Marche des opposants empêchée à Conakry : Cellou déplore au moins 3 blessés par balles

Comme celles qui l’ont précédé depuis plusieurs semaines, la manifestation de l’opposition républicaine prévue ce jeudi, 22 novembre 2018 n’a pas pu avoir lieu. Elle a été empêchée par les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au niveau de Hamdallaye Pharmacie, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était dans le cortège des leaders.

De Dixinn à Hamdallaye Pharmacie, c’est la distance parcourue par les opposants au régime d’Alpha Condé qui voulaient manifester ce jeudi à Conakry pour exiger le respect des accords politiques et la justice pour les partisans de l’opposition tués par balles à l’occasion des manifestations politiques.

Le cortège conduit par Cellou Dalein Diallo et composé des leaders de l’opposition républicaine et de plusieurs de leurs militants, a quitté le domicile du chef de file de l’opposition dans le quartier Dixinn pour tenter de se rendre à Bambéto où devait démarrer la manifestation proprement dite.

Mais, comme c’est le cas depuis plusieurs mois, les opposants n’ont pas réussi à arriver à leur point de ralliement. Ils ont été bloqués au niveau de Hamdallaye Pharmacie par les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes pour les disperser. Les adversaires du pouvoir ont rebroussé chemin pour rentrer au domicile de Cellou Dalein Diallo à Dixinn.

Le chef de file de l’opposition de cette manifestation, déplorant au moins trois blessés par balles et plusieurs arrestations dans les rangs des opposants. « Aujourd’hui, Alpha Condé a fait le choix d’aller vers le 3ème mandat en utilisant la violence, en violant de manière flagrante les dispositions de notre constitution et des lois de la République. A l’heure qu’il fait, ils ont procédé à plusieurs arrestations.

On a fait usage des armes à feu. Beaucoup de jeunes sont blessés par balles. Certains ont été évacués à l’hôpital Sino-guinéen et d’autres dans des cliniques privées, dans la commune de Ratoma », a annoncé le président de l’UFDG qui exprime sa solidarité et celle de ses pairs à l’endroit tous ceux qui ont été arrêtés et ou blessés.

Cellou Dalein Diallo a condamné la militarisation de la commune de Ratoma où, selon lui, le seul crime que les citoyens ont commis, est d’avoir voulu exercer un droit constitutionnel, celui de la manifester et de réclamer la restitution de leurs suffrages volés lors des élections locales du 04 février dernier. L’opposant rappelle que partout dans le monde, c’est à titre exceptionnel que le président de la République peut pendre un décret pour instaurer l’état d’urgence et faire intervenir l’armée pour rétablir l’ordre public.

Mais, cela ne va nullement dissuader l’opposition à continuer son combat jusqu’à l’instauration d’une véritable démocratie dans notre pays, indique le président de l’UFDG : « Nous voulons que notre pays vive dans la paix, dans la justice, dans la solidarité et dans la fraternité ; malheureusement telle n’est pas la volonté d’Alpha Condé. C’est pourquoi, nous le combattrons et nous combattrons ses pratiques illégales ».

Enfin, le leader de l’opposition, insiste sur le fait que toutes les revendications des opposants tournent autour de la violation répétée des lois de la République par nos gouvernants. « Dans un pays normal où l’Etat respecte et fait respecter la loi, où on organise les élections à bonne date, on fait tout ce que la loi demande, on n’a pas besoin d’aller autour d’une table pour négocier. Nous revendiquons parce que l’Etat viole nos lois », a-t-il dit.

Il faut noter qu’un des agents de sécurité de Cellou Dalein Diallo, un certain Mamadou Lamarana Diallo, a été également blessé par un projectile que nous n’avons pas pu identifier.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
Tél : 622 68 00 41

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