Des africains sont victimes de mauvais traitements en Chine, accusés à tort de propager le Coronavirus dont le pays reste pourtant le géniteur. Ces exactions à caractère raciste et xénophobe ont choqué plus d’un, suscitant une vague d’indignation. Face aux violences faites à ces Noirs dans la ville de Guangzhou, des étudiants guinéens poursuivant des études en Chine, en séjour à Conakry, ont exprimé leur colère ce lundi, 20 avril 2020. Ils ont exhibé des banderoles et des autocollants devant l’ambassade de Chine au quartier Donka, à Conakry, pour dénoncer le mauvais sort réservé à leurs frères, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les étudiants africains en Chine sont victimes d’expulsion de certains hôtels et d’autres mauvais traitements à cette période de crise sanitaire. Dans la région de Guangzhou où se font ces exactions, les étudiants Guinéens sont très touchés à cause de l’absence d’un consulat ou d’une représentation diplomatique.

Amadou Barry, étudiant en Master en Chine

Rentré au pays pour passer les vacances avant l’apparition du Covid-19 qui l’a finalement bloqué ici, Amadou Barry, étudiant en Master en Chine, a dénoncé le silence coupable des autorités chinoises face aux agissements qui visent les Noirs. « Nous faisons cette manifestation de protestation parce qu’actuellement, nos amis, nos frères et nos sœurs sont maltraités et discriminés en Chine. Ce n’est donc pas une manifestation violente, nous avons juste fait des banderoles et des autocollants qui sont affichés au niveau de l’ambassade de Chine en Guinée. Les autorités chinoises sont en complicité avec la population locale chinoise pour discriminer nos frères africains. Les Guinéens souffrent plus que tout le monde parce qu’on n’a pas de consul ou de représentant diplomatique dans la ville où se font les exactions sur les Noirs. Nous avons donc jugé nécessaire de nous faire entendre. »

Pour Amadou Barry, cette manifestation est un rappel à l’ordre, destiné à rappeler aux autorités chinoises, que les africains n’en peuvent plus. « Au moment où je vous parle, les africains sont confinés et n’arrivent pas à manger. Pour nous, cette discrimination est plus que le Coronavirus parce que les noirs sont touchés dans leur dignité en Chine. Nous estimons que c’est un manque de respect à l’égard des africains. C’est pourquoi, nous demandons aux autorités chinoises d’arrêter. Elles doivent comprendre que même si certains Noirs sont testés positifs au Covid-19, cela ne vaut pas le coût de les discriminer en les traitant de la sorte ».

Lamine Baldé, étudiant Guinéen en Chine dans la ville de Guangzhou

Pour sa part, Lamine Baldé, étudiant Guinéen en Chine dans la ville de Guangzhou, l’épicentre des violences faites aux Noirs, a dénoncé l’inaction des autorités guinéennes. « Jusqu’à présent, ils n’ont posé aucun acte concret si ce n’est pas des interviews pour dire qu’ils sont en train de travailler. Nous sommes là aujourd’hui pour dénoncer cela et exprimer notre cri de cœur. Mais aussi, c’est pour montrer au monde entier et à la communauté guinéenne ce dont nos compatriotes sont en train de souffrir en Chine. On n’a plus besoin de discours, il faut qu’on passe à l’action. On sait que le ministre des affaires étrangères avait convoqué l’ambassadeur de Chine, mais c’est insuffisant », a-t-il laissé entendre.

Il faut noter que certains manifestants ont été brièvement arrêtés puis libérés par les agents de la police déployés devant l’ambassade de Chine à Conakry.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel: 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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