Lutte contre la corruption : un combat difficile à gagner selon Alpha Condé

5 mai 2018 à 23 11 32 05325

Pour célébrer le cinquième anniversaire de leur engagement à la fonction publique, les 518 jeunes directeurs administratifs et financiers (DAF), travaillant auprès des ministères et institutions nationales du pays, ont animé ce samedi, 5 mai 2018, une conférence-débat dans un réceptif hôtelier de Conakry. Placée sous la présidence du chef de l’Etat, Alpha Condé, cette conférence-débat a connu la participation de plusieurs membres du gouvernement, des acteurs de la société civile et de députés, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

« Impact de la corruption sur le développement en Guinée », c’est le thème de cette conférence-débat, organisée par les jeunes directeurs administratifs et financiers réunis au sein de l’association dénommée « Jeunes Acteurs pour le Changement » (JAC).

A cette occasion, Mohamed Lamine Traoré, président de l’association des  Jeunes Acteurs pour le Changement (JAC), est revenu sur les réformes initiées par le chef de l’Etat depuis son arrivée au pouvoir, et qui ont permis d’améliorer les finances publiques. Il s’agit de : « la loi organique relative aux lois de finances et des textes d’application ; la loi sur la gouvernance des sociétés et établissements publics de l’Etat et la loi anticorruption ; la création de la cellule nationale de traitement des informations financières ;

La mise en place de l’initiative pour la transparence des industries extractives ; la mise en place du secrétariat de la lutte contre la drogue et le crime organisé. Au plan opérationnel, l’amélioration de la gestion des risques budgétaires liés aux établissements publics de l’Etat ; l’opérationnalisation du compte unique du trésor (…). L’application de ces reformes a permis à la Guinée d’améliorer son classement dans le Doing business de la Banque Mondiale avec 26 places gagnées entre 2012 et 2018 », a rappelé Mohamed Lamine Traoré.

Présent à la rencontre, le président de la République a salué l’initiative de la JAC, et remercié les organisateurs d’avoir choisi un thème d’actualité sur le continent africain. Pour le Professeur Alpha Condé, la lutte contre la corruption est un problème très complexe et compliqué en Afrique: « D’abord la première chose, ce sont les pyromanes qui se font pompiers, c’est-à-dire, ceux qui ont le plus volé, qui sont les plus mauvais gestionnaires qui parlent d’impunité, qui parlent de corruption ; ça c’est le premier point. Le deuxième, c’est la complicité très souvent entre les différentes structures, particulièrement à la fonction publique : le ministère des finances, le ministère du budget.

Donc, pour lutter contre la corruption en Afrique, ce n’est pas simple. Souvent on vous dit qu’il y a la corruption partout, en Europe il y a la corruption. La différence, la corruption dans les grands pays, est conjoncturelle, c’est-à-dire, un ministre de ces pays, ne signe pas un contrat qui est totalement contre les intérêts de son pays, même s’il a une commission. Mais qu’est-ce qui se passe en Afrique ? C’est que la corruption est structurelle, c’est-à-dire, le ministre qui signe un contrat, qu’est-ce qu’il fait ? Vous, vous proposez pour la route 10 milliards, l’autre propose 20 milliards.

Celui qui lui propose de faire la route à 10 milliards va lui dire moi je te donne 100 millions ; celui qui veut faire la route à 20 milliards va lui dire moi je te donne 500 millions. Il va signer avec celui qui lui a proposé 20 milliards parce que pour gagner 500 millions, il est prêt à donner à celui-ci. Voilà pourquoi j’ai toujours dit que la corruption en Afrique est difficile à combattre, parce que celui qui signe est prêt à faire perdre des milliards à son pays, uniquement pour gagner 100 millions ou 200 millions de plus », a-t-il fustigé.

Pour le cas particulier de la Guinée, Alpha Condé souligne qu’en plus de ce mal qu’il a dénoncé, s’ajoute un manque de ressources humaines de qualité : « Le grand problème que nous avons en Guinée, c’est la faiblesse des ressources humaines. La première République a formé de très bons cadres, mais beaucoup sont partis. La deuxième République a formé très peu de cadres, et sans compter que ces cadres sont aujourd’hui dépassés dans le monde des nouvelles technologies. Si vous prenez 100 fonctionnaires en Guinée, combien aujourd’hui savent aller sur l’ordinateur ? On peut les compter sous les doigts.

