Violation des droits de l’homme en Guinée : des victimes d’exaction à l’école du COJEDEV

Le consortium des associations de jeunesses pour la défense des victimes des violences en Guinée (COJEDEV-Guinée) a organisé ce vendredi, 29 janvier 2021, un atelier de renforcement des capacités des victimes de violations des droits de l’homme sur les notions de la « Justice Transitionnelle ». Cette activité vise à aider ces victimes de violences à sortir de leur peur et à réclamer leur droit citoyen. Elle s’est déroulée au siège de l’ONG FITIMA (sis au quartier Nongo), en présence d’une vingtaine de victimes venues de tous les coins de Conakry, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Financé par le Fonds Africain pour la Justice Transitionnelle et dénommé « plaidoyer pour une indemnisation provisoire des victimes de violation des droits de l’homme de la période 2010-2019 », ce projet concerne uniquement la région de N’zérékoré et la zone spéciale de Conakry. Il couvre une période de 10 ans et il devrait permettre à COGEDEV-Guinée de mettre en place un « programme formel de plaidoyer » pour amener l’Etat guinéen à mettre en place un fond de réparation en faveur des victimes, dans le cadre de la justice transitionnelle. Et, pour y arriver, COGEDEV-Guinée travailler avec les victimes de violences afin d’identifier leurs difficultés et leurs besoins.

Boussiriou Diallo, président de l’ONG COJEDEV GUINEE

« Nous avons débuté ce projet il y a près de sept (7) mois. Nous avons travaillé dans un contexte très difficile de la pandémie de COVID-19 et nous avons redémarré le projet après la période de résilience par l’identification des besoins des groupes de victimes à travers un formulaire ou un questionnaire. Ces besoins ont été compilés et nous avons mis en place une base de données pour conserver ces informations à l’effet de les utiliser dans le cadre d’un plaidoyer formel, le moment venu, à l’endroit du gouvernement guinéen. Nous comptons mettre en place un programme formel de plaidoyer pour amener l’État Guinée, conformément à la politique de justice transitionnelle de l’Union Africaine, à mettre en place un fond de réparation. Ça paraît un peu anodin, mais c’est quelque chose qui est prévu même dans le code de procédure pénale guinéen révisé de 2016 qui prévoit une possibilité pour un juge d’accorder une indemnisation provisoire à une victime avant même la fin du procès. Donc, au regard des lenteurs des procédures judiciaires et au regard des difficultés quotidiennes que traversent les victimes, nous avons initié ce projet tout en estimant que certaines victimes ne peuvent pas attendre la fin des jugements pour obtenir réparation. Donc, nous comptons mettre en place ce programme formel de plaidoyer pour qu’ensemble avec les victimes, les autres organisations de défense des droits de l’homme et les institutions internationales qui travaillent en Afrique sur les questions de la justice Transitionnelle, nous poussons l’Etat guinéen à mettre en place un fond de réparation qui va permettre aux victimes d’obtenir certains avantages : notamment l’accès aux soins médicaux, l’accès à une activité économique, des fins de réinsertion sociale, mais aussi avoir la reconnaissance du préjudices subi » a expliqué Boussiriou Diallo, président de l’ONG COGEDEV-Guinée.

Au sortir de cette rencontre qui a été marquée par des échanges entre les victimes d’exactions et les facilitateurs, Thierno Moussa Barry a réclamé justice pour son jeune frère tué par balle le 25 novembre 2013, par les forces de l’ordre à Bambéto.

Thierno Moussa Barry, grand frère d’une des victimes d’exactions

« Mon jeune frère, Amadou Baïlo Barry, n’était même pas dans la rue. Il était juste devant son télé-centre, c’est là qu’il a reçu une balle et il est mort. Mais, aujourd’hui, COJEDEV nous a appris beaucoup de choses qu’on ne connaissait pas. A partir de l’instant, on va s’organiser en association juste pour venir auprès de l’État pour que nos droits soient réparés. Nous voulons la justice, nous voulons savoir qu’est-ce qui a poussé ceux-ci (les forces de l’ordre) à venir faire des exactions sur l’axe. Nous remercions d’abord les initiateurs de cette rencontre. Nous leur disons que nous sommes très ravis de cet atelier et nous leur souhaitons beaucoup de succès dans leurs projets », a dit Thierno Moussa Barry.

Pour Mamadou Alpha Diallo, victimes d’exaction des forces de l’ordre à Bambéto le 8 février 2015, la présente rencontre a permis d’être plus édifié sur les droits de l’homme et les activités à mener pour jouir de ses droits dans la société.

Mamadou Alpha Diallo, victimes d’exactions

« Il y a beaucoup de choses que l’on ignorait sur les droits de l’homme. Cet atelier a vraiment renforcé nos capacités en ce qui concerne les droits de l’homme et les différentes activités qu’il fallait mener pour pouvoir acquérir certaines choses au sein de la société. À travers cela, nous pouvons mettre en place une fédération pour pouvoir défendre les victimes de l’axe et mener à bien nos revendications », a confié Mamadou Alpha Diallo.

Mohamed DORÉ pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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