Assemblée nationale : l’UFDG dit avoir empêché le passage de deux mauvaises lois

6 juillet 2019 à 18 06 01 07017

Au lendemain de la clôture de la session des lois de l’Assemblée nationale, l’UFDG a tenu à faire des travaux à ses militants. C’était à l’occasion de son assemblée générale hebdomadaire de ce samedi, 06 juillet 2019. Dans son compte rendu, Kalémodou Yansané, un des députés du principal parti d’opposition du pays, a annoncé que son camp a empêché le vote de deux lois qui étaient mauvaises pour l’opposition guinéenne, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Devant les militants de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée massivement mobilisés au siège de la formation politique, Kalémodou Yansané a indiqué que durant les trois mois qu’a duré cette session parlementaire, les députés ont examiné une quarantaine de textes relatifs à des des projets et propositions de lois, conventions, accords, dons, prêts (…)

« Les lois les plus importantes que nous venons de voter concernent notamment la parité entre l’homme et la femme. Désormais, si vous prenez un homme, vous devrez prendre à côté une femme. On doit désormais fonctionner en couple et en pair », a annoncé le député de l’UFDG. Il ajoute que son camp s’est opposé cependant à certains textes soumis au Parlement. C’est notamment le projet de loi autorisant les gendarmes à tirer sur toute personne supposée représenter un danger.

Mais, souligne-t-il, malgré l’opposition des élus de l’UFDG, le texte a été adopté à la majorité simple. « Le dossier important qui a été examiné concerne le port d’armes par la gendarmerie nationale. C’est normal, un gendarme doit être armé. On dit gendarme, un homme qui a l’arme. La loi qui a été présentée à l’Assemblée donne le pouvoir, l’autorisation à un gendarme en service de tirer sur quiconque qui se trouverait en fuite ; quiconque qu’il estime être un danger public (…)

Donc cette loi donne le pouvoir aux militaires, aux gendarmes de faire usage de leurs armes à feu. Nous avons dit que nous ne sommes pas contre, mais il faut qu’une autre loi, un article soit pris dans la même loi, précisant que lorsqu’un militaire, un gendarme soulard utilise de façon délibérée une arme contre un citoyen paisible, qui n’est pas agressif, pour lui ôter la vie, que la loi sanctionne ce militaire. Et comme cette disposition n’a pas été prise par la loi, l’opposition a voté contre. Donc nous sommes contre cette loi », a-t-il expliqué aux militants.

Kalémodou Yansané indique que l’opposition a réussi par contre, à empêcher le passage de deux textes qui lui était totalement défavorable. Une raison qui justifie, selon lui, la présence des députés de l’UFDG à l’Assemblée nationale, malgré l’expiration de leur mandat. « Si on n’était pas restés à l’hémicycle, deux lois importantes étaient préparées contre nous. La première, c’était de modifier le code électoral pour que les chefs des quartiers, que les partis doivent désormais désigner, soient nommés purement et simplement par les maires. Nous avons dit non. Cette loi n’est pas passée (…)

La deuxième loi concernait la CENI : ils ont voulu diminuer les démembrements de la CENI à l’intérieur du pays pour que la CENI soit gérée à l’intérieur du pays par les préfets, les sous-préfets, et les fonctionnaires de l’administration. Cette loi aussi n’est pas passée parce que nous étions là. Donc, tant qu’ils sont à l’Assemblée, nous sommes là aussi. Tant qu’ils (les députés de la mouvance) ne quittent pas, nous aussi on ne quitte pas », a-t-il martelé, sous un tonnerre d’applaudissement des militants.

Saidou Hady Diallo et Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com
Tel: 620 589 527/654 416 922

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Guinée : les députés du RPG-AEC appellent Alpha Condé à organiser le référendum constitutionnel

6 juillet 2019 à 17 05 42 07427

Les députés du RPG Arc-en-ciel annoncent leur adhésion au projet de révision constitutionnelle. Ils l’ont fait savoir ce samedi, 06 juillet 2019, à l’occasion de l’assemblée générale hebdomadaire du parti. La rencontre a été présidée par l’honorable Abdourahmane Sinkoun Camara en présence de nombreux cadres et militants du parti, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cette prise de position des députés de la majorité présidentielle n’est point une surprise pour un projet de révision constitutionnelle qui divise les guinéens. A travers un communiqué lu à l’occasion de cette rencontre politique, les députés de la mouvance présidentielle ont exprimé leur adhésion au projet de nouvelle constitution. C’est Aly Kaba qui a fait la lecture du communiqué.

« Nous, députés de la majorité présidentielle, signataires de cette déclaration, en notre qualité de représentants légitimes du peuple de Guinée, convaincus de la nécessité impérieuse de doter notre pays d’une constitution qui soit l’émanation du peuple souverain, même si celui-ci a organisé le fonctionnement de nos institutions, demandons au président de la République de bien vouloir soumettre à son peuple une nouvelle constitution par voix référendaire », a déclaré l’honorable Aly Kaba.

Après cette annonce, c’est le ministre des Sports, Sanoussy Bantama Sow, qui a pris la parole pour parler du Syli national qui joue demain dimanche contre l’Algérie en 8ème de finale de la Coupe d’Afrique des nations de football. « Concernant l’équipe nationale, sincèrement, nous tenons à remercier le peuple de Guinée qui s’est mobilisé comme un seul homme, depuis la phase de qualification jusqu’au jour du dernier match. Le président Alpha Condé a fait ce qui n’a jamais été fait depuis que la Guinée a commencé à se rendre sur le plan international dans le domaine du football.

Si vous avez constaté, nous avons déplacé un vol spécial de Conakry à Marrakech, de Marrakech à Alexandrie pour la compétition. Nous avons déplacé un vol spécial pour le reste de la délégation guinéenne de Conakry en Égypte. Et ça, c’est fait par le président Alpha Condé, pas par la Fédération Guinéenne de Football. Et les jeunes sont arrivés en Égypte pas par moins de 40 mille dollars par membre de délégation, pas par moins de 40 mille dollars par personne.

Et au deuxième match, après le match, chaque joueur a eu 20 mille dollars. Ces 20 mille dollars, si vous calculez aujourd’hui, le coût, ça fait 190 millions de francs guinéens. Et demain, le match contre l’Algérie, si l’équipe gagne, chacun aura 30 mille dollars. Ça veut dire que du côté du chef de l’État, les conditions sont réunies », a fait savoir Bantama Sow.

Pour finir, Sanoussy Bantama Sow demande le soutien de tout le peuple pour que la Guinée puisse s’imposer face à l’Algérie, l’un des grands favoris de ce tournoi. « Demain, nous demandons une fois encore au peuple de Guinée, de se mobiliser parce que nous allons gagner contre l’Algérie et se qualifier pour les quarts de finale », prophétise le ministre des Sports.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel: 622919225 / 666919225

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Guinée : jusqu’à un an de prison contre les auteurs de nuisances sonores (avec de la musique et autres)

5 juillet 2019 à 7 07 58 07587
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Initié par le ministère de l’Environnement et transmis à l’Assemblée nationale, le nouveau code de l’environnement en République de Guinée a été adopté hier, jeudi 04 juillet 2019, à l’unanimité des députés présents à l’hémicycle. Ce nouveau code prévoit jusqu’à un an d’emprisonnement et une amende de 10 millions de francs guinéens (en cas de récidive) contre les auteurs de nuisances sonores susceptibles de constituer des désagréments excessifs pour le voisinage et de porter atteinte à l’environnement, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était à l’Assemblée nationale.

Le nouveau code de l’environnement qui a été adopté ce jeudi par les députés s’articule autour de 9 titres, 26 chapitres et 212 articles. Et, c’est le titre 8 qui prévoit la « répression des infractions et pénalités » à l’endroit des personnes physiques et morales qui iront à l’encontre des dispositions du présent code.

