Loi contre la polygamie : « C’est honteux et dangereux pour la Guinée », dixit l’Imam de Boké

14 mai 2019 à 6 06 44 05445
Alhassane Sampou, imam de Boké

Depuis l’adoption par les députés de la République de Guinée de la loi favorisant la monogamie, des réactions fusent de partout. Des acteurs politiques, de la société civile et surtout les religieux qui estiment que cette loi est très dangereuse pour la population.

Dans une interview qu’il a accordée à Guineematin.com dans l’après-midi du dimanche dernier, 12 mai 2019, dans la mosquée de Yomboya, commune urbaine de Boké où il dirige la prière, l’Imam Alhassane Sampou s’est exprimé sur le sujet. Le chef religieux a dénoncé l’attitude des députés guinéens qui, selon lui, au lieu d’apporter des solutions aux multiples problèmes socio-économiques du pays, falsifient les principes de l’islam en vigueur depuis des années.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité de la réaction de l’imam.

« Voter une loi qui dit que si l’homme veut se marier à une seconde épouse il faut que la première donne son consentement, c’est donner un pouvoir aux femmes sur les hommes que Dieu ne leur a pas donné. La femme que tu as épousée et amenée chez toi te dit que tu ne peux pas épouser une autre telle que tu as fait pour elle, c’est faire du tort aux filles qui veulent aussi être mariées. Ce que nous leur disons, ils ont voté une mauvaise loi pour nous qui est contraire aux principes de l’islam et qui engendreront des lourdes conséquences dans les familles. Si chaque homme épouse 3 à 4 femmes, il restera encore des femmes célibataires mais en nombre réduit. Or, on nous impose une seule, c’est très grave puisque la rue sera pleine de débauche.

La loi qui vient d’être votée-là ne nous ressemble pas du tout. Il n’y a aucun député à l’Assemblée nationale qui n’est pas élu par le peuple. Ils sont là-bas pour parler au nom du peuple. Donc, s’ils sont vraiment conscients d’être élus par le peuple, ils devaient aller devant ce dernier demander son avis sur toutes questions qui lui concernent. Chacun va donner son opinion et eux à leur tour vont tirer la synthèse. Mais, s’asseoir seulement dans leurs bureaux climatisés et décider des lois inadmissibles sur nous ? Et puis, ces députés ne viennent devant le peuple que lorsqu’ils ont besoin de leur électorat ; sinon, il y a certains d’entre eux depuis leur élection ils sont invisibles. Ils ne servent rien à ceux qu’ils représentent. Même leurs véhicules, ils mettent en vitres fumées pour ne pas se faire reconnaître dans la circulation, c’est pour vous dire que la population ne s’abrite point de leur ombre. Cette loi n’est pas du tout guinéenne, elle est importée d’ailleurs.

Si la monogamie demeure en Guinée telle que voulu par ces députés, nous courons le risque d’une grave malédiction de Dieu ; car, lorsque les femmes célibataires sont beaucoup plus nombreuses que celles qui sont dans des foyers, c’est la débauche qui galopera. Le créateur se fâchera et s’Il se fâche, il abattra des malheurs sur la population. Ainsi, ces députés en seront responsables. Ces genres de lois sont sciemment importées des occidentaux (Al Yahoud et Anna char) pour affaiblir l’islam dans notre pays. Tout le combat de ces gens-là, c’est comment réduire le nombre de musulmans. Mais, si vous voyez des pareilles lois anti-islamiques dans un pays à 95% de musulmans, c’est le pouvoir en place, dans ses ambitions démesurées de se maintenir au trône, qui agit selon ce que les occidentaux leur dictent ; puisque ce sont ces derniers qui font leur affaire. Cette loi n’est pas votée en faveur du peuple mais contre lui. Mais, qu’ils (les députés, ndlr) sachent que Dieu a dit dans le Saint Coran, dans la sourate 5 (Al-Maidah), « toute personne qui invente une règle qui n’est pas dans la charia islamique, c’est un mécréant, un égaré. Et, la demeure d’un mécréant, c’est l’enfer ». Le peuple (surtout les religieux) devrait se lever pour montrer aux députés qui ont voté cette loi que c’est lui qui les a envoyés à l’hémicycle pour parler en son nom. Sinon, si nous laissons maintenir cette fameuse loi, quelle sera la place de l’islam, où seront les musulmans ?