Comment voulez-vous informatiser l’administration publique, quand ceux qui sont là ne savent pas manier l’ordinateur, les outils informatiques ? En allant encore beaucoup plus loin, sur 10 fonctionnaires guinéens, combien parlent l’anglais ? Voilà un certain nombre d’handicaps que nous avons en Guinée ; en ajoutant aussi la sédentarisation », a déploré le chef de l’Etat guinéen.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tel. : (00224) 621 09 08 18

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Cellou Dalein à l’ambassadeur de la paix : « La paix passe par le respect des droits des autres et la justice»

5 mai 2018 à 23 11 22 05225

Comme d’habitude, le principal parti de l’opposition guinéenne (l’UFDG), a tenu son assemblée générale ordinaire ce samedi 5 mai 2018 à son siège à Conakry. La rencontre a été marquée par la présence d’une importante délégation conduite par Elhadj Djériba Diaby, ambassadeur de la paix, rapporte Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Prenant la parole le premier, Elhadj Djériba Diaby, a indiqué que sa présence à l’UFDG n’a rien de politique, qu’il est venu juste prêcher la paix sans laquelle, la Guinée ne peut pas aller de l’avant. « Je vous rappelle que je ne suis pas un fonctionnaire. Je ne reçois aucun centime à la fin du mois. Je suis tout simplement un guinéen de bonne volonté », a-t-il entamé.

Elhadj Djériba Diaby reconnait que l’injustice n’est pas honorable pour un pays ; mais, ajoute-t-il, toute chose à un début et une fin. « Je suis là parmi vous pour parler de la paix.  Si vous aimez vraiment Elhadj Cellou Dalein Diallo, c’est pour lui donner la Guinée et les guinéens, non pas pour lui donner un pays où il n’y a pas de paix », a dit entre autres, l’ambassadeur de la paix.

En réponse, le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, a dit que ses militants sont des « artisans » de la paix et que lui-même s’est toujours battu pour la paix dans notre pays depuis la présidentielle « contestable » de 2010 jusqu’à nos jours.

Le chef de file de l’opposition guinéenne a remercié et encouragé Elhadj Djériba Diaby pour tout ce qu’il est en train de faire ; mais, il souhaite que celui sache que la paix ne s’obtient pas dans l’injustice, dans le deux poids deux mesures. «  Nous sommes des hommes de paix. Nous travaillons pour qu’on gagne la paix ; mais, la paix c’est aussi la paix du cœur. Un homme frustré, dont les droits sont violés, n’est pas en paix », a dit Cellou Dalein Diallo à son hôte.

Poursuivant, le président de l’UFDG a rappelé que son parti et ses militants ne sont pas contre un individu ; mais, contre des actes qui sont contraires aux valeurs qu’ils défendent. « On ne pourra être d’accord que sur la base de la vérité », a-t-il insisté.

Pour Cellou Dalein Diallo, l’ambassadeur de la paix ne réussira sa mission que lorsqu’il posera un diagnostic réel sur les causes du problème. « Lorsque vous voulez la paix, il faut d’abord connaître la source des conflits », explique-t-il, rappelant les multiples exactions dont sont victimes ses militants un peu partout dans le pays. « Les bonnes volontés, nous en avons besoin. Nous voulons que les sages se mobilisent pour restaurer la paix en restaurant la justice. Faire en sorte que les lois de la République et la constitution soient respectées. « La paix passe par le respect des droits des autres et la justice», ajoute Cellou Dalein Diallo.

En outre, le président de l’UFDG a demandé à Elhadj Djéiriba Diaby de prendre son bâton de pèlerin pour aller voir « qui de droit » et lui dire qu’ils sont victimes d’injustice et qu’ils organisent justement une journée ville morte pour dénoncer l’instrumentalisation de la justice contre l’opposition républicaine.

Il reste à savoir si l’ambassadeur de la paix rendra compte à « qui de droit » et  s’il sera entendu.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Le Ministère guinéen de la Santé augmente la capacité de stockage des vaccins et renforce la supervision régulière grâce au financement Gavi

5 mai 2018 à 23 11 04 05045

Le République de Guinée bénéficie depuis quelques années d’un important appui technique et financier du Fonds Gavi (Global Alliance for Vaccine and Immunization). Cet appui vient en soutien à la vaccination et au renforcement du système de santé pour la période 2017-2021.