En son article 202, ce nouveau code qui a bénéficié du vote favorable des députés prévoit des sanctions pénales à l’encontre des auteurs de nuisances sonores. Une mesure disciplinaire qui consiste à préserver la quiétude des paisibles citoyens et discipliner ceux qui font des « tapages » avec de la musique dans les quartiers.

« Est puni d’un emprisonnement de 15 jours à trois mois et d’une amende de 500 mille à 5 millions de francs guinéens quiconque, sans l’autorisation préalable de l’autorité compétente, se serait livré aux émissions de bruit, perturbation du calme, nuisances olfactives ou de rayonnement lumineux, susceptibles de nuire à la santé de l’homme, de constituer des désagréments excessifs pour le voisinage et de porter atteinte à l’environnement. En cas de récidive, outre l’amende qui est portée au double, une peine d’emprisonnement de trois mois à un an pourra être prononcée et les engins, appareils et tout objet ayant servi à commettre l’infraction sont saisis au profit de l’Etat », a annoncé Docteur Alpha Mamadou Baldé dans sa lecture du rapport de la commission environnement de l’Assemblée nationale sur le projet de loi portant nouveau code de l’environnement.

L’adoption de cette loi intervient à un moment où certains guinéens ont fait des tapages nocturnes leur sport favori dans les quartiers de Conakry. De jour comme de nuit, avec des appareils sonores puissants, ils mettent de la musique forte dans leurs concessions de manière à déranger tout le quartier.

Avec une indiscipline notoire, d’autres occupent les espaces libres des quartiers, voire même les artères publiques, pour danser toute la nuit au rythme de sonorités qui perturbent le sommeil des voisins. Et, tout ça se passe au vu et su des autorités.

A noter que le nouveau code qui vient d’être adopté au parlement ne vient pas combler un vide juridique. Car, le code de l’environnement actuellement en vigueur en Guinée prévoit une sanction pénale de 5 mille à 50 mille francs guinéens contre les auteurs de nuisances sonores. Une disposition qui souffre d’un manque d’application manifeste sur le terrain.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Fin du débat d’orientation budgétaire : ce qu’il faut retenir des travaux, selon les participants

4 juillet 2019 à 9 09 36 07367

Le débat d’orientation budgétaire 2019 s’est achevé hier, mercredi 03 juillet 2019, à l’Assemblée nationale. Pendant deux jours, membres du gouvernement, députés, bailleurs de fonds, représentants du secteur privé et de la société civile, ont travaillé sur les orientations de la politique générale du gouvernement et les priorités sectorielles des politiques publiques pour le développement économique et social du pays. A l’issue des travaux, les participants ont tiré un bilan satisfaisant, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

La tenue du débat d’orientation budgétaire (DOB) vise à améliorer la gouvernance et à mieux repartir les ressources financières dans les secteurs économiques. Au sortir de ces deux jours de travaux, le Président de la commission économie, finances, plan et coopération internationale de l’Assemblée nationale, Michel Kamano, qui assurait la présidence des travaux en commissions, a exprimé sa satisfaction.

Président de la commission économie, finances, plan et coopération internationale de l’Assemblée nationale, Michel Kamano,
Michel Kamano

« Nous avons eu un débat fructueux et national. Les représentants du parlement, du gouvernement, de la société civile et du secteur privé ont parlé de la Guinée. Les efforts qui sont faits sont appréciés de tous puisque nous venons de loin. Et, de tout ce qui reste à faire et qui est très important, nous devons nous accorder pour mieux le faire. Mobiliser d’avantage de recettes, les sécuriser et les utiliser à bon escient et pour le bien du citoyen lambda. Il y a aussi des efforts à faire pour continuer à améliorer la gouvernance économique de façon à ce que l’exécutif puisse produire des résultats beaucoup plus concrets, mesurables, et que les populations les sentent dans leur quotidien », a expliqué Michel Kamano.

Selon lui, la participation de la société civile et du secteur privé à ce débat va améliorer positivement l’élaboration et la gestion du budget de l’Etat. « Ce qui va changer dans le quotidien des Guinéens, c’est qu’aujourd’hui, c’est la présence des représentants de la société civile dans le DOB. Mieux, elle est représentée partout dans le pays à travers ses démembrements. La société civile a des projets de développement, elle peut en faire la mesure.

Quand on dit qu’on a fait une piste rurale dans telle localité, il y a les représentants de la société civile, le député de la localité, eux tous peuvent vérifier et apprécier le travail fait. Mieux, avec le secteur privé, il sera question pour le gouvernement de discuter avec ce secteur pour fixer les taxes, puisqu’il ne faut pas tuer la poule aux œufs d’or », a indiqué le député.

présidente de la coalition des femmes et filles de Guinée, (COFFIG), Dr Makalé Traoré,
Dr Makalé Traoré

Pour sa part, la présidente de la coalition des femmes et filles de Guinée, (COFFIG), Dr Makalé Traoré, a souligné que ce fut un honneur pour la société civile de prendre part à ce débat, qui a permis de faire des échanges avec le gouvernement et de partager les préoccupations des populations. « Nous avons fait part au gouvernement de nos préoccupations, notamment les jeunes par rapport à la prise en compte du capital humain. Et, nous avons estimé qu’au-delà des investissements stratégiques de santé, d’éducation et de gouvernance, il était très important se focaliser sur le changement de structure de la population.

La planification familiale est une question qui mérite une mobilisation sociale. S’il est bien de faire des enfants, il est encore plus important de les éduquer, de veiller à leur santé pour qu’ils deviennent utiles à la nation. Ce, pour les éviter d’être des instruments politiques qui versent dans la violence », a dit l’activiste de la société civile.

Le rapport final de ce débat d’orientation budgétaire, une fois élaboré, sera rendu public et partagé entre les différents acteurs impliqués.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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« Loi dangereuse en Guinée » : les gendarmes autorisés à tirer (avec des armes de guerre)

27 juin 2019 à 13 01 00 06006

Réunis en plénière le mardi dernier, 25 juin 2019, les députés guinéens ont voté, à la majorité simple, le projet de loi portant sur l’usage des armes de guerre par la gendarmerie nationale. Les députés de l’opposition dénoncent une loi dangereuse, mais leurs collègues du pouvoir justifient l’adoption de ce texte par des « dangers » auxquels sont exposés les agents de sécurité dans leurs opérations, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était à l’Assemblée nationale.

Ce n’est certainement pas une nouveauté, puisque les gendarmes ont toujours détenu et même fait usage d’armes de guerre dans les opérations de maintien d’ordre. Mais la différence, c’est que c’est désormais légal. Ces agents de sécurité peuvent maintenant tirer sur des gens sans être passibles de poursuites judiciaires. Le texte a suscité une vive polémique entre les députés à l’Assemblée nationale. Le groupe parlementaire des Libéraux-démocrates, composé des élus de l’UFDG, a rejeté le projet de loi, soumis au Parlement par le gouvernement.

« Notre groupe parlementaire, après avoir constaté qu’aucune responsabilité pénale n’a été engagée contre les gendarmes qui ont fait usage illégal et disproportionné de leurs armes, ne peut voter ce texte en l’état. Notre conscience nous interdit d’oublier nos 104 victimes dont la plupart ont été tuées par balles. Monsieur le président, nous vous réservons donc de rejeter ce projet de loi relatif au port des armes par la gendarmerie nationale », a déclaré l’honorable Tafsir Baldé au nom de son camp.

De son côté, l’honorable Dr Deen Touré, président du groupe parlementaire Alliance républicaine, a indiqué que l’unanimité ne s’est pas dégagée dans les rangs des députés de l’UFR autour de ce sujet. C’est pourquoi, « je laisserai chaque député voter selon son intime conviction », a-t-il dit, juste avant de passer au vote.

De son côté, le groupe parlementaire du RPG Arc-en-ciel a estimé qu’il est nécessaire et opportun d’adopter ce texte pour un certain nombre de raisons : « Avec la montée du banditisme, des braquages, des vols à main armée, … il y a des civils qui sont armés. Donc, il est important que nous ayons une gendarmerie nationale bien équipée (…) et permettre aux agents de porter les armes dans les conditions bien appropriées, bien éclaircies », a justifié l’honorable Michel Kamano, au nom du groupe parlementaire de la majorité présidentielle.