Le conseil que je pourrai donc donner à nos dirigeants, c’est d’avoir peur de Dieu, avoir peur des péchés de ceux qui les ont élus. Que l’argent ou la volonté de satisfaire autrui ne les conduit à l’égarement. Qu’ils n’oublient pas que Dieu les jugera du pouvoir qu’il leur a confié. C’est honteux et dangereux qu’on apprenne qu’une telle loi a été adoptée en Guinée.

De Boké, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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Monogamie en Guinée : « le président ne doit pas promulguer cette Loi ! Les députés ont commis une grave faute…»

13 mai 2019 à 18 06 48 05485
Elhadj Abdourahamane Diallo

« Cette Loi va augmenter le nombre de filles non mariées, mais aussi elle va augmenter les divorces dans les couples. Vous savez vous-mêmes qu’aucune femme au monde n’autoriserait son mari à épouser une deuxième femme… Je vois certaines femmes qui se frottent les mains aujourd’hui en disant :  »oui, je serai la seule chez mon mari ». Non, c’est une erreur ! Le mari peut mourir, qui va l’épouser après ? Ou bien, elle a des filles, qui lui donne la garantie que c’est une de ses filles qui sera la première chez son mari ? Qui lui donne la garantie que chacune de ses filles aura un mari ? »

L’article 281 du nouveau code civil guinéen continue de faire couler encre et salive en Guinée. Cet article qui interdit à un homme d’épouser une deuxième femme sans le consentement de sa première épouse suscite une vive polémique entre partisans et opposants de la polygamie. Interrogé par Guineematin.com sur la question, Elhadj Abdourahamane Diallo, un citoyen polygame, a regretté la décision des députés qui ont adopté le texte avant de mettre en garde contre les conséquences négatives que pourrait entraîner cette loi.

Décryptage !

Guineematin.com : contrairement au texte adopté en décembre dernier, le nouveau code civil guinéen, voté la semaine dernière par l’Assemblée nationale, ne consacre plus la polygamie en Guinée. Désormais, celle-ci est une exception : il faut l’accord de la première épouse d’un homme marié pour que ce dernier puisse épouser une autre femme. Que pensez-vous de cette loi ?

Elhadj Abdourahamane Diallo

Elhadj Abdourahamane Diallo : je vois ça comme une erreur de la part des députés qui ont voté cette loi. Je remercie ceux qui se sont opposés à l’adoption de cette loi. Je le dis encore, c’est une grosse erreur commise par les députés. Ils étaient l’espoir du peuple mais ils sont allés décevoir ce peuple qui a eu confiance en eux et qui a voté pour eux. La polygamie est une chose prônée par l’islam. Avec le nombre de femmes non mariées qu’il y a en Guinée actuellement, les députés auraient dû voter une loi qui permettrait d’encourager la polygamie, pour permettre à chaque homme d’avoir deux, trois ou quatre femmes et non le contraire.

Les députés qui ont voté cette loi vont le regretter, mais pas aujourd’hui. Leur attitude est semblable à celui qui s’enferme dans une case, met le feu dedans et jette les clefs dehors. Ça veut dire qu’ils subiront les conséquences de leur acte.

Guineematin.com : pour vous, quelles conséquences cette loi pourrait avoir sur la société ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : les conséquences seront énormes : non seulement elle va augmenter le nombre de filles non mariées, mais aussi elle va augmenter les divorces dans les couples. Vous savez vous-mêmes qu’aucune femme au monde n’autoriserait son mari à épouser une deuxième femme. Et avec ça, une femme qui refuse que son mari épouse une seconde femme, le mari peut lui dire d’aller chez ses parents afin qu’il épouse une autre.

Donc, cette loi va obligatoirement encourager les divorces dans notre pays. Les inconvénients de cette loi sont plus que les avantages. Je vois certaines femmes qui se frottent les mains aujourd’hui en disant :  »oui, je serai la seule chez mon mari ». Non, c’est une erreur ! Le mari peut mourir, qui va l’épouser après ? Ou bien, elle a des filles, qui lui donne la garantie que c’est une de ses filles qui sera la première chez son mari ? Qui lui donne la garantie que chacune de ses filles aura un mari ?

