Mamadou Madjou Diallo, secrétaire fédéral de l’UFDG et premier secrétaire administratif du FNDC Mamou

Depuis quelques jours, le secrétaire fédéral de l’UFDG (également secrétaire administratif du Front national pour la défense de la constitution à Mamou) et le président de la section motard locale de l’UFDG sont introuvables. Mamadou Madjou Diallo et Abdoulaye Djibril Barry sont portés disparus depuis au moins trois jours. Ils n’ont encore donné aucun signe de vie et leurs téléphones sont injoignables. Et, dans la ville carrefour, ce « silence inquiétant » donne lieu à des avis partagés entre kidnapping et besoin de se mettre dans l’ombre pour éviter l’ouragan de répression déchainé par les autorités administratives locales.

Depuis le fameux double scrutin du 22 mars dernier en Guinée, une « chasse aux opposants » est ouverte à Mamou. A l’image des persécutions des adversaires d’un 3ème mandat du président Alpha Condé, enregistrées à N’zérékoré, plusieurs responsables de l’UFDG et du FNDC sont harcelés pour leur « participation présumée » aux différentes opérations de destruction de matériel électoral enregistrées dans certains bureaux de vote à Mamou. Même des auditeurs de radio très critiques à l’égard de la gouvernance actuelle sont persécutés. Certains (dont des mères de familles) ont dû quitter leur domicile des jours durant pour échapper aux arrestations ciblées, a appris Guineematin.com de sources locales.

« Le jour de l’élection, des bureaux de vote ont été saccagés tout près de chez nous. Depuis, on n’est pas tranquille. Avec les intimidations et les menaces, j’ai préféré fuir mon domicile pour quelques temps. Mais, à chaque fois que j’appelle là-bas, les gens me disent que les agents de sécurité y passent souvent pour voir si je suis revenue. Ils veulent m’arrêter parce qu’ils estiment que c’est nous qui sommes en train d’appeler dans les radios pour inciter les gens à saccager les bureaux de vote », a récemment expliqué une mère de famille qui était encore en « exil ».

Malgré les dénonciations et les médiations, la chasse à l’homme est visiblement loin de s’estomper. Les autorités administratives de la ville carrefour tiendraient coûte que coûte à mettre la main sur certains responsables locaux du FNDC. Et, depuis au moins trois jours maintenant, Mamadou Madjou Diallo (le secrétaire fédéral de l’UFDG et secrétaire administratif du FNDC) et Abdoulaye Djibril Barry (président de la section motard locale de l’UFDG) sont introuvables. Difficile pour l’instant de dire s’ils ont été arrêtés ou non, d’autant plus que dans leur famille politique (l’UFDG) et chez leurs proches c’est la grande inconnue.

Joint au téléphone hier, mercredi 06 mai 2020, Boubacar Diallo, le 4ème vice maire de la commune urbaine de Mamou et grand frère de Madjou Diallo, a exprimé son inquiétude avec une dose de prudence.

« On n’a aucune information concernant Madjou et Djibril. Mais, pour l’instant, je ne peux pas confirmer ou infirmer une arrestation les concernant. Personne ne m’a dit encore qu’ils ont été arrêtés. Mais, moi, je n’ai pas de nouvelle les concernant. Leurs téléphones ne passent pas. Depuis avant-hier, nous sommes sans nouvelle d’eux », a confié Boubacar Diallo.

Egalement joint au téléphone par Guineematin.com, Thierno Madiou Diallo (Siminko), le responsable de la commission mobilisation au sein de l’antenne régionale du FNDC à Mamou, dit n’avoir pas eu de nouvelle de ses deux collaborateurs depuis lundi dernier.

« Nous n’avons toujours pas de nouvelle les concernant. Et, je ne pense pas qu’ils (Madjou et Djibril) se soient cachés. S’ils s’étaient cachés, ils auraient pu nous informer ; parce que ce sont des gens avec lesquels nous travaillons en longueur de journée. Depuis le lundi, nous avons tenté leurs numéros de téléphone, on a été en famille ; mais, jusqu’à présent, nous n’avons obtenu aucune information les concernant. On a aussi envoyé quelqu’un à la maison centrale pour voir s’ils y sont ; mais, ils ne se trouvent pas là-bas », a confié Thierno Madiou Diallo.

Pour l’ancienne députée uninominale de Mamou, aucune charge ne pèse encore contre ces jeunes opposants. Et, le harcèlement dont ils sont victimes ces derniers temps n’est autre que l’œuvre désespérée des autorités administratives de Mamou qui ont encore en travers de la gorge les ratés du scrutin du 22 mars dernier dans cette ville cosmopolite.

« Ils ont échoué lamentable, c’est pourquoi ils poursuivent les enfants-là. Toute la Guinée a refusé ce scrutin maquillé. Mamou n’a pas voté ; et, c’est ce qui travaille les autorités, parce qu’ils ont menti au professeur Alpha Condé. C’est ça la réalité ! Ils veulent détruire, égorger la démocratie. Des patriotes se sont levés pour dire non. Et, en retour, ce sont des intimidations, des harcèlements qu’ils (les opposants) obtiennent. Vraiment ce pays-là est malade », a indiqué honorable Djéssira Traoré, tout en exprimant son inquiétude sur la situation actuelle de ces deux « jeunes dynamique » de la fédération UFDG de Mamou.

A suivre !

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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