Après ces explications de vote, le texte a été adopté à l’unanimité des députés du RPG Arc-en-ciel et quelques-uns de l’UFR. Ceci, en présence du ministre de la défense nationale qui a savouré une « victoire », après avoir esquivé quasiment toutes les questions qui lui ont été posées par les députés, en faisant mine de les avoir oubliées.

Une loi qui « ne rassure pas »

Selon le rapport qui a été présenté par la commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale, dans l’éventualité d’une attaque terroriste, d’une offensive lancée contre les militaires gendarmes en mission d’Etat, du vol à main armée et la désobéissance aux ordres d’arrêt par les conducteurs de véhicules, embarcations et autres moyens de transport, dont les occupants sont susceptibles de perpétrer dans leur fuite, « les forces de défense passent par la loi relative à l’usage des armes par la gendarmerie nationale, afin que ce genre de situations soient mieux maitrisées ».

Cette loi comporte trois articles. Et, son article premier définit les conditions et les circonstances dans lesquelles les « militaires gendarmes doivent faire usage de leurs armes ».

La commission saisie au fond du Parlement invoque « des dangers » auxquels sont confrontés les agents de sécurité dans leurs missions de protéger les personnes et leurs biens dans « un environnement sécuritaire tumultueux ». Terrorisme, crimes organisés, trafic de drogue et autres produits toxiques, blanchiment d’argent et trafic d’êtres humains y sont cités à titre d’exemples.

Mais, pour l’honorable Dr Fodé Oussou Fofana, président du groupe parlementaire des Libéraux-démocrates et vice-président de l’UFDG (le principal parti d’opposition en Guinée), « cette loi ne rassure pas. On n’a aucune garantie pour autoriser des gendarmes à porter des armes, puisque nous savons ce qui se passe dans ce pays ».

Certains observateurs y voient même une volonté d’intensifier la répression des manifestations dans le pays, dans le but exclusif d’étouffer les mouvements anti 3ème mandat pour l’actuel locataire du palais Sékhoutouréya. En tout cas, l’adoption de cette loi intervient à un moment où tous les mouvements de protestation contre le pouvoir sont interdits depuis plusieurs mois dans tout le pays.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Affaire salon VIP de l’aéroport de Conakry : les députés exigent le départ immédiat du DG de la SOGEAC

25 juin 2019 à 14 02 50 06506

Alors que les députés sont réunis en séance plénière pour examiner un certain nombre de textes, le problème les opposant au directeur général de la SOGEAC, Sékou Maï Diarra, s’est imposé sur les onze points inscrits à l’ordre du jour. Problème né du refus de ce dernier de laisser plusieurs députés, dont les premier et deuxième vice-présidents du Parlement ainsi que le leader de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, accéder au salon VIP de l’aéroport de Conakry. Les parlementaires ont demandé le départ immédiat du responsable de l’aéroport, rapportent deux journalistes de Guineematin.com qui sont à l’hémicycle.

C’est le président de l’Assemblée nationale qui a été le premier à évoquer le sujet à l’ouverture de la séance. Le chef du perchoir a déploré le comportement du Directeur général de la société gestion et d’exploitation de l’aéroport de Conakry, avant de tenter de rassurer ses collègues qu’une solution sera trouvée rapidement à ce problème.

« Chers collègues, je voudrais, avant de continuer sur les points inscrits à l’ordre du jour, déplorer le comportement du Directeur de la SOGEAC dans ses rapports avec les députés. Je voudrais rappeler que les députés ont certes, des véhicules RC mais ce sont des représentants du peuple. Leur liste a été communiquée à la direction générale de la SOGEAC pour que les agents chargés de recevoir les voyageurs, parmi lesquels il y a les députés, sachent que les députés représentent le peuple.

Ils relèvent d’une institution de la république… J’ai adressé une correspondance au ministère des transports à ce sujet et au Premier ministre pour attirer leur attention sur le fait qu’ils doivent ramener le DG de la SOGEAC à des comportements normaux. La procédure est en cours. Des dispositions seront prises à partir de demain pour faire approfondir les débats… », a dit Claude Kory Kondiano.

Mais, cette assurance du président du Parlement n’a pas réussi à calmer la colère des députés, toute tendance confondue. Finalement, c’est l’honorable Diouldé Sow, député uninominal de Pita et membre du groupe parlementaire Libéral-Démocrate qui a pris la parole pour lire une motion de l’Assemblée nationale.

« Eu égard aux attitudes irrespectueuses, désobligeantes et de défis du DG de la SOGEAC, l’Assemblée nationale de la République de Guinée, deuxième institution du pays, demande son départ. Cette situation inacceptable de la part d’un commis de l’Etat, fut-il le DG de l’aéroport, crée un précédent de nature à dévaloriser le statut de député. Le statut protocolaire du député, représentant la communauté nationale, est non seulement connu, mais aussi respecté à travers le monde entier. La Guinée ne peut pas faire l’exception. Nous demandons son départ pure et simple et immédiatement », a dit Honorable Diouldé Sow.

De son côté, le Chef du groupe Libéral-démocrate, Dr Fodé Oussou Fofana, par ailleurs Vice-président de l’UFDG, s’est adressé au président de l’Assemblée nationale en ces termes : « nous avons le ministre des affaires présidentielles à votre gauche, celui des la justice à droite. A mon humble avis, nous n’allons pas continuer de siéger tant que cette question ne trouve pas de solution.

Nous avons été humiliés et insultés. Qu’on aime le Président Cellou Dalein ou qu’on ne l’aime pas, il a été ministre des transports, Premier ministre et député de cette législature. Moi, je n’ai rien à avoir avec le DG de l’aéroport, c’est un commis de l’Etat. Mais, cette question doit être réglée maintenant. C’est pourquoi, je vous demande, Monsieur le Président de suspendre immédiatement ces débats et nous allons nous retrouver avec les ministres ».

L’Honorable Saïkou Yaya Barry de l’Alliance républicaine, a profité pour enfoncer le clou et exiger de l’exécutif le renouvellement des passeports des députés.

Le tollé dans la salle a fini par amener le président de séance, Claude Kory Kondiano, à suspendre les débats. Pour certains, il est hors de question de revenir dans la salle tant que la question n’est pas réglée.

Depuis l’hémicycle Abdallah BALDE et Mamadou Baïlo KEITA pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Assemblée nationale : des textes concernant l’armée en débat ce lundi

24 juin 2019 à 11 11 01 06016

Selon le nouveau chronogramme de la session parlementaire en cours, les députés vont se retrouver ce lundi, 24 juin 2019, en séance plénière, pour examiner, amender et adopter plusieurs textes de loi concernant l’organisation et le fonctionnement de l’armée guinéenne, a appris Guineematin.com, de sources proches de l’Assemblée nationale.

Au nombre de quatre, ces textes sont :

  1. Projet de loi portant principes généraux de l’organisation générale de la défense nationale ;
  2. Projet de loi portant usage des armes par la Gendarmerie nationale ;
  3. Projet de loi fixant les conditions de participation de l’armée au développement économique de la nation et à toutes autres tâches d’intérêt public ;
  4. Projet de loi portant organisation générale et fonctionnement des forces de défense.

Deux textes de conventions de financement et de crédits viendront compléter le tableau des points inscrits à l’ordre du jour, a-t-on également appris.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Installation d’une usine de boissons alcoolisées en Guinée : pourquoi Demba Fadiga n’a pas voté la convention ?

