaires français n’ont pas aimé la gestion antérieure de la SOGEAC, dont 49% des parts se trouvent être détenus par l’Agence Française de Développement, l’Aéroport de Paris et la Chambre de Commerce de Bordeaux. Notre source précise que les nombreuses questions posées par les partenaires ont fait l’objet de véritables manœuvres dilatoires.

« À chaque question posée par les partenaires français, la partie guinéenne demandait une pause pour se référer, au point de tirer jusqu’à 21 heures. Des mesures sévères ont été prises à l’encontre du Directeur Général, Oulaba Kabassan Kéita. Ces mesures sont :

Interdiction d’engager la SOGEAC pour toute somme dépassant 50.000.000 Fg ;

Restriction des décaissements des dons et libéralités ;

Suspension de la fameuse Carte Visa de l’entreprise qu’il utilisait à volonté sans justificatifs;

Convocation d’un Conseil d’Administration exceptionnel le 22/06/18 à Paris.

Ainsi, après la prise de ces mesures qui restreignent la marge de manœuvre de Kabassan Oulaba Kéita, le Conseil d’Administration extraordinaire se tiendra effectivement à Paris le 22 juin. Toutes les mesures conservatoires prises à Conakry, le 29 mai 2018 contre le DG de la SOGEAC sont confirmées. « Les partenaires français lui ont retiré leur confiance. Ils ont non seulement demandé son départ, mais aussi le remboursement des montants détournés qui s’élèveraient à 4 milliards de francs guinéens. Il semble aussi que ses amis de la Présidence l’auraient aidé à rembourser la somme de 1,5 milliard de nos francs au titre de billets d’avion, dit-on », a expliqué notre informateur.

Le maintien de Kabassan à la tête de la SOGEAC, malgré tout ce qui lui est reproché, ne risque-t-il pas de créer un bras de fer entre les parties guinéennes et françaises ? Le PM Kassory Fofana n’a-t-il pas promis de s’attaquer aux fossoyeurs de l’économie nationale lors de la présentation de la politique générale du gouvernement devant les honorables députés ? Autant de questions qui valent leur pesant d’or.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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