Ibrahima Kaba Bah, maire de la commune rurale de Kollet

Ibrahima Kaba Bah, maire de la commune rurale de Kollet, dans la préfecture de Tougué, relevant de la Région Administrative (RA) de Labé, rejette toutes les accusations faisant état de sa volonté d’étouffer une affaire de vol de bétail dont le réseau a été démantelé il y a quelques semaines à partir d’un district relevant de sa collectivité décentralisée, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

 

Dans l’une de nos précédentes éditions, on vous annonçait une affaire de vol de bétail éclaboussant les maires des communes rurales de Kouratongo et Kollet, relevant toutes de la préfecture de Tougué, dans la Région Administrative (RA) de Labé. Le chef de l’exécutif communal de Kollet, Ibrahima Kaba Bah, qui avait disparu de nos radars malgré un rendez-vous préalablement fixé entre nous vient de se faire l’écho de cette dépêche.

Au cours de notre entretien téléphonique réalisé dans la soirée de ce mercredi, 27 mai 2020, aux environs de 19 heures, le maire de la commune rurale de Kollet, Ibrahima Kaba Bah a commencé par relevé une incohérence des éleveurs qui mettent en cause sa moralité dans cette affaire de vol de bétail.

« Dans la plainte qu’ils ont déposé au Juge de Paix, ils ont consacré un paragraphe entier à remercier et féliciter le maire de la commune rurale de Kollet que je suis pour les efforts déployés en vue de ramener les animaux au chef-lieu de la commune rurale » relève-t-il.

Parlant des accusations portées contre sa personne faisant état de son intention d’étouffer l’affaire, le maire de Kollet tire à boulet rouge sur son préfet Elhadj Abdourahmane Baldé.

« Là où le préfet était mal à l’aise, il parait que ce réseau a l’habitude de traiter avec lui. Le préfet a trouvé comme alibi celui de dire que j’ai rencontré le juge sans passer par lui. J’ai répondu au préfet qu’il ne sert pas de pont entre le juge et moi. Aussitôt, il s’est permis de dire à la radio que j’ai comploté en prenant les voleurs qui ont fini par me donner 100 millions de francs guinéens. Le mensonge est tellement gros que personne ne va donner 100 millions pour récupérer 8 têtes de bœufs. Et moi, les gens qui ont convoyé les animaux m’ont demandé 2 millions de francs pour les 8 têtes. Ils sont arrivés vers 2 heures du matin. Ces 2 millions là, plus l’alimentation des animaux, j’ai pris attache avec le vétérinaire et lui-même préfet. On s’est dit qu’avec les 8 têtes, si c’est 500 mille ça nous fait 4 millions. Avec ce montant, on aura les frais d’alimentation et payer les gens qui ont convoyé. Le vétérinaire aussi était en train de faire des décharges pour les gens. Si fait que 7 propriétaires se sont présentés. Parmi les 7, il y avait un vétérinaire. Avec l’esprit de la solidarité administrative, mon vétérinaire a diminué pour son homologue de Kouratongo.  Au-lieu de 500 mille, il n’a payé que 300 mille francs guinéens. Ce qui fait qu’on n’a eu que 3 millions 300 mille francs payés pour ses animaux-là. J’ai fait le compte rendu au préfet : 2 millions pour les convoyeurs, moi-même j’ai envoyé mon véhicule jusqu’à Douroun, 27 km, il fallait le carburer forcément. J’ai utilisé 600 mille francs guinéens. Nous avons effectivement donné 400 mille francs pour l’alimentation du bétail. Après toutes les dépenses effectuées, il est resté 200 mille francs guinéens que j’ai donnés au vétérinaire qui s’est beaucoup investi dans cette affaire. J’ai fait l’opération comme ça, le préfet s’est désolidarisé. Il a dit qu’il n’est pas au courant, j’ai fait payer les gens. J’ai dit écoutez ! Si c’est ça le problème, dans tous les cas, moi, je n’ai pas vu de voleurs. On ne m’a pas donné 100 mille. S’il se trouve que la gendarmerie a libéré des voleurs, sous peut-être les ordres du maire, ce n’est pas normal. J’ai dit qu’un maire ne peut pas demander à un gendarme de libérer un voleur. Le gendarme n’est pas sous ma coupe. Moi, je ne commande que la brigade communale. Deux jours après, ils ont pu mettre mains sur les voleurs. Le premier voleur qui a été pris a dit qu’une fois au pont, ils ont entendu le bruit des gens ils ont fui. Le préfet a dit non que c’est le maire, le petit a dit ce n’est pas le maire. C’est donc en quelque sorte un lobby qui a voulu profiter de la situation pour m’atteindre. Je ne suis pas de mèche avec le directeur préfectoral de l’environnement. Ça ne va pas du tout entre celui de l’élevage et moi. C’était une façon de m’abattre » a-t-il appuyé sur la gâchette.