Grâce à l’alliance Gavi, une chambre froide de 40m3 et de cinq (5) véhicules de supervision ont été octroyés au Programme Elargi de Vaccination (PEV) pour augmenter la capacité de stockage des vaccins et renforcer la supervision régulière sur le terrain.

Placé sous la présidence du Ministre de la Santé, la cérémonie de remise officielle de ces équipements s’est tenue ce vendredi 4 mai 2018 à la Coordination Nationale du PEV en présence des cadres du Ministère de la Santé, du représentant pays de l’UNICEF et de son équipe, ainsi que d’une cinquantaine de personnes conviées à cet important évènement.

Dans son allocution de bienvenue, le Coordonnateur National du PEV a exprimé toute la joie et la satisfaction du Programme à tous les partenaires, collaborateurs et invités qui ont sacrifié leur temps précieux pour prendre part à cette cérémonie. Dr Moustapha Dabo a saisi l’occasion pour égrainer quelques progrès enregistrés par le Programme depuis son lancement en 1988. Il s’agit entre autres, de l’intégration de la vaccination dans la quasi-totalité des centres et postes de santé du pays, de l’amélioration des couvertures vaccinales et de la réduction significative de la charge de mortalité infantile.

Pour sa part, le représentant pays de l’UNICEF en Guinée, a exprimé sa reconnaissance à Gavi qui ne cesse de soutenir la Guinée dans ses efforts d’amélioration de la santé de la population en Général et celle des enfants en particulier. Poursuivant, M. Marc Rubin a annoncé la réception très prochaine de 850 réfrigérateurs solaires et 5 glacières, qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la plateforme d’optimisation des équipements de la chaine du froid approuvée par Gavi en 2016.

Représentant le Ministre de la Santé à cette importante cérémonie, Dr Bachir Kanté a d’abord adressé les sincères remerciements du département à l’alliance Gavi avant de rassurer que ces équipement offerts seront utilisés à bon escient pour le bien-être des populations guinéennes.

Un vibrant hommage a été rendu au Président de la République, le Professeur Alpha Condé en reconnaissance de son continuel soutien et son intérêt aux différents programmes de Santé.

Des remerciements ont également été exprimés à l’endroit des autres départements ministériels, aux organisations de la société civile et aux medias pour leur accompagnement quotidien au système de santé en général et aux activités de vaccination en particulier.

Dans sa stratégie sectorielle, le Ministère de la Santé s’est fixé l’objectif de réduire la morbidité et la mortalité maternelles et infantiles à travers le renforcement du système de vaccination qui constitue l’une des interventions de santé publique les plus efficaces et efficientes.

La vaccination complète et systématique de l’enfant avant son premier anniversaire constitue un droit pour l’enfant et un devoir pour les parents, le gouvernement et la communauté nationale toute entière. A cet effet, le Ministère de la Santé s’est engagé à mettre les bouchées doubles pour la mobilisation des ressources nécessaires au soutien du Programme de Vaccination en vue d’améliorer la couverture vaccinale en Guinée.

La Section Communication du Programme Elargi de Vaccination (PEV) Guinée.

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Forum de l’étudiant guinéen : le ministre Yéro Baldé parle de l’événement

5 mai 2018 à 22 10 50 05505

Le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a procédé au lancement officiel de la deuxième édition du forum de l’étudiant guinéen, ce samedi 05 mai 2018. L’occasion pour Abdoulaye Yéro Baldé d’annoncer les couleurs de l’événement qui aura lieu du 10 au 12 mai prochain au Palais du peuple de Conakry, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Le ministre Yéro Baldé a choisi cette fois une université privée pour lancer officiellement la deuxième édition du forum de l’étudiant guinéen. Il a expliqué aux étudiants présents de quoi il s’agit : «  C’est un espace où élèves, étudiants, entreprises, universités, institutions de formation et de recherche, vont se retrouver pour partager et s’informer. C’est un espace où les étudiants vont venir pour s’informer sur les formations disponibles, sur les carrières recherchées, et choisir leur formation en fonction des carrières qui sont disponibles.