Guineematin.com : vous vous avez trois femmes. Habituellement, comment faites-vous quand vous voulez épouser une autre femme ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : oui, j’ai trois femmes. Quand je voulais épouser la deuxième, j’ai informé la première. Et, j’en ai fait de même lorsque je voulais épouser la troisième. Mais, je n’ai pas demandé leur avis encore moins leur autorisation, j’ai juste informé parce que c’est ce qui se doit. C’est l’information qu’il faut, ce n’est pas l’avis. C’est l’homme qui est le maître de la famille.

Guineematin.com : avec cette nouvelle loi qui devrait certainement entrer très bientôt en vigueur, s’il vous devez épouser une autre femme, allez-vous demander l’autorisation de vos autres femmes ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : c’est quelque chose qui est très difficile chez les femmes. Il est très difficile pour une femme de dire à son mari d’épouser une autre, c’est quelque chose qui n’est possible que pour les députés qui ont voté cette loi. En ce qui me concerne, quand je veux épouser une femme, je ne vais jamais demander la permission. Je vais seulement les réunir et leur dire que je veux d’une quatrième femme. Je sais qu’elles ne vont pas le refuser (rires). Parce qu’elles-mêmes ont pitié des femmes qui ne sont pas mariées et qui sont dans les familles. Mes épouses sont toutes favorables à la polygamie. Je vis avec elles, elles sont trois, mais il n’y a aucun problème.

Guineematin.com : pour que cette loi entre en vigueur, il faudra qu’elle soit promulguée par le président de la République. Lui-même qui avait refusé de promulguer le premier texte adopté en décembre dernier et qui légalisait la polygamie. Avez-vous un message pour le chef de l’Etat à ce sujet ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : je ne crois pas que le président soit contre la polygamie puisque lui-même est polygame. Je lui demande de revoir ça. Toute personne qui est contre la polygamie, je vois cela comme une erreur de sa part. Je voudrais lancer un message au chef de l’Etat pour lui dire de revoir ça.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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L’imam de Kipé maudit les députés qui ont voté la loi contre la polygamie : « ils iront tous en enfer ! »

10 mai 2019 à 18 06 38 05385
Elhadj Mohamed Aly Soumah, imam ratib de la grande mosquée de Kipé

Des voies se font de plus en plus entendre suite l’adoption hier jeudi, 09 mai 2019 par l’Assemblée nationale guinéenne, du nouveau code civil interdisant à un homme d’épouser une deuxième femme sans le consentement de sa première épouse. Elhadj Mohamed Aly Soumah, le premier imam de la grande mosquée de Kipé, s’est prononcé sur le sujet au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce vendredi.

Le leader religieux s’insurge contre le texte qui va à l’encontre des principes de l’islam et estime que les députés qui l’ont voté iront tous en enfer.

Décryptage !

Guineematin.com : le nouveau code civil qui a été adopté hier par l’Assemblée nationale, en son article 281, interdit désormais à un homme marié d’épouser une autre femme sans le consentement de sa première femme. Autrement dit, si les femmes ne l’acceptent pas, la polygamie n’est désormais plus possible. En tant que leader religieux musulman, quelle est votre position sur la question ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : je suis très content que vous me donniez l’opportunité de m’exprimer sur ce sujet. Moi, je considère la loi de Dieu, le créateur, le vrai chef. Et, toute personne qui contredit ce que Dieu a dit, parce qu’il t’a mis au monde, il a fait de toi un intellectuel, toi tu dis que tu vas falsifier ce que Dieu a dit, un jour tu vas rencontrer Dieu. Parce qu’avant de dire quelque chose, il faut beaucoup réfléchir et se dire avant que je dise ça, qu’est-ce qui va se passer après. Dieu a dit qu’il faut marier une femme que vous aimez. Il dit qu’il faut vous marier à une, deux, trois ou quatre femme.

Mais, la seule condition qu’il a donnée, c’est d’être juste avec elles. Si vous pouvez être juste avec elles, vous avez la possibilité d’épouser jusqu’à 4 femmes. Et même la justesse dont on parle ne concerne pas l’amour que vous pouvez ressentir pour chacune d’elle. Parce que tout le monde sait qu’on ne peut pas aimer deux choses de la même manière. La justesse, c’est dans le partage. Ce que tu donnes à Mamata, il faut le donner Makhissa, il faut être juste dans le partage entre elles.