13 juin 2019 à 14 02 33 06336
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Comme annoncé précédemment, l’Assemblée nationale guinéenne a voté hier, mercredi 12 juin 2019, sept (7) textes qui lui ont été soumis par l’exécutif. Parmi ces textes, figure la convention d’établissement d’une usine de boissons alcoolisées et non alcoolisées en Guinée, signée entre le gouvernement guinéen et la société Beverage Market Incomporated. Celui-ci a suscité un débat houleux à l’hémicycle et a été rejeté par les députés de l’opposition (UFDG) et même par trois députés de la mouvance présidentielle. Parmi eux, le député de Kindia, l’honorable Demba Fadiga. Le parlementaire a expliqué au micro d’un reporter de Guineematin.com, les raisons qui l’ont poussé à pousser contre le texte.

Hon. Demba Fadiga

« Il faut avoir le courage de dire non quand le vote d’une loi n’obéit pas à votre desiderata, ne va dans le sens des intérêts de votre peuple comme l’installation d’une usine de boissons avec pour corollaire la dépravation. Parce que quand il y a la boisson, les jeunes vont noyer leurs soucis dans l’alcool et ça conduit à des crimes, ça conduit à beaucoup de choses qui ne sont pas compatibles avec la civilisation que nous avons. Une civilisation, pour la majorité, musulmane.

Nous sommes des musulmans, et moi je me vois très mal en train de voter une loi pour qu’une usine de boissons alcoolisées s’installe. Si c’était une usine de jus de fruits, une usine qui ne produit pas d’alcool, ça je peux comprendre. Mais, quand il s’agit de liqueur, de boissons alcoolisées, comprenez-moi que je ne je ne peux pas aller dans le sens de l’installation d’une telle usine parce que la religion dit que si vous participez, ne serait-ce qu’en indiquant tout simplement le lieu où on peut acheter la boisson, vous serez condamné comme celui qui boit », a expliqué l’honorable Demba Fadiga.

En ce qui concerne les emplois que cette société va créer à travers cette usine, le député de la mouvance présidentielle et président de la commission des infrastructures de l’Assemblée nationale, indique qu’on peut créer l’emploi ailleurs. « On peut créer l’emploi par diverses manières. Notre pays est fertile, on peut cultiver par exemple des tomates pour faire des purées de tomates, on peut planter la canne à sucre au lieu de faire de l’alcool. On peut cultiver le maïs pour faire des aliments pour la volaille. Donc il y a beaucoup de domaines qui peuvent être utiles au peuple surtout à cette jeunesse. Mais la boisson, nous avons déjà des structures qui produisent des boissons ici, il y a toutes sortes de boissons ici.

Il est très facile d’avoir la boisson. Si vous avez, ne serait-ce que 5000 francs, vous pouvez avoir quelque chose à boire. Et, nous voyons souvent des gens en état de service qui sont saouls et c’est très dangereux puisque quand vous êtes un agent en état de surveillance, en tant qu’homme en uniforme, et que vous buvez, vous ne pouvez pas être efficace. Donc la boisson est nuisible pour l’homme. Ceux qui font la boisson disent qu’il faut boire modérément, ils disent que l’abus d’alcool nuit. Alors, pourquoi ne pas arrêter de boire au lieu de conseiller aux gens de boire. Donc, c’est pourquoi j’ai voté contre.

Si vous avez remarqué dans les grandes compétions internationales, la publicité sur la boisson et la cigarette, je crois que ça passe difficilement surtout la cigarette. Donc moi je comprendrais mieux qu’on augmente les taxes sur les boissons et les cigarettes que de faciliter leur implantation sur le territoire », a laissé entendre l’honorable Demba Fadiga.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 91 92 25/ 666 91 92 25

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« D’ici 50 ans, si rien n’est fait, tout le monde se retrouvera sur les côtes », prévient un député

3 juin 2019 à 13 01 28 06286

Une mission composée de députés et de membres de plusieurs départements ministériels a séjourné récemment dans la préfecture de Boké. Conduite par le président de la commission environnement, pêches et développement rural et durable de l’Assemblée nationale, l’Honorable Sékou Benna Camara, cette forte délégation de l’exécutif et du législatif guinéens est allée échanger avec les responsables locaux autour d’une éventuelle élaboration d’une loi protégeant le littoral de notre pays, a constaté un envoyé spécial de Guineematin.com qui était sur place.

C’est dans la salle de conférence de la préfecture de Boké que les membres de cette mission ont rencontré les responsables locaux, dont le maire de la commune urbaine, l’Honorable Mamadouba Tawel Camara et le secrétaire général des collectivités, Jean Béavogui, représentant le préfet.

Dès l’entame des travaux, le directeur général du milieu marin et zones côtières du ministère de l’environnement, Mohamed Lamine Sidibé, a procédé à la projection d’un documentaire sur l’état dégradé des côtes maritimes guinéennes devant les maires, secrétaires généraux de communes et sous-préfets des 8 collectivités côtières sur les 10 que compte la préfecture de Boké.

Puis, le maire de la commune de Boké, suivi du chef de la délégation, par ailleurs président de l’alliance des parlementaires et élus locaux pour la protection du littoral en Afrique de l’Ouest, (APPEL), se sont relayés pour dire à l’assistance l’objet de la rencontre portant sur des consultations et échanges en vue d’établir une loi protégeant le littoral guinéen, à l’image des autres pays membres d’APPEL (le Sénégal, le Cap Vert, la Sierra Léone, le Libéria, la Mauritanie,…).

Ils ont expliqué que littoral, zone de rencontre de la terre, de la mer et même de l’atmosphère, se trouve être sérieusement menacé en Guinée. Long de plus 300 km et couvrant 5 préfectures et la capitale, le littoral guinéen présente un environnement très dégradé particulièrement à Boké, où l’exploitation minière, la coupe abusive du bois de la mangrove, le nombre croissant de ports miniers, la pratique de la culture sur brûlis par endroits, les feux de brousse entre autres sont légion.

Face à cette situation alarmante, le représentant de la société civile de Boké à cette rencontre, Elhadj Sékou Souaré, a exprimé à la mission sa préoccupation. « Par rapport aux sociétés minières, nous avons des problèmes. Quand les gens font le dragage, cela fait des dégâts sur les activités côtières. Le Kapatchèse et le fleuve Rio Nunez sont régulièrement perturbés par les activités portuaires en général et le mouvement des barges et navires dans la zone.

Que ce soit la pèche ou l’agriculture, toutes nos activités sont menacées. Des huiles sont déversées en mer, et les mouvements des navires sont ressentis de Kamsar jusqu’à Kanfarandé. Les plaines et les zones agricoles sont submergées par la mer », a souligné cet activiste de la société civile.

Bocar Morin, maire de Kamsar

D’ailleurs, la commune urbaine de Kamsar, devenue une véritable zone portuaire, présente un visage environnemental aggravant. Le maire de la commune, Bocar Morin, déplore les dégâts causés sur l’environnement par les sociétés minières de la place. « Dans mon village, le riz ne donne plus. Le poisson, on n’en gagne plus. Les plants fruitiers : les manguiers par exemple, et les animaux domestiques et aquatiques sont morts. On a tout perdu.

Parlant de la ville de Kamsar, on n’a pas d’eau potable. On nous a donné des forages, mais l’eau qui sort n’est pas propre à la consommation. L’eau puisée c’est comme du reste d’huile. Donc, ce n’est pas bon pour la consommation et je souhaite que la mission se rende sur les lieux, à Taïbé, (son village,ndlr) pour apprécier ce qui se passe sur le terrain », a dit le maire de la cité industrielle de Kamsar.

Sékou Benna Camara, Député

En clôturant les débats, l’honorable Sékou Benna Camara, a rassuré les participants de la disponibilité de l’Assemblée nationale et des départements techniques engagés, à prendre en compte toutes les préoccupations des populations dans l’élaboration de la future loi sur le littoral. « Les scientifiques ont dit que si on ne fait pas quelque chose, dans 50 ans, les populations vont se retrouver anarchiquement au bord de la mer.

La loi que voulons élaborer, c’est une comme une feuille de route. C’est elle qui va réguler l’occupation des zones côtières, le type de constructions portuaires. Elle permettra également d’harmoniser les textes de loi existant en la matière et permettre une meilleure collaboration entre les départements impliqués dans la protection du littoral guinéen, apportant une solution aux conflits d’intérêts qui existent par ci et par là », a souligné le chef de mission.

