Comme annoncé précédemment, le secrétaire général chargé des collectivités de la préfecture de Labé a interdit la marche pacifique que les représentants des forces sociales de Guinée comptaient organiser le lundi 23 avril prochain dans la ville, pour protester contre la hausse du prix du carburant. Au lendemain de l’annonce de cette décision non comprise par les activistes de la société civile, le secrétaire général de la commune est sorti pour donner les raisons de cette interdiction. Mais sa version ne passe pas au sein des forces sociales de Labé, rapporte un correspondant de Guineematin.com sur place.

Depuis la réception du courrier du secrétaire général chargé des collectivités de la préfecture interdisant leur marche pacifique prévue pour le lundi 23 juillet 2018, les représentants des forces sociales à Labé qui protestent contre la hausse du prix du carburant sont dans une totale confusion. Ils se demandent quelle la raison qui a motivé l’administrateur à prendre cette décision, alors que le préfet de Labé était en déplacement, et alors que leur lettre d’information a été adressée à la mairie et non à la préfecture.

Face à ces interrogations, le secrétaire général de la commune urbaine de Labé, bien qu’il ne soit pas le signataire de la décision d’interdiction, a tenté d’apporter une réponse ce samedi 21 juillet 2018. Selon Abdoul Ghadiry Barry, son homologue de la préfecture, Lancinet Sangaré, a interdit la manifestation parce que les organisateurs n’ont pas respecté la loi en la matière.

« Moi j’ai reçu une correspondance qui m’est adressée. J’ai estimé donc que ce n’est pas à moi qu’on doit l’adresser. C’est pourquoi, moi je ne me suis pas mêlé dans cette question de marche. Moi, je suis un secrétaire général, un administrateur simple », a-t-il dit, ajoutant que c’est le fait que la lettre d’information n’ait pas été adressée au maire qui a emmené le secrétaire général de la préfecture à interdire la manifestation.

Idrissa Sampiring Diallo

Un argument qui ne passe pas au sein des forces sociales. Car, selon Idrissa Sampiring Diallo, ce n’est pas la raison donnée par Lancinet Sangaré pour justifier sa décision : « Aucun passage n’est mentionné dans le courrier qui nous a été adressée, que le motif est le fait que nous ayons adressé la lettre d’information au secrétaire général de la commune urbaine. Dans le courrier du secrétaire général des collectivités de la préfecture, il est dit que c’est suite à des instructions qu’il aurait reçues qu’il a pris la décision. Nous, nous demandons tout simplement la provenance de ces instructions », a dit le porte-parole de la PCUD à Labé.

A la préfecture, aucun responsable ne veut expliquer les motifs réels de cette décision qui suscite du bruit à Labé. Le préfet de Labé, Elhadj Safioulaye Bah, qui était en déplacement lors de la prise de la décision, renvoie la presse auprès du secrétaire général chargé des collectivités qui a signé la décision. Quant à ce dernier, il se limite à dire qu’il a reçu des instructions qu’il a exécutées.

Il faut dire que toute cette cacophonie est due à l’absence d’élus locaux dans le pays. Car, aux termes de la loi, c’est à la mairie que doit être adressée toute lettre d’information relative à l’organisation d’une manifestation de rue. Mais l’absence de conseils communaux dans les communes du pays, emmène les administrateurs territoriaux à jouer le rôle des élus locaux.

De Labé, Saifoulaye Diallo pour guineematin.com

Tél. : 623 67 65 50

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