Et, je précise que dans le coran, Dieu a commencé par deux femmes, après trois, après quatre. Il a conclu en disant que si tu sais que tu ne peux pas les nourrir toutes ces femmes et être juste avec elles, il faut prendre une seule. Régulièrement, nous voyons des femmes qui viennent à la mosquée pour nous demander de prier pour leurs filles afin qu’elles aient un mari. Maintenant si par la grâce de Dieu, un homme décide d’épouser une fille et quelqu’un vient lui dire qu’il ne peut pas l’épouser parce qu’il est marié à une autre, vous voyez ce que ça fait.

Quand on dit qu’il faut le consentement préalable de la première femme, est-ce qu’on peut imaginer qu’un homme demande à sa femme s’il peut épouser une autre femme et qu’elle lui donne son accord ? Je pense qu’ils veulent bafouer l’islam, ils veulent bafouer la religion. Avec cette loi, beaucoup de femmes risquent de rester en Guinée sans mari. Parce que si la femme refuse que son mari épouse une seconde femme, il peut l’abandonner pour prendre une autre. D’ailleurs, tous ceux qui ont parlé de ça en disant que le monsieur qui veut épouser une seconde femme doit prendre la permission de sa première femme iront en enfer. C’est moi qui le dis, ils iront tous en enfer !

Tous ceux qui ont voté cette loi-là, ils n’ont pas demandé l’avis des religieux, ils veulent mettre le pays en retard. Sinon, s’il y a une question pareille qui se pose, il faut demander aux religieux, il ne faut pas voter comme ça parce que ce sont les populations qui ont voté pour vous. Moi je n’ai jamais vu où quelqu’un demande la permission à sa première femme pour épouser une autre et qu’elle l’accepte. Elle va refuser. Alors, le mari peut dire c’est moi qui t’ai épousée, je ne veux plus de toi maintenant.

Guineematin.com : concrètement, quelles conséquences cette loi pourrait avoir dans la société ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : cette loi va créer des troubles dans les foyers. Il y aura toujours des bagarres dans les foyers. Par exemple, moi j’ai trois femmes, mais moi quand je veux marier une autre femme, c’est moi qui le dis à ma femme. Je ne dis pas à une autre personne d’informer ma femme parce qu’en le faisant, je vais montrer que ma femme ne me respecte pas. Je n’informe pas ma femme pour qu’elle dise oui non, je lui dis par respect, pour l’informer. Je fais en sorte même qu’elles ne soient pas dans la même concession. Maintiennent quand la loi là dit qu’il faut qu’elle dise oui, si elle ne dit pas oui, on ne célèbre pas le mariage, je n’ai jamais vu ça quelque part.

Qu’est-ce que les intellectuels guinéens font ? Dieu a dit de ne pas faire l’adultère, mais en refusant à un homme d’épouser une seconde femme qu’il aime et qui l’aime, il risque de faire l’adultère. Parce que si sa première femme refuse qu’il l’épouse, il peut décider d’avoir une relation hors mariage avec elle. Parce que quand deux personnes s’aiment et qu’on refuse qu’ils se marient, ils peuvent se cacher pour se voir. Ce n’est pas bon. Cette loi va aussi empêcher beaucoup de femmes d’avoir des maris et elle pourrait être à la base des divorces entre les couples.

Guineematin.com : pour que cette loi entre en vigueur, le président de la République doit la promulguer. Aujourd’hui quel message vous avez à l’endroit du Chef de l’Etat ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : moi, ce que je vais dire au Chef de l’Etat, c’est qu’il est le papa de tout le monde. Il sait qu’il y a des imams, il sait qu’il y a le secrétariat des affaires religieuses, il devrait les consulter, leur demander qu’est-ce qu’il faut ? Eux, ils savent. Ceux qui votent les lois, personne d’entre eux ne peut vous dire que son papa a épousé qu’une seule femme. Pourquoi les gens ne sont pas d’accord ? Parce que tout le monde regarde le matériel. Sinon, depuis toujours, un homme peut marier jusqu’à quatre femmes. Dans certaines concessions, tu verras deux femmes mariées à un seul homme se partager une seule chambre. Mais avec ça, elles aident leur mari et l’assistent.