A noter que seules les communes de Malapouya et Sangarédi n’étaient pas représentées à cette rencontre. Parce qu’elles sont classées comme étant non côtières. Mais, selon les intervenants, même ces deux collectivités ne sont pas l’abri de la dégradation environnementale actuellement observée à Boké.

Ces consultations qui ont démarré depuis le début du mois de mai, ont été menées successivement à Forécariah, Coyah, Dubréka, Boffa et Boké avant de prendre fin à Conakry. Elles ont été réalisées grâce au soutien financier de l’Union Internationale de la Conservation de la Nature, UICN, basée à Dakar, au Sénégal.

De retour de Boké, Abdallah BALDE pour Guineematin.com
Tél : 628 08 98 45

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Loi contre la polygamie : « C’est honteux et dangereux pour la Guinée », dixit l’Imam de Boké

14 mai 2019 à 6 06 44 05445
Alhassane Sampou, imam de Boké

Depuis l’adoption par les députés de la République de Guinée de la loi favorisant la monogamie, des réactions fusent de partout. Des acteurs politiques, de la société civile et surtout les religieux qui estiment que cette loi est très dangereuse pour la population.

Dans une interview qu’il a accordée à Guineematin.com dans l’après-midi du dimanche dernier, 12 mai 2019, dans la mosquée de Yomboya, commune urbaine de Boké où il dirige la prière, l’Imam Alhassane Sampou s’est exprimé sur le sujet. Le chef religieux a dénoncé l’attitude des députés guinéens qui, selon lui, au lieu d’apporter des solutions aux multiples problèmes socio-économiques du pays, falsifient les principes de l’islam en vigueur depuis des années.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité de la réaction de l’imam.

« Voter une loi qui dit que si l’homme veut se marier à une seconde épouse il faut que la première donne son consentement, c’est donner un pouvoir aux femmes sur les hommes que Dieu ne leur a pas donné. La femme que tu as épousée et amenée chez toi te dit que tu ne peux pas épouser une autre telle que tu as fait pour elle, c’est faire du tort aux filles qui veulent aussi être mariées. Ce que nous leur disons, ils ont voté une mauvaise loi pour nous qui est contraire aux principes de l’islam et qui engendreront des lourdes conséquences dans les familles. Si chaque homme épouse 3 à 4 femmes, il restera encore des femmes célibataires mais en nombre réduit. Or, on nous impose une seule, c’est très grave puisque la rue sera pleine de débauche.

La loi qui vient d’être votée-là ne nous ressemble pas du tout. Il n’y a aucun député à l’Assemblée nationale qui n’est pas élu par le peuple. Ils sont là-bas pour parler au nom du peuple. Donc, s’ils sont vraiment conscients d’être élus par le peuple, ils devaient aller devant ce dernier demander son avis sur toutes questions qui lui concernent. Chacun va donner son opinion et eux à leur tour vont tirer la synthèse. Mais, s’asseoir seulement dans leurs bureaux climatisés et décider des lois inadmissibles sur nous ? Et puis, ces députés ne viennent devant le peuple que lorsqu’ils ont besoin de leur électorat ; sinon, il y a certains d’entre eux depuis leur élection ils sont invisibles. Ils ne servent rien à ceux qu’ils représentent. Même leurs véhicules, ils mettent en vitres fumées pour ne pas se faire reconnaître dans la circulation, c’est pour vous dire que la population ne s’abrite point de leur ombre. Cette loi n’est pas du tout guinéenne, elle est importée d’ailleurs.

Si la monogamie demeure en Guinée telle que voulu par ces députés, nous courons le risque d’une grave malédiction de Dieu ; car, lorsque les femmes célibataires sont beaucoup plus nombreuses que celles qui sont dans des foyers, c’est la débauche qui galopera. Le créateur se fâchera et s’Il se fâche, il abattra des malheurs sur la population. Ainsi, ces députés en seront responsables. Ces genres de lois sont sciemment importées des occidentaux (Al Yahoud et Anna char) pour affaiblir l’islam dans notre pays. Tout le combat de ces gens-là, c’est comment réduire le nombre de musulmans. Mais, si vous voyez des pareilles lois anti-islamiques dans un pays à 95% de musulmans, c’est le pouvoir en place, dans ses ambitions démesurées de se maintenir au trône, qui agit selon ce que les occidentaux leur dictent ; puisque ce sont ces derniers qui font leur affaire. Cette loi n’est pas votée en faveur du peuple mais contre lui. Mais, qu’ils (les députés, ndlr) sachent que Dieu a dit dans le Saint Coran, dans la sourate 5 (Al-Maidah), « toute personne qui invente une règle qui n’est pas dans la charia islamique, c’est un mécréant, un égaré. Et, la demeure d’un mécréant, c’est l’enfer ». Le peuple (surtout les religieux) devrait se lever pour montrer aux députés qui ont voté cette loi que c’est lui qui les a envoyés à l’hémicycle pour parler en son nom. Sinon, si nous laissons maintenir cette fameuse loi, quelle sera la place de l’islam, où seront les musulmans ?

Le conseil que je pourrai donc donner à nos dirigeants, c’est d’avoir peur de Dieu, avoir peur des péchés de ceux qui les ont élus. Que l’argent ou la volonté de satisfaire autrui ne les conduit à l’égarement. Qu’ils n’oublient pas que Dieu les jugera du pouvoir qu’il leur a confié. C’est honteux et dangereux qu’on apprenne qu’une telle loi a été adoptée en Guinée.

De Boké, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Tél : +224 622 671 242

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Monogamie en Guinée : « le président ne doit pas promulguer cette Loi ! Les députés ont commis une grave faute…»

13 mai 2019 à 18 06 48 05485
Elhadj Abdourahamane Diallo

« Cette Loi va augmenter le nombre de filles non mariées, mais aussi elle va augmenter les divorces dans les couples. Vous savez vous-mêmes qu’aucune femme au monde n’autoriserait son mari à épouser une deuxième femme… Je vois certaines femmes qui se frottent les mains aujourd’hui en disant :  »oui, je serai la seule chez mon mari ». Non, c’est une erreur ! Le mari peut mourir, qui va l’épouser après ? Ou bien, elle a des filles, qui lui donne la garantie que c’est une de ses filles qui sera la première chez son mari ? Qui lui donne la garantie que chacune de ses filles aura un mari ? »

L’article 281 du nouveau code civil guinéen continue de faire couler encre et salive en Guinée. Cet article qui interdit à un homme d’épouser une deuxième femme sans le consentement de sa première épouse suscite une vive polémique entre partisans et opposants de la polygamie. Interrogé par Guineematin.com sur la question, Elhadj Abdourahamane Diallo, un citoyen polygame, a regretté la décision des députés qui ont adopté le texte avant de mettre en garde contre les conséquences négatives que pourrait entraîner cette loi.

Décryptage !

Guineematin.com : contrairement au texte adopté en décembre dernier, le nouveau code civil guinéen, voté la semaine dernière par l’Assemblée nationale, ne consacre plus la polygamie en Guinée. Désormais, celle-ci est une exception : il faut l’accord de la première épouse d’un homme marié pour que ce dernier puisse épouser une autre femme. Que pensez-vous de cette loi ?

Elhadj Abdourahamane Diallo

Elhadj Abdourahamane Diallo : je vois ça comme une erreur de la part des députés qui ont voté cette loi. Je remercie ceux qui se sont opposés à l’adoption de cette loi. Je le dis encore, c’est une grosse erreur commise par les députés. Ils étaient l’espoir du peuple mais ils sont allés décevoir ce peuple qui a eu confiance en eux et qui a voté pour eux. La polygamie est une chose prônée par l’islam. Avec le nombre de femmes non mariées qu’il y a en Guinée actuellement, les députés auraient dû voter une loi qui permettrait d’encourager la polygamie, pour permettre à chaque homme d’avoir deux, trois ou quatre femmes et non le contraire.

