La Coalition Guinéenne pour la Cour Pénale Internationale (CGCPI) réclame une indemnisation provisoire des victimes des massacres du 28 septembre 2009 à Conakry. La CGCPI montre des signes d’impatience et souhaite cette indemnisation avant la tenue du procès, dont on ignore encore la date.

C’est à travers une déclaration rendue publique ce lundi, 24 septembre 2018, que la CGCPI a exprimé ce souhait, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Neuf ans après les massacres du 28 septembre 2009, les associations de victimes et les défenseurs des Droits humains montrent des signes d’impatience et se disent perplexes quant à la tenue d’un procès. La Coalition Guinéenne pour la Cour Pénale Internationale a fait savoir que « depuis l’ouverture des enquêtes en février 2010 devant les juridictions guinéennes, beaucoup de victimes sont décédées, certaines sont malades et vivent dans la précarité absolue. A ce triste constat, il faut ajouter la situation des femmes répudiées par leurs et celles atteintes du VIH/SIDA suite aux viols dont elles ont été victimes, sans oublier les enfants orphelins déscolarisés, qui doivent être normalement assistés ».

Par ailleurs, la Coalition Guinéenne pour la Cour Pénale Internationale dénonce la politique de deux poids-deux mesures entourant ladite indemnisation. « Il convient de rappeler que certaines victimes, précisément les 3 anciens Premiers ministres (feu Jean Marie Doré, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, ndlr), ont reçu chacun deux milliards de francs guinéens, soit au total 6 milliards de FG à titre d’indemnité provisoire pour les préjudices qu’ils ont subis lors des massacres du 28 septembre 2009 », s’indigne la CGCPI.

Ainsi, « la Coalition Guinéenne pour la Cour Pénale Internationale lance un appel au gouvernement guinéen, au comité de pilotage, aux partenaires bi et multilatéraux pour l’indemnisation pour l’indemnisation provisoire des victimes des massacres du 28 septembre, ce, avant le procès ».

Pour rappel, suite à une manifestation des Forces Vives contre une candidature de Moussa Dadis Camara à l’élection présidentielle, les forces de défense et de sécurité ont massacré plus de 150 personnes le 28 septembre 2009 et les jours qui ont suivi. Des dizaines de femmes furent violées, des centaines de blessés, des séquestrations, des arrestations illégales et des dégâts matériels importants.

Pour l’heure, certaines avancées ont été enregistrées dans ce dossier, avec 14 inculpations, environ quatre cent trente entendus, quinze témoins auditionnés et la mise en place du comité de pilotage pour la tenue du procès. De nos jours, « les victimes sont impatientes voire inquiètes quant à l’ouverture d’un procès juste, équitable et inclusif ».

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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