Le Chef de l’Etat, on va lui dire qu’avant qu’il n’approuve quelque chose, qu’il demande aux religieux, aux musulmans, surtout les musulmans. Parce que le problème là concerne surtout les musulmans. Il ne faut pas qu’il approuve une loi aujourd’hui et demain tout le monde se lève pour dire que loi là, il faut qu’on l’annule encore. Parce que tu peux prendre une femme et qu’elle fasse 10 ans sans faire d’enfant. Elle ne peut pas dire que tu ne peux pas prendre une deuxième.

Tu peux épouser une femme et que tes parents disent qu’ils ne l’aiment pas. Mais, puisque tu l’as déjà épousée, ils disent alors qu’ils vont épouser une seconde femme pour toi, celle qu’eux ils voulaient pour toi. Ça existe dans notre société. Donc, le président n’a qu’à regarder tout ça avant de signer ce qui a été voté à l’Assemblée nationale, je veux parler du code civil.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Loi contre la polygamie : « ce n’est pas bon qu’on dise qu’il faut que la première accepte »

10 mai 2019 à 18 06 22 05225
Oustaz Mohamed Ramadan Bah, islamologue et imam à Koloma

Le code civil révisé a été adopté par l’assemblée nationale hier jeudi, 09 avril 2019. Mais, l’article 281 de cette loi qui interdit la polygamie, sous réserve de l’accord de la première épouse, continue de susciter des réactions dans la cité. Nombre de compatriotes dénoncent une loi qui ne tient pas en compte les réalités socioculturelles guinéennes.

Pour Oustaz Mohamed Ramadan Bah, imam à Koloma, cet article du code civil est contraire aux principes de l’Islam. Il l’a dit dans une interview accordée à Guineematin.com dans la matinée de ce vendredi 10 mai 2019.

Décryptage !

Guineematin.com : les députés guinéens ont voté le code civil révisé, ramené en seconde lecture. Dans ce code civil, ce qui frappe le plus est que désormais la polygamie n’est autorisée qu’avec l’accord de la première épouse. Vous qui êtes un leader religieux musulman quel est votre réaction par rapport à cela ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : en ce qui concerne le mariage ou la polygamie, l’islam ne refuse pas que celui qui veut une seconde femme informe la première et discute même avec elle sur le mariage de la seconde. Mais, cela ne veut pas dire que s’il y a refus de la première, que le mariage ne peut pas avoir lieu. Donc ça, c’est la position de l’islam. Vous savez, en islam, on ne cache rien. Il n’y a pas de tricherie. Donc, celui qui veut se remarier, peut en tous cas discuter avec sa femme. Il y a certains même, qui avec leur première femme, choisissent ensemble la seconde femme. Donc ça, c’est une très bonne chose. Mais seulement, on ne peut pas dire qu’il faut forcement que la première femme accepte que son mari épouse une deuxième femme avant que ce dernier épouse sa deuxième femme.

Guineematin.com : justement, c’est ce que dit cette loi là. Est-ce que vous pensez qu’elle va à l’encontre des lois islamiques ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : je ne dirai pas que ça va à l’encontre des lois islamiques, mais en tout cas, je vous ai dit la position de l’islam. L’islam accepte que le mari informe sa seconde épouse, de discuter avec elle, puisque c’est une autre femme qui va rejoindre la première. Donc, il faudrait que cela se passe dans l’entente, il faudrait que cela se passe dans l’amabilité.

Guineematin.com : est-ce que vous pensez que c’est une mauvaise loi qui a été votée par les députés guinéens ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : je ne dirai pas que c’est une mauvaise loi qui a été votée, mais en ce qui concerne l’islam, c’est ce que je viens de vous dire. La loi islamique et nos lois, souvent il y a contradiction. Nous savons que quand il y a contradiction, et nous savons que c’est nous les humains qui faisons les lois, nous devons faire beaucoup attention pour ne pas qu’il y ait incident entre les deux lois.

Guineematin.com : qu’est-ce que vous conseillez aux fidèles musulmans face à cette situation ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : ce que je conseille aux musulmans, c’est d’être patient, puisque c’est une loi qui a été votée. Vous savez, il y a beaucoup de lois qui ne sont pas conformes aux lois islamiques. Mais, puisque dans le pays où nous vivons, ce sont des lois qui ont été votées, qu’il y a des contradictions, ou quand il n’y a pas d’équilibre ou quand il n’y a pas d’entente entre les lois, ce que la religion dit, c’est de suivre la loi divine.