Les députés qui ont voté cette loi vont le regretter, mais pas aujourd’hui. Leur attitude est semblable à celui qui s’enferme dans une case, met le feu dedans et jette les clefs dehors. Ça veut dire qu’ils subiront les conséquences de leur acte.

Guineematin.com : pour vous, quelles conséquences cette loi pourrait avoir sur la société ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : les conséquences seront énormes : non seulement elle va augmenter le nombre de filles non mariées, mais aussi elle va augmenter les divorces dans les couples. Vous savez vous-mêmes qu’aucune femme au monde n’autoriserait son mari à épouser une deuxième femme. Et avec ça, une femme qui refuse que son mari épouse une seconde femme, le mari peut lui dire d’aller chez ses parents afin qu’il épouse une autre.

Donc, cette loi va obligatoirement encourager les divorces dans notre pays. Les inconvénients de cette loi sont plus que les avantages. Je vois certaines femmes qui se frottent les mains aujourd’hui en disant :  »oui, je serai la seule chez mon mari ». Non, c’est une erreur ! Le mari peut mourir, qui va l’épouser après ? Ou bien, elle a des filles, qui lui donne la garantie que c’est une de ses filles qui sera la première chez son mari ? Qui lui donne la garantie que chacune de ses filles aura un mari ?

Guineematin.com : vous vous avez trois femmes. Habituellement, comment faites-vous quand vous voulez épouser une autre femme ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : oui, j’ai trois femmes. Quand je voulais épouser la deuxième, j’ai informé la première. Et, j’en ai fait de même lorsque je voulais épouser la troisième. Mais, je n’ai pas demandé leur avis encore moins leur autorisation, j’ai juste informé parce que c’est ce qui se doit. C’est l’information qu’il faut, ce n’est pas l’avis. C’est l’homme qui est le maître de la famille.

Guineematin.com : avec cette nouvelle loi qui devrait certainement entrer très bientôt en vigueur, s’il vous devez épouser une autre femme, allez-vous demander l’autorisation de vos autres femmes ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : c’est quelque chose qui est très difficile chez les femmes. Il est très difficile pour une femme de dire à son mari d’épouser une autre, c’est quelque chose qui n’est possible que pour les députés qui ont voté cette loi. En ce qui me concerne, quand je veux épouser une femme, je ne vais jamais demander la permission. Je vais seulement les réunir et leur dire que je veux d’une quatrième femme. Je sais qu’elles ne vont pas le refuser (rires). Parce qu’elles-mêmes ont pitié des femmes qui ne sont pas mariées et qui sont dans les familles. Mes épouses sont toutes favorables à la polygamie. Je vis avec elles, elles sont trois, mais il n’y a aucun problème.

Guineematin.com : pour que cette loi entre en vigueur, il faudra qu’elle soit promulguée par le président de la République. Lui-même qui avait refusé de promulguer le premier texte adopté en décembre dernier et qui légalisait la polygamie. Avez-vous un message pour le chef de l’Etat à ce sujet ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : je ne crois pas que le président soit contre la polygamie puisque lui-même est polygame. Je lui demande de revoir ça. Toute personne qui est contre la polygamie, je vois cela comme une erreur de sa part. Je voudrais lancer un message au chef de l’Etat pour lui dire de revoir ça.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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L’imam de Kipé maudit les députés qui ont voté la loi contre la polygamie : « ils iront tous en enfer ! »

10 mai 2019 à 18 06 38 05385
Elhadj Mohamed Aly Soumah, imam ratib de la grande mosquée de Kipé

Des voies se font de plus en plus entendre suite l’adoption hier jeudi, 09 mai 2019 par l’Assemblée nationale guinéenne, du nouveau code civil interdisant à un homme d’épouser une deuxième femme sans le consentement de sa première épouse. Elhadj Mohamed Aly Soumah, le premier imam de la grande mosquée de Kipé, s’est prononcé sur le sujet au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce vendredi.

Le leader religieux s’insurge contre le texte qui va à l’encontre des principes de l’islam et estime que les députés qui l’ont voté iront tous en enfer.

Décryptage !

Guineematin.com : le nouveau code civil qui a été adopté hier par l’Assemblée nationale, en son article 281, interdit désormais à un homme marié d’épouser une autre femme sans le consentement de sa première femme. Autrement dit, si les femmes ne l’acceptent pas, la polygamie n’est désormais plus possible. En tant que leader religieux musulman, quelle est votre position sur la question ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : je suis très content que vous me donniez l’opportunité de m’exprimer sur ce sujet. Moi, je considère la loi de Dieu, le créateur, le vrai chef. Et, toute personne qui contredit ce que Dieu a dit, parce qu’il t’a mis au monde, il a fait de toi un intellectuel, toi tu dis que tu vas falsifier ce que Dieu a dit, un jour tu vas rencontrer Dieu. Parce qu’avant de dire quelque chose, il faut beaucoup réfléchir et se dire avant que je dise ça, qu’est-ce qui va se passer après. Dieu a dit qu’il faut marier une femme que vous aimez. Il dit qu’il faut vous marier à une, deux, trois ou quatre femme.

Mais, la seule condition qu’il a donnée, c’est d’être juste avec elles. Si vous pouvez être juste avec elles, vous avez la possibilité d’épouser jusqu’à 4 femmes. Et même la justesse dont on parle ne concerne pas l’amour que vous pouvez ressentir pour chacune d’elle. Parce que tout le monde sait qu’on ne peut pas aimer deux choses de la même manière. La justesse, c’est dans le partage. Ce que tu donnes à Mamata, il faut le donner Makhissa, il faut être juste dans le partage entre elles.

Et, je précise que dans le coran, Dieu a commencé par deux femmes, après trois, après quatre. Il a conclu en disant que si tu sais que tu ne peux pas les nourrir toutes ces femmes et être juste avec elles, il faut prendre une seule. Régulièrement, nous voyons des femmes qui viennent à la mosquée pour nous demander de prier pour leurs filles afin qu’elles aient un mari. Maintenant si par la grâce de Dieu, un homme décide d’épouser une fille et quelqu’un vient lui dire qu’il ne peut pas l’épouser parce qu’il est marié à une autre, vous voyez ce que ça fait.

Quand on dit qu’il faut le consentement préalable de la première femme, est-ce qu’on peut imaginer qu’un homme demande à sa femme s’il peut épouser une autre femme et qu’elle lui donne son accord ? Je pense qu’ils veulent bafouer l’islam, ils veulent bafouer la religion. Avec cette loi, beaucoup de femmes risquent de rester en Guinée sans mari. Parce que si la femme refuse que son mari épouse une seconde femme, il peut l’abandonner pour prendre une autre. D’ailleurs, tous ceux qui ont parlé de ça en disant que le monsieur qui veut épouser une seconde femme doit prendre la permission de sa première femme iront en enfer. C’est moi qui le dis, ils iront tous en enfer !

Tous ceux qui ont voté cette loi-là, ils n’ont pas demandé l’avis des religieux, ils veulent mettre le pays en retard. Sinon, s’il y a une question pareille qui se pose, il faut demander aux religieux, il ne faut pas voter comme ça parce que ce sont les populations qui ont voté pour vous. Moi je n’ai jamais vu où quelqu’un demande la permission à sa première femme pour épouser une autre et qu’elle l’accepte. Elle va refuser. Alors, le mari peut dire c’est moi qui t’ai épousée, je ne veux plus de toi maintenant.

Guineematin.com : concrètement, quelles conséquences cette loi pourrait avoir dans la société ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : cette loi va créer des troubles dans les foyers. Il y aura toujours des bagarres dans les foyers. Par exemple, moi j’ai trois femmes, mais moi quand je veux marier une autre femme, c’est moi qui le dis à ma femme. Je ne dis pas à une autre personne d’informer ma femme parce qu’en le faisant, je vais montrer que ma femme ne me respecte pas. Je n’informe pas ma femme pour qu’elle dise oui non, je lui dis par respect, pour l’informer. Je fais en sorte même qu’elles ne soient pas dans la même concession. Maintiennent quand la loi là dit qu’il faut qu’elle dise oui, si elle ne dit pas oui, on ne célèbre pas le mariage, je n’ai jamais vu ça quelque part.

