Comme annoncé précédemment, des tirs d’armes automatiques ont rythmé l’ambiance dans la nuit d’hier à aujourd’hui, mardi 1er décembre 2020, à Wanindara. Ce quartier de la haute banlieue de Conakry a été assiégé par les forces de l’ordre, suite à l’attaque perpétrée en début de soirée (aux environs de 20 heures) par des « assaillants » armés contre un groupe de policiers. Cette attaque, qualifiée « d’acte terroriste » par le gouvernement de la République, a donné lieu à ce qui s’apparente à des représailles contre les habitants de ce quartier de la commune de Ratoma.

Plusieurs arrestations de citoyens et des actes de pillages y sont déjà signalées ; et, le président de la jeunesse de Wanindara3 exprime son inquiétude et tire la sonnette d’alarme sur le comportement des agents qui terrorisent actuellement les populations de cette zone.

Dans ce quartier, les forces de l’ordre procèdent depuis hier nuit à une véritable chasse à l’homme. Les interpellations de citoyens se font à tout bout de champ. Et, ce mardi, nombreux sont les citoyens (notamment les jeunes) qui ont choisi de rester terrés dans leurs maisons. Sortir dans le quartier est apparemment devenu un crime. Car, un pas dehors peut bien te coûter ta liberté. Les forces de l’ordre sillonnent le quartier, ils sont sur le qui vive et prêts interpeler quiconque croise leur chemin. Parfois, ces agents se livrent même à des actes de pillages. Abdoulaye Touré, le président de la jeunesse de Wanindara3 demande l’arrêt « des exactions ». Car, selon lui, ce n’est pas parce qu’un policier a perdu la vie dans ce quartier que les assaillants sont forcement issus de cette zone.

Abdoulaye Touré, président de la jeunesse de Wanindara 3

« On a appris comme vous qu’un policier a perdu la vie et des citoyens aussi deux ou trois sont blésés suite à une attaque perpétrée à Wanindara. Mais, comme les personnes mises en causes non pas été identifiées. Malheureusement, des représailles ont commencé depuis hier nuit dans le quartier. Des boutiques ont été transformées en dortoirs. Cette situation nous désole parce que du côté des femmes et des jeunes, on prônait la paix, des sensibilisations ont été menées et tout allait bien. Et, aujourd’hui, on prend des problèmes ailleurs pour les déportés à Wanindara. Des gens vont penser que c’est Wanindara qui est mauvais ou que ça soit les jeunes de Wanindara qui sont mauvais. Mais, il se peut que ça ne soit pas les jeunes de Wanindara qui sont à la base de cette attaque. L’acte s’est passé à Wanindara, mais si c’est vrai que c’est un motard ou que c’est quelqu’un qui était dans un taxi, est-ce que cela prouve forcement qu’il est de Wanindara ? Je dis non. Nous sollicitons qu’il y ait une cohérence d’idées afin de ne pas arrêter des paisibles citoyens de Wanindara, qui n’ont rien à voir dans cette attaque, à la place d’autres citoyens qui pourraient être les vrais auteurs de ces actes malheureux », a indiqué Abdoulaye Touré, visiblement très affligé par la brutalité dont les forces de l’ordre sont en train de faire preuve dans son quartier.

Déjà, plusieurs individus ont été arrêtés depuis le début de cette « opération chasse à l’homme ». Mais, apprend-on, certains ont très vite recouvré leur libéré. « Beaucoup de personnes ont été arrêtées depuis la nuit. Mais, certains d’entre eux ont été libérés après leur interrogatoire, puisque les agents se sont rendus comptes qu’ils étaient innocents », a confié Abdoulaye Touré.

A noter que contrairement aux rumeurs, la circulation n’est pas coupée sur l’axe Enco5-Wanindara. Mais, des pick-up de la police sont stationnés à chaque 50 mètres sur les deux voies de cette brettèle de « la route Le Prince ».

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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