Guineematin.com : à vous écouter, on comprend que cette de loi va à l’encontre des principes religieux. Et, pour que le code civil entre en vigueur, il faut que le président de la République le promulgue. Vous, en que leader religieux, quel message avez-vous à l’endroit du président Alpha Condé dans ce sens ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : concernant cette loi, je demande au président de revoir. J’aurais voulu qu’il dise que le mari informe sa première femme et qu’il discute avec elle avant de se remarier. Mais, ce n’est pas bon qu’on dise qu’il faut forcement que la première accepte. Sinon, cela va empêcher beaucoup de mariages. Donc moi, c’est ce que j’aurais voulu.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Parité : après avoir voté CONTRE, l’Hon. N’Fa Condé dénonce une loi utopique

5 mai 2019 à 10 10 06 05065
Mamadou N’fa Condé, député liste nationale du RPG arc-en-ciel, originaire de Siguiri

Alors qu’ils ont été incapables de faire respecter à leurs partis politiques respectifs le quota de 30 pour cent pour les femmes, les députés guinéens ont voté une loi qui les oblige d’être à parité entre les hommes et les femmes. Votée le jeudi dernier, 02 mai 2019, si elle est promulguée, cette loi est censée s’appliquer sur l’ensemble des postes électifs et semi électifs…

Mais, le député Mamadou N’fah Condé, élu sur la liste nationale du RPG arc-en-ciel à Siguiri est l’un des rares à avoir voté non contre cette loi qu’il a trouvé plutôt utopique…

Interrogé par Guineematin.com, l’honorable Condé a expliqué les raisons d’une telle prise de position. « J’ai été poussé par ma conscience. C’est-à-dire, j’ai vu que si on vote, ça deviendra une loi. Et qu’est-ce que ça veut dire, une loi ? Ça veut dire une obligation dans l’application par l’ensemble des acteurs, que ça soit dans la capitale ou bien en brousse. Je suis un député élu de la circonscription de Siguiri ; donc, presque en brousse. Je sais quelle difficulté il y a. On dit déjà qu’il faut aligner alternativement un candidat sur une liste élective : candidate-femme et candidat-homme, vice-versa jusqu’à la fin. C’est-à-dire, s’il y a 30 candidats sur une liste de 30 personnes, il faudrait qu’il y ait moitié hommes, moitié femmes. Donc, c’est ce qu’on appelle le genre, venir en aide au genre.

Bon, je vois que ça va créer d’énormes difficultés à la base. Imaginez-vous un coin comme Nabou, une sous-préfecture qui est à 85 kilomètres de Siguiri centre, ou bien que ça soit à Norassoba ou bien à Siguirini. Vous allez pour faire une liste du RPG Arc-en-ciel, vous allez avoir dedans combien ? Parce qu’il faut au moins sur 30 candidats vous allez avoir une liste de 15 femmes et 15 hommes. C’est très difficile parmi les acteurs que vous trouviez 15 femmes. Voilà pourquoi j’ai voté contre ça…

Nous savons quelle est la réalité sur le terrain, sans être contre l’évolution du genre, nous sommes pour l’efficacité. Cette efficacité-là, on peut la trouver chez les hommes comme chez les femmes. Je sais que, par exemple, rien qu’à l’Assemblée nationale, vous avez des femmes valables beaucoup plus que des hommes députés. Vous avez Zalikatou Diallo qui est là et beaucoup d’autres femmes qui sont supérieures à plusieurs députés hommes…

Mais, il faudrait qu’on aille pas-à-pas, qu’on accorde plus d’importance à l’efficacité et à la tâche, plutôt que d’essayer bêtement de dire qu’il faut telle quantité d’hommes, telle quantité de femmes. C’est-à-dire que cela n’engage pas un seul genre. Mais, il y a des milieux où vous trouvez des femmes qui sont plus efficaces que des hommes. Dans ce cas, si on compte sur l’efficacité on va prendre rien que des femmes et ils seront complétés par quelques hommes qui sont combatifs. C’est ça le problème. Ce n’est pas un problème politique, c’est un problème de société.

