Éducation : lancement du projet 224 ObjectifBac2022 à Macenta

Après l’étape de Tougué et de Koubia (dans la région de Labé), le projet 224 « ObjectifBac2022 » pose sa valise en région forestière. C’est dans la préfecture de Macenta que 35 enseignants volontaires partageront cette année leur savoir-faire aux candidats au baccalauréat 2022. Objectif, corriger le faible taux d’admission enregistré dans cette localité en 2021 et susciter l’envie d’aller à l’école chez les jeunes apprenants, a appris un reporter de Guineematin.com ce samedi, 7 mai 2022.

Repartis dans 6 lycées dont 4 au centre ville de Macenta, les candidats au baccalauréat session 2022 de la préfecture de Macenta (région administration de N’Zérékoré) bénéficieront, du 30 mai au 17 juin 2022, de l’appui technique et pédagogique des jeunes enseignants leur permettant de rehausser leur niveau d’apprentissage dans l’espoir de mieux se classer dans les différents examens nationaux.

Mohamed Aly Condé, journaliste et coordinateur général du projet 224 #ObjectifBac explique les raisons du choix de Macenta, avant d’annoncer les particularités de cette troisième édition.

Mohamed Aly Condé, initiateur du projet 224 #objectifBac

« On a choisi Macenta parce que l’année dernière, dans la région administrative de N’Zérékoré, Macenta a été la dernière préfecture sur les six autres. La préfecture a présenté 2 400 et quelques candidats ; et, seulement 99 élèves ont été déclarés admis au baccalauréat. Nous pensons donc qu’il y a une difficulté à ce niveau. Mais, comme chaque année, notre choix porte sur la dernière préfecture d’une région ou sur la dernière région sur les 7 pour y aller. Cette année donc, on a mobilisé un peu plus de 35 enseignants volontaires qui vont aller faire réviser nos frères candidats au baccalauréat du côté de Macenta. Cela, pendant plus de 15 jours, afin de voir ce que ça peut changer comme les années précédentes.

La particularité pour cette année, c’est  qu’autour de Macenta, nous comptons organiser un plaidoyer en faveur de l’éducation. Nous pensons que nous avons capitalisé toute l’expérience que nous avons eu depuis 2019 à aller à l’intérieur du pays. Nous pouvons inviter les partenaires techniques, les amis de l’école, l’environnement de l’école et tous ceux qui peuvent apporter quelque chose pour un changement positif dans ce secteur. Nous pouvons les réunir et leur expliquer ce que nous avons vu à l’intérieur du pays et surtout attirer leur attention là-dessus afin que chacun puisse faire ce qu’il peut pour que la situation change parce qu’elle n’est pas du tout reluisante à l’intérieur. On a l’impression parfois que les décisions se limitent aux élèves de Conakry. Pourtant, à l’intérieur, ils sont encore très nombreux. Mais, ils étudient dans des conditions extrêmement difficiles. Vous ne pouvez pas imaginer qu’au 21ème siècle que les élèves étudient encore dans ces conditions-là. Mais, je pense qu’il n’y a pas suffisamment d’informations autour de l’école et que chacun d’entre nous pourrait participer à donner cette information là afin d’influencer les décideurs », a-t-il invité.

Après avoir séjourné dans la préfecture de Tougué et de Koubia, Mohamed Aly et son équipe dressent un constat peu reluisant dans dans le secteur éducatif de ces deux localités de la moyenne Guinée. C’est pourquoi, ils interpellent les autorités à venir au secours de ces jeunes élèves. 

Mohamed Aly Condé, initiateur du projet 224 #objectifBac

« Nous sommes allés à Koubia l’année dernière et à Tougué où nous sommes intervenus. Vous savez, l’année dernière, nous avons eu un programme spécial qu’on a appelé #KoubiaObjectifBEPC. Koubia qui avait fait 0% au BEPC méritait quand même une autre attention. Donc, on a mobilisé  des volontaires qui sont allés à ce niveau. Je pense qu’on a eu un peu plus de résultat. On a fait plus de 40 admis sur moins de 200 candidats au BEPC dans cette préfecture. Cependant, au niveau du baccalauréat, que ça soit à Koubia ou à Tougué, je pense que le problème était plus grave que ce qu’on nous présentait. On a fait ce qu’on a pu ; mais, les conditions dans lesquelles les élèves étudient là-bas, les conditions dans lesquelles ils préparent les examens, ce ‘sont des conditions inadmissibles et on peut tout à fait comprendre s’ils n’ont pas été majoritairement admis au baccalauréat ou s’ils ne sont même pas admis cette année. Parce qu’à Koubia et à Tougué, c’est un problème structurel, je pense que l’État devrait exister là-bas, particulièrement au niveau de ce secteur », a-t-il expliqué.

Engagés dans ce projet humanitaire depuis 2019, les porteurs de cette  initiative d’intérêt national invitent les partenaires techniques et financiers évoluant dans le secteur éducatif et toute personne de bonne volonté à accompagner leur projet afin de sortir l’éducation guinéenne de cette situation.

« Depuis 2019, nous fonctionnons de la même manière. Ce sont les bonnes volontés qui nous apportent des appuis. On a jamais une institution derrière qui nous demande le budget qu’on souhaite avoir et qui finance après. Ce sont des particuliers, les médias qui couvrent nos conférences de presse, les ressortissants des différentes préfectures dans lesquelles nous nous rendons souvent qui acceptent de nous donner ce qu’ils peuvent en fonction de ce qu’ils ont afin de nous faciliter la mission. L’appel est donc lancé envers ces bonnes volontés pour cette année encore mais aussi à tous ceux qui nous ont observé des différentes institutions parce que notre objectif est qu’un  jour ça soit institutionnalisé, qu’on ne tourne plus à l’informel, qu’on attende plus la dernière minute pour mobiliser les gens à aller dans les préfectures », a conclu ce journaliste du Groupe Djoma Media.

À noter que contrairement aux précédentes éditions, il y aura la projection des cours vidéos dans les foyers de révisions.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tél. : 626-66-29-27

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