Contrairement à ce qui se raconte actuellement à Tougué, aucun présumé voleur n’a été arrêté et conduit au poste de gendarmerie de Kollet, insiste notre interlocuteur.

« Je suis le maire d’ici. A ce que je sache, aucun présumé voleur n’a été enfermé à la gendarmerie de Kollet, parce que j’ai effectué le déplacement avec le commandant de la gendarmerie, le chef du poste vétérinaire et le chef cantonnement forestier. De Douroun, on est revenu ensemble à bord de mon véhicule. On n’a envoyé aucun voleur. J’ai demandé aux gens de me convoyer les animaux, ils sont arrivés à 2 heures du matin. Ils ont récupéré leur argent, ils se sont retournés. C’est 3 jours après qu’ils ont pris Ibrahima Baldé dans une autre affaire à Hooré Kollet, un district relevant de Kouratongo. Ce monsieur a déclaré publiquement que c’est un certain Alhassane qui les a envoyés. C’est-à-dire, lui et Oumar Diallo. C’est ce bonhomme qu’ils ont arrêté dans une nouvelle affaire qu’ils ont caché. Il a été arrêté à l’aube alors qu’il était en train de voler. Lorsqu’il a été arrêté, il a avoué qui c’est lui qui avait été dépêché avec Oumar par Alhassane pour envoyer les animaux à Kalinko, dans la préfecture de Dinguiraye. Ils ont voulu couvrir cette affaire parce qu’ils ont récupéré ce qu’il avait dérobé. Moi, j’étais à Tougué où j’étais convoqué par le juge pour donner des éclaircissements sur ce qui s’est passé à Douroun. Entretemps, ils ont appelé le Juge pour lui dire qu’ils ont pris un voleur. Le juge a demandé aux gens de remettre le voleur à la gendarmerie. Les intéressés ont dit qu’ils ne vont pas remettre le bonhomme à la gendarmerie d’autant plus que la gendarmerie l’avait arrêté et l’a libéré après. Le juge m’a demandé alors de prendre mon véhicule pour l’accompagner. Lorsque nous sommes arrivés, ils ont refusé de remettre le voleur au juge. Deux jours après, le préfet leur a demandé de déposer le voleur chez le Juge. Quand il a été déposé à la justice de paix, Ibrahima Baldé a dénoncé Alhassane devant le juge. Alhassane a été immédiatement convoqué. Il est venu taper à la porte du juge vers 4 heures du matin. Tous sont actuellement à Labé. Et moi, je ne suis ni de près, ni de loin impliqué dans cette affaire. Sinon que j’ai envoyé les animaux jusqu’à Kollet. Par rapport aux frais de gardiennage et de tout ce qui s’en suit, c’est une vérité. Et c’est en lien avec le préfet. Ce n’est pas caché. Je ne suis pas en train d’étouffer l’affaire et ce sont des citoyens qui ne relèvent pas de ma juridiction » a-t-il déclaré.

Un citoyen de Sandaké s’est présenté au juge pour lui dire qu’il a donné 500 mille francs guinéens qu’il n’est pas à l’aise.

« Le juge m’a conseillé de rendre l’argent et que puisque les voleurs ont été pris, ils vont rembourser ces frais. Monsieur Gadiry, un fonctionnaire retraité habitant la commune urbaine qui avait payé à travers son opérateur de téléphonie mobile m’a appelé pour me demander de lui renvoyer son argent par le même canal. Je vais le faire dès ce jeudi, 28 mai 2020 pour tous les autres aussi. Le juge m’a rassuré qu’il en train d’instruire le dossier, les voleurs vont rembourser les frais.»

De Labé, Idrissa Sampiring Diallo pour Guineematin.com

Contacts : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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