Avant, on nous demandait, je crois, ça se trouve dans les institutions internationales, qu’il fallait 30% de femmes à chaque liste. Ce n’était pas la liste nationale, on n’a pas pu avoir ces 30%, pourquoi ? Parce la réalité marche contre…».

Propos recueillis par Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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Parlement : les députés de l’UFDG décident de siéger !

4 avril 2019 à 12 12 54 04544

On vous annonçait précédemment qu’une réunion des hauts responsables de l’UFDG était en cours ce matin au quartier général du parti, à Hamdallaye CBG, autour de la question de siéger ou pas au Parlement. A l’issue de cette rencontre, les responsables du principal parti d’opposition du pays ont annoncé que leurs députés vont siéger, malgré l’expiration de leur mandat, a constaté un reporter de Guineemati.com qui était sur place.

Plus aucun doute désormais. Tous les députés de cette législature, à l’exception de Dr Ousmane Kaba, le président du PADES, vont continuer l’aventure à l’Assemblée nationale. Après le RPG Arc-en-ciel et l’UFR qui ont tous des groupes parlementaires, l’UFDG aussi décide d’accepter la prorogation du mandat des députés. Un mandat qui est arrivé à expiration le 14 février 2019 et qui a été prorogé par un décret du président Alpha Condé.

Le principal parti d’opposition du pays a annoncé sa décision dans une déclaration lue devant les médias, au sortir de sa réunion qui intervient à la veille de la rentrée parlementaire, prévue demain, vendredi 05 avril 2019. Le parti de Cellou Dalein invoque plusieurs raisons pour justifier cette décision.

Nous vous livrerons dans quelques instants, l’intégralité de la déclaration du parti, dirigé par Cellou Dalein Diallo.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Les députés de l’UFDG vont-ils siéger au Parlement ? Réponse ce jeudi

4 avril 2019 à 12 12 27 04274

Après trois mois de vacances parlementaires, les députés sont invités à reprendre le chemin de l’hémicycle demain, vendredi 05 avril 2019. Un communiqué signé du Président de l’Assemblée nationale, informe les acteurs concernés et l’opinion nationale de l’ouverture de la 1ère session ordinaire de l’année, dite session des Lois.

Seulement, on ne sait pas encore si tous les députés de cette législature dont le mandat a expiré le 14 février 2019, puis prorogé par un décret du président de la République, prendront part à cette session. L’UFDG n’a toujours pas donné sa position sur la question mais cela ne devrait plus tarder, a appris Guineematin.com, à travers un de ses journalistes.

Si au niveau du groupe de la majorité parlementaire, les assurances sont fermes sur le retour de ses membres, tout comme au niveau du groupe parlementaire alliance républicaine, dominé par les députés de l’UFR, à l’UFDG, les débats perdurent et le suspense continue.

Mais, le principal parti d’opposition du pays devrait clarifier sa position sur la question dans les heures qui suivent. Selon nos informations, un conseil politique du parti se tient en ce moment même sous la présidence du leader de l’UFDG, l’Honorable Elhadj Cellou Dalein Diallo. Au terme de la rencontre, une déclaration prévue cet après-midi, va sanctionner les débats sur la question du retour ou non à l’Assemblée nationale des députés du groupe libéral-démocrate.

Mais déjà, de sources concordantes et proches de la direction du premier parti d’opposition en Guinée, indiquent que ces élus seront bel et bien au parlement pour continuer à défendre leurs charges.

Côté Parlement, plusieurs textes de projets et de propositions de loi sont annoncés. Même si pour l’heure, il n’y a que le Code civil révisé ramené pour une deuxième lecture, les amendements sur le statut du chef de file de l’opposition ou encore le texte sur le financement des partis politiques qui sont publiquement annoncés.

Pour la cérémonie d’ouverture, prévue le vendredi 5 avril à 10 heures au Palais du peuple, siège de l’Assemblée nationale, présidents des institutions, membres du gouvernement et du cabinet présidentiel, représentants du corps diplomatique et consulaire, responsables des forces de défense et de sécurité, le gouverneur et les maires de la capitale tout comme les Chefs religieux et des représentants de la société civile sont attendus à l’hémicycle.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com
Tél : 628 08 98 45

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Le ministre Keïra sur les tueries de manifestants : « ceux qui ont tué les jeunes sont des voyous »

8 décembre 2018 à 9 09 06 120612

Comme annoncé dans nos précédentes publications, le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, Alpha Ibrahima Keïra, était hier vendredi, 07 décembre 2018, face aux députés pour défendre le budget 2019 de son département et demander son approbation par les parlementaires. Et à cette occasion, le ministre a dû s’expliquer sur les tueries de 103 jeunes enregistrées lors des manifestations de l’opposition à Conakry.