Les entreprises  aussi vont exposer les types d’emplois qu’elles proposent aux étudiants à la fin de leurs études. Ça permet aux universités d’affiner leurs formations, pour que leurs formations s’adaptent aux besoins des entreprises. Donc, c’est dans cet espace que tous ces échanges auront lieu pour permettre à l’étudiant à la suite de ses études, de  trouver de l’emploi qui convienne à sa formation »,  a-t-il expliqué.

Le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique précise donc que l’objectif recherché à travers ce forum, est l’information des étudiants et des futurs bacheliers sur les programmes, les conditions d’admission et d’orientation, mais également sur les cursus. « Ensuite ce forum va créer le contact direct avec les entreprises qui sont les  futures employeurs et les élèves, étudiants, et jeunes diplômés guinéens regroupés dans un même espace », a indiqué Abdoulaye Yéro Baldé.

Et selon le ministre Baldé, cette deuxième édition sera particulière : « Cette année, le forum sera en live sur Facebook et sur d’autres médias, donc en temps réel. Celui qui est à Kankan, Labé ou N’Zérékoré va suivre le forum en temps réel », a-t-il annoncé, ajoutant que l’édition de cette année se focalisera sur l’innovation.

« Nous avons lancé un concours d’innovation dans les milieux estudiantins, nous avons aussi un concours en mathématiques pour les filles, et surtout nous avons plusieurs universités présentes cette fois-ci par rapport à la première édition du forum. Nous avons près de 15 universités qui seront là. Des délégations étrangères aussi au niveau ministériel venant du Sénégal et du Burkina Faso. Nous avons plusieurs entreprises par rapport à l’année dernière dans tous les secteurs : télécommunications, banques, finances, assurance, mines, industrie », a dit Abdoulaye Yéro Baldé.

Saidou  Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 654 416 922/664 413 227

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Vol d’engrais à Koundara : un inconnu accusé

5 mai 2018 à 22 10 40 05405

Au moins sept tonnes d’engrais ont été saisis récemment par les services de la douane guinéenne basés à Kandik, un poste frontalier avec la Guinée Bissau, situé dans la sous-préfecture de Sarébhoïdho, relevant de la préfecture de Koundara, a appris Guineematin.com, à travers un de ses journalistes.

Si la saisine de cette marchandise prohibée ne fait plus aucun doute, le propriétaire, les personnes impliquées dans le trafic et l’ensemble des complices de cette opération qui fait grand bruit dans le Badiar, restent un mystère à élucider.

Dans la foulée, Guineematin.com a contacté au téléphone le directeur préfectoral de la douane, Commandant Bandiou KEITA. Il affirme que ce sont 7 tonnes d’engrais qui ont été saisies sur deux camions, la semaine dernière. Le premier camion contenait 6 t et second 1 t.

Il ajoute qu’«après vérification, il a été constaté que ces engrais provenaient de la Guinée et du Sénégal ». Selon ce commandant de la douane guinéenne, le propriétaire de la marchandise est non identifié. « A notre niveau, nous appelons cela un inconnu fugitif. Le convoyeur est en liberté et les engrais sont à la douane », a expliqué à notre rédaction le directeur préfectoral de la douane de Koundara.

Le directeur du projet coton à Koundara, Magnina Sané, interrogé par Guineematin.com, dégage toute sa responsabilité. « Moi, je n’ai pas eu vent de cela. Sauf que j’ai appris qu’une mission du gouvernorat de Boké a séjourné ici et que les engrais en question sont utilisés pour les cultures d’arachide ».

Non sans préciser que les engrais utilisés par son projet servent plutôt à la culture du coton et quelques fois aux produits vivriers. « Nos engrais sont spécifiques et servent à la culture du coton». A la question de savoir si le même type d’engrais est utilisé par la Guinée, le Sénégal et la Guinée Bissau, M. Sané soutient que « le Sénégal a son type d’engrais et la Guinée Bissau ne cultive pas du coton depuis 7 à 8 ans maintenant ».

Le directeur préfectoral de l’agriculture de Koundara, Hady Diallo, également joint au téléphone par Guineematin.com dit ne rien savoir de cet engrais saisi à Kandik. « Non, je ne suis pas au courant de cette saisine d’engrais ».