Qu’est-ce que les intellectuels guinéens font ? Dieu a dit de ne pas faire l’adultère, mais en refusant à un homme d’épouser une seconde femme qu’il aime et qui l’aime, il risque de faire l’adultère. Parce que si sa première femme refuse qu’il l’épouse, il peut décider d’avoir une relation hors mariage avec elle. Parce que quand deux personnes s’aiment et qu’on refuse qu’ils se marient, ils peuvent se cacher pour se voir. Ce n’est pas bon. Cette loi va aussi empêcher beaucoup de femmes d’avoir des maris et elle pourrait être à la base des divorces entre les couples.

Guineematin.com : pour que cette loi entre en vigueur, le président de la République doit la promulguer. Aujourd’hui quel message vous avez à l’endroit du Chef de l’Etat ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : moi, ce que je vais dire au Chef de l’Etat, c’est qu’il est le papa de tout le monde. Il sait qu’il y a des imams, il sait qu’il y a le secrétariat des affaires religieuses, il devrait les consulter, leur demander qu’est-ce qu’il faut ? Eux, ils savent. Ceux qui votent les lois, personne d’entre eux ne peut vous dire que son papa a épousé qu’une seule femme. Pourquoi les gens ne sont pas d’accord ? Parce que tout le monde regarde le matériel. Sinon, depuis toujours, un homme peut marier jusqu’à quatre femmes. Dans certaines concessions, tu verras deux femmes mariées à un seul homme se partager une seule chambre. Mais avec ça, elles aident leur mari et l’assistent.

Le Chef de l’Etat, on va lui dire qu’avant qu’il n’approuve quelque chose, qu’il demande aux religieux, aux musulmans, surtout les musulmans. Parce que le problème là concerne surtout les musulmans. Il ne faut pas qu’il approuve une loi aujourd’hui et demain tout le monde se lève pour dire que loi là, il faut qu’on l’annule encore. Parce que tu peux prendre une femme et qu’elle fasse 10 ans sans faire d’enfant. Elle ne peut pas dire que tu ne peux pas prendre une deuxième.

Tu peux épouser une femme et que tes parents disent qu’ils ne l’aiment pas. Mais, puisque tu l’as déjà épousée, ils disent alors qu’ils vont épouser une seconde femme pour toi, celle qu’eux ils voulaient pour toi. Ça existe dans notre société. Donc, le président n’a qu’à regarder tout ça avant de signer ce qui a été voté à l’Assemblée nationale, je veux parler du code civil.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Loi contre la polygamie : « ce n’est pas bon qu’on dise qu’il faut que la première accepte »

10 mai 2019 à 18 06 22 05225
Oustaz Mohamed Ramadan Bah, islamologue et imam à Koloma

Le code civil révisé a été adopté par l’assemblée nationale hier jeudi, 09 avril 2019. Mais, l’article 281 de cette loi qui interdit la polygamie, sous réserve de l’accord de la première épouse, continue de susciter des réactions dans la cité. Nombre de compatriotes dénoncent une loi qui ne tient pas en compte les réalités socioculturelles guinéennes.

Pour Oustaz Mohamed Ramadan Bah, imam à Koloma, cet article du code civil est contraire aux principes de l’Islam. Il l’a dit dans une interview accordée à Guineematin.com dans la matinée de ce vendredi 10 mai 2019.

Décryptage !

Guineematin.com : les députés guinéens ont voté le code civil révisé, ramené en seconde lecture. Dans ce code civil, ce qui frappe le plus est que désormais la polygamie n’est autorisée qu’avec l’accord de la première épouse. Vous qui êtes un leader religieux musulman quel est votre réaction par rapport à cela ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : en ce qui concerne le mariage ou la polygamie, l’islam ne refuse pas que celui qui veut une seconde femme informe la première et discute même avec elle sur le mariage de la seconde. Mais, cela ne veut pas dire que s’il y a refus de la première, que le mariage ne peut pas avoir lieu. Donc ça, c’est la position de l’islam. Vous savez, en islam, on ne cache rien. Il n’y a pas de tricherie. Donc, celui qui veut se remarier, peut en tous cas discuter avec sa femme. Il y a certains même, qui avec leur première femme, choisissent ensemble la seconde femme. Donc ça, c’est une très bonne chose. Mais seulement, on ne peut pas dire qu’il faut forcement que la première femme accepte que son mari épouse une deuxième femme avant que ce dernier épouse sa deuxième femme.

Guineematin.com : justement, c’est ce que dit cette loi là. Est-ce que vous pensez qu’elle va à l’encontre des lois islamiques ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : je ne dirai pas que ça va à l’encontre des lois islamiques, mais en tout cas, je vous ai dit la position de l’islam. L’islam accepte que le mari informe sa seconde épouse, de discuter avec elle, puisque c’est une autre femme qui va rejoindre la première. Donc, il faudrait que cela se passe dans l’entente, il faudrait que cela se passe dans l’amabilité.

Guineematin.com : est-ce que vous pensez que c’est une mauvaise loi qui a été votée par les députés guinéens ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : je ne dirai pas que c’est une mauvaise loi qui a été votée, mais en ce qui concerne l’islam, c’est ce que je viens de vous dire. La loi islamique et nos lois, souvent il y a contradiction. Nous savons que quand il y a contradiction, et nous savons que c’est nous les humains qui faisons les lois, nous devons faire beaucoup attention pour ne pas qu’il y ait incident entre les deux lois.

Guineematin.com : qu’est-ce que vous conseillez aux fidèles musulmans face à cette situation ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : ce que je conseille aux musulmans, c’est d’être patient, puisque c’est une loi qui a été votée. Vous savez, il y a beaucoup de lois qui ne sont pas conformes aux lois islamiques. Mais, puisque dans le pays où nous vivons, ce sont des lois qui ont été votées, qu’il y a des contradictions, ou quand il n’y a pas d’équilibre ou quand il n’y a pas d’entente entre les lois, ce que la religion dit, c’est de suivre la loi divine.

Guineematin.com : à vous écouter, on comprend que cette de loi va à l’encontre des principes religieux. Et, pour que le code civil entre en vigueur, il faut que le président de la République le promulgue. Vous, en que leader religieux, quel message avez-vous à l’endroit du président Alpha Condé dans ce sens ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : concernant cette loi, je demande au président de revoir. J’aurais voulu qu’il dise que le mari informe sa première femme et qu’il discute avec elle avant de se remarier. Mais, ce n’est pas bon qu’on dise qu’il faut forcement que la première accepte. Sinon, cela va empêcher beaucoup de mariages. Donc moi, c’est ce que j’aurais voulu.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Parité : après avoir voté CONTRE, l’Hon. N’Fa Condé dénonce une loi utopique

5 mai 2019 à 10 10 06 05065
Mamadou N’fa Condé, député liste nationale du RPG arc-en-ciel, originaire de Siguiri

Alors qu’ils ont été incapables de faire respecter à leurs partis politiques respectifs le quota de 30 pour cent pour les femmes, les députés guinéens ont voté une loi qui les oblige d’être à parité entre les hommes et les femmes. Votée le jeudi dernier, 02 mai 2019, si elle est promulguée, cette loi est censée s’appliquer sur l’ensemble des postes électifs et semi électifs…

Mais, le député Mamadou N’fah Condé, élu sur la liste nationale du RPG arc-en-ciel à Siguiri est l’un des rares à avoir voté non contre cette loi qu’il a trouvé plutôt utopique…

Interrogé par Guineematin.com, l’honorable Condé a expliqué les raisons d’une telle prise de position. « J’ai été poussé par ma conscience. C’est-à-dire, j’ai vu que si on vote, ça deviendra une loi. Et qu’est-ce que ça veut dire, une loi ? Ça veut dire une obligation dans l’application par l’ensemble des acteurs, que ça soit dans la capitale ou bien en brousse. Je suis un député élu de la circonscription de Siguiri ; donc, presque en brousse. Je sais quelle difficulté il y a. On dit déjà qu’il faut aligner alternativement un candidat sur une liste élective : candidate-femme et candidat-homme, vice-versa jusqu’à la fin. C’est-à-dire, s’il y a 30 candidats sur une liste de 30 personnes, il faudrait qu’il y ait moitié hommes, moitié femmes. Donc, c’est ce qu’on appelle le genre, venir en aide au genre.