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Lansana Komara sur la grève des enseignants : « nous allons venir à bout de cette grève »

7 décembre 2018 à 19 07 11 121112

Le ministre de l’enseignement technique, de la formation professionnelle, de l’emploi et du travail, est l’un des trois ministres à être passés hier jeudi, 06 décembre 2018 devant l’Assemblée nationale pour défendre leurs budgets sectoriels. Une première pour Lansana Komara qui n’a pas manqué de souligner la baisse du budget prévisionnel de son département par rapport à l’année passée.

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Parlement : Cheick Sacko et Bouréma Condé sur la défensive

5 décembre 2018 à 10 10 01 120112

Comme annoncé précédemment, le passage des membres du gouvernement devant l’Assemblée nationale, dans le cadre de la session budgétaire, a démarré hier, mardi, 04 décembre 2018. Pour cette première journée, ce sont les ministres de la Justice, maître Cheick Sacko et le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Bouréma Condé, qui ont été entendus par les députés.

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Des questions « honorables » à l’imam à quelques heures de la prière

9 décembre 2017 à 11 11 41 124112

Après son discours à l’Assemblée nationale hier, vendredi 08 décembre 2017, le Secrétaire général des Affaires religieuses, Elhadj Aly Jamal Bangoura a repris sa place pour écouter à son tour les questions des députés, nombreux à charmer l’imam. Sans pourvoir répondre à la moindre d’entre elles, Elhadj Bangoura sera autorisé à se retirer de l’hémicycle afin d’aller officier la prière de vendre quelque part dans la commune de Kaloum.

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Parlement : les réponses des ministres de l’Action sociale, de la Ville et de l’Elevage aux députés

7 décembre 2017 à 9 09 31 123112

Comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches, la session budgétaire 2017, ouverte le 05 octobre dernier et consacrée à l’examen et l’adoption du projet de Loi de Finances initiale 2018 se poursuit à l’Assemblée nationale avec la présentation des politiques sectorielle des ministres. Hier, mercredi 06 décembre 2017, les élus du peuple ont reçu respectivement les ministres de l’Action sociale, de la promotion féminine et de l’Enfance, Madame Diaby Hadja Mariam Ciré Sylla ; de l’Aménagement du territoire et de la Ville, Dr. Ibrahima Kourouma ; et, de l’Elevage et de la production animale, Mohamed Tall.

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Parlement : les questions des députés aux ministres de la Ville, de l’Action sociale et de l’Elevage

7 décembre 2017 à 9 09 20 122012

Ouverte le 05 octobre dernier, la session budgétaire 2017, consacrée à l’examen et l’adoption du projet de Loi de Finances initiale 2018 se poursuit à l’Assemblée nationale avec la présentation des politiques sectorielle des ministres. Hier, mercredi 06 décembre 2017, les élus du peuple ont reçu respectivement les ministres de l’Action sociale, de la promotion féminine et de l’Enfance, Madame Diaby Hadja Mariam Ciré Sylla ; de l’Aménagement du territoire et de la Ville, Dr. Ibrahima Kourouma ; et, de l’Elevage et de la production animale, Mohamed Tall.

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Le projet de budget 2018 à l’Assemblée nationale : une prévision de plus de 20 mille milliards…

31 octobre 2017 à 7 07 57 105710

Le projet de loi de finances initiale 2018 est arrivé à l’Assemblée nationale hier, lundi 30 octobre 2017. Selon les prévisions, les recettes pour l’année 2018 porteront sur 17 mille 676 milliards contre une fourchette de dépenses s’élevant à deux (2) mille 220 milliards 298 millions 684 mille francs guinéens ; soit un montant de plus de deux (2) milliards d’Euros, une première dans l’histoire de la Guinée, a appris un journaliste de Guineematin.com au parlement.

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