Bon, je vois que ça va créer d’énormes difficultés à la base. Imaginez-vous un coin comme Nabou, une sous-préfecture qui est à 85 kilomètres de Siguiri centre, ou bien que ça soit à Norassoba ou bien à Siguirini. Vous allez pour faire une liste du RPG Arc-en-ciel, vous allez avoir dedans combien ? Parce qu’il faut au moins sur 30 candidats vous allez avoir une liste de 15 femmes et 15 hommes. C’est très difficile parmi les acteurs que vous trouviez 15 femmes. Voilà pourquoi j’ai voté contre ça…

Nous savons quelle est la réalité sur le terrain, sans être contre l’évolution du genre, nous sommes pour l’efficacité. Cette efficacité-là, on peut la trouver chez les hommes comme chez les femmes. Je sais que, par exemple, rien qu’à l’Assemblée nationale, vous avez des femmes valables beaucoup plus que des hommes députés. Vous avez Zalikatou Diallo qui est là et beaucoup d’autres femmes qui sont supérieures à plusieurs députés hommes…

Mais, il faudrait qu’on aille pas-à-pas, qu’on accorde plus d’importance à l’efficacité et à la tâche, plutôt que d’essayer bêtement de dire qu’il faut telle quantité d’hommes, telle quantité de femmes. C’est-à-dire que cela n’engage pas un seul genre. Mais, il y a des milieux où vous trouvez des femmes qui sont plus efficaces que des hommes. Dans ce cas, si on compte sur l’efficacité on va prendre rien que des femmes et ils seront complétés par quelques hommes qui sont combatifs. C’est ça le problème. Ce n’est pas un problème politique, c’est un problème de société.

Avant, on nous demandait, je crois, ça se trouve dans les institutions internationales, qu’il fallait 30% de femmes à chaque liste. Ce n’était pas la liste nationale, on n’a pas pu avoir ces 30%, pourquoi ? Parce la réalité marche contre…».

Propos recueillis par Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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Parlement : les députés de l’UFDG décident de siéger !

4 avril 2019 à 12 12 54 04544

On vous annonçait précédemment qu’une réunion des hauts responsables de l’UFDG était en cours ce matin au quartier général du parti, à Hamdallaye CBG, autour de la question de siéger ou pas au Parlement. A l’issue de cette rencontre, les responsables du principal parti d’opposition du pays ont annoncé que leurs députés vont siéger, malgré l’expiration de leur mandat, a constaté un reporter de Guineemati.com qui était sur place.

Plus aucun doute désormais. Tous les députés de cette législature, à l’exception de Dr Ousmane Kaba, le président du PADES, vont continuer l’aventure à l’Assemblée nationale. Après le RPG Arc-en-ciel et l’UFR qui ont tous des groupes parlementaires, l’UFDG aussi décide d’accepter la prorogation du mandat des députés. Un mandat qui est arrivé à expiration le 14 février 2019 et qui a été prorogé par un décret du président Alpha Condé.

Le principal parti d’opposition du pays a annoncé sa décision dans une déclaration lue devant les médias, au sortir de sa réunion qui intervient à la veille de la rentrée parlementaire, prévue demain, vendredi 05 avril 2019. Le parti de Cellou Dalein invoque plusieurs raisons pour justifier cette décision.

Nous vous livrerons dans quelques instants, l’intégralité de la déclaration du parti, dirigé par Cellou Dalein Diallo.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Les députés de l’UFDG vont-ils siéger au Parlement ? Réponse ce jeudi

4 avril 2019 à 12 12 27 04274

Après trois mois de vacances parlementaires, les députés sont invités à reprendre le chemin de l’hémicycle demain, vendredi 05 avril 2019. Un communiqué signé du Président de l’Assemblée nationale, informe les acteurs concernés et l’opinion nationale de l’ouverture de la 1ère session ordinaire de l’année, dite session des Lois.

Seulement, on ne sait pas encore si tous les députés de cette législature dont le mandat a expiré le 14 février 2019, puis prorogé par un décret du président de la République, prendront part à cette session. L’UFDG n’a toujours pas donné sa position sur la question mais cela ne devrait plus tarder, a appris Guineematin.com, à travers un de ses journalistes.

Si au niveau du groupe de la majorité parlementaire, les assurances sont fermes sur le retour de ses membres, tout comme au niveau du groupe parlementaire alliance républicaine, dominé par les députés de l’UFR, à l’UFDG, les débats perdurent et le suspense continue.

Mais, le principal parti d’opposition du pays devrait clarifier sa position sur la question dans les heures qui suivent. Selon nos informations, un conseil politique du parti se tient en ce moment même sous la présidence du leader de l’UFDG, l’Honorable Elhadj Cellou Dalein Diallo. Au terme de la rencontre, une déclaration prévue cet après-midi, va sanctionner les débats sur la question du retour ou non à l’Assemblée nationale des députés du groupe libéral-démocrate.

Mais déjà, de sources concordantes et proches de la direction du premier parti d’opposition en Guinée, indiquent que ces élus seront bel et bien au parlement pour continuer à défendre leurs charges.

Côté Parlement, plusieurs textes de projets et de propositions de loi sont annoncés. Même si pour l’heure, il n’y a que le Code civil révisé ramené pour une deuxième lecture, les amendements sur le statut du chef de file de l’opposition ou encore le texte sur le financement des partis politiques qui sont publiquement annoncés.

Pour la cérémonie d’ouverture, prévue le vendredi 5 avril à 10 heures au Palais du peuple, siège de l’Assemblée nationale, présidents des institutions, membres du gouvernement et du cabinet présidentiel, représentants du corps diplomatique et consulaire, responsables des forces de défense et de sécurité, le gouverneur et les maires de la capitale tout comme les Chefs religieux et des représentants de la société civile sont attendus à l’hémicycle.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com
Tél : 628 08 98 45

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Le ministre Keïra sur les tueries de manifestants : « ceux qui ont tué les jeunes sont des voyous »

8 décembre 2018 à 9 09 06 120612

Comme annoncé dans nos précédentes publications, le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, Alpha Ibrahima Keïra, était hier vendredi, 07 décembre 2018, face aux députés pour défendre le budget 2019 de son département et demander son approbation par les parlementaires. Et à cette occasion, le ministre a dû s’expliquer sur les tueries de 103 jeunes enregistrées lors des manifestations de l’opposition à Conakry.

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Lansana Komara sur la grève des enseignants : « nous allons venir à bout de cette grève »

7 décembre 2018 à 19 07 11 121112

Le ministre de l’enseignement technique, de la formation professionnelle, de l’emploi et du travail, est l’un des trois ministres à être passés hier jeudi, 06 décembre 2018 devant l’Assemblée nationale pour défendre leurs budgets sectoriels. Une première pour Lansana Komara qui n’a pas manqué de souligner la baisse du budget prévisionnel de son département par rapport à l’année passée.

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Parlement : Cheick Sacko et Bouréma Condé sur la défensive

5 décembre 2018 à 10 10 01 120112

Comme annoncé précédemment, le passage des membres du gouvernement devant l’Assemblée nationale, dans le cadre de la session budgétaire, a démarré hier, mardi, 04 décembre 2018. Pour cette première journée, ce sont les ministres de la Justice, maître Cheick Sacko et le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Bouréma Condé, qui ont été entendus par les députés.

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