Apparemment réservé face aux questions de notre journaliste, il finit par répondre que sa préfecture reçoit chaque année plus de 1000 t d’engrais destinés aux paysans. « Ces engrais sont de différentes natures, et la répartition n’est pas faite encore. Nous attendons le début des pluies, qui commencent habituellement au mois de juin ». A la question de savoir qui fait la distribution, Monsieur Diallo répond que ce service «  est assuré par la direction préfectorale de l’agriculture et la chambre d’agriculture de Koundara ».

Le préfet de Koundara, Hassane Sanoussy Camara, qui a finalement décroché nos appels révèle que beaucoup de journalistes l’ont interrogé par rapport à cette saisie d’engrais à Koundara. « Je ne comprends pas pourquoi. Si les gens veulent s’informer, c’est simple. Qu’ils viennent constater eux-mêmes sur le terrain… ».

Il finit par répondre à nos questions. « Ces engrais saisis par la douane au poste de Kandik ont été payés au marché hebdomadaire de Sarabhoidho. Et puis c’est de plusieurs qualités d’engrais qu’il s’agit, il y a du mp10, 12, … mélangé avec l’engrais sénégalais et destiné pour les arachides. Cela fait près d’un mois maintenant. Ce n’est pas récent », a dit le préfet.

Il explique que sur ses instructions, le camion, son chauffeur et le convoyeur ont été envoyés à la douane de Koundara. « Il se trouve après contrôle que 87 % des engrais saisis viennent du Sénégal et seulement 13% de la Guinée ». Avant de lancer ensuite « je voudrais qu’on arrête de chanter sur cela. Il faut être sur le terrain… »

A la question de savoir quel est le sort réservé aux incriminés à savoir: l’acheteur, le convoyeur et le chauffeur et même le camion, le préfet soutient qu’ils « sont immobilisés à la douane ». Une version qui contredit celle du directeur de la douane, le Commandant Kéïta qui avait soutenu plutôt que c’est seul le camion qui est immobilisé dans les locaux de la douane. Et faute de mettre main sur le convoyeur et l’acheteur il a été retenu le terme d’inconnu fugitif qui aurait vendu la marchandise à Sarébhoïdho.

Le préfet affirme de son côté, que les enquêtes continuent et le convoyeur est en garde-à-vue. Cependant, le propriétaire qui est Bissau Guinéen et agriculteur de son état n’a pas été arrêté. Le chauffeur est en liberté mais le camion est immobilisé à la douane, selon le préfet.

Il rassure toutefois que « rien n’a manqué des quantités d’engrais destinés aux paysans de Koundara. Une mission du gouvernorat de Boké est venue faire le constat. Nos magasins sont pleins. Nous avons 70 mille tonnes d’engrais pour le riz, 40 mille tonnes pour les arachides et 50 mille tonnes pour la culture d’anacarde. On attendant le mois de juin pour commencer la vente. Nous attendons le début de la saison hivernale pour procéder à la distribution », a expliqué le préfet de Koundara.

Le président de la chambre d’agriculture, Elhadj Chérif Camara, joint par la rédaction, a promis de rappeler dès que possible, étant indisponible au moment de nous décrocher.

Selon des citoyens de cette préfecture à grande potentialité agricole, le sac de 50 kg d’engrais vendu à 135 000 Fg, arrive difficilement aux pauvres paysans. Souvent et malgré les efforts du gouvernement, ces intrants se retrouvent sur le marché et dans les mains des plus offrants.

Et c’est à juste titre, que nombreux parmi eux font appel à la vigilance des décideurs et surtout à la fin de l’impunité dont jouissent ces cadres et commerçants véreux, prompts à s’enrichir sur le dos de l’Etat et au prix de mille sacrifices des pauvres paysans.

Ces derniers sont pourtant, théoriquement bénéficiaires de toutes les politiques et programmes agricoles développés jusque-là par le gouvernement et ses partenaires.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Classement RSF sur la liberté de la presse : Christophe Deloire répond à Alpha Condé

5 mai 2018 à 14 02 09 05095

La sortie médiatique du président Alpha Condé à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse le jeudi, 03 mai dernier, n’a pas laissé indifférent Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters Sans Frontières. Ce dernier a réagi aux propos du chef de l’Etat guinéen, qui dit ne pas comprendre comment la Guinée peut se retrouver loin derrière dans ce classement, malgré les progrès réalisés en matière de liberté de la presse depuis son accession au pouvoir.

Si le président de la République, Alpha Condé, a tenu à être à la maison de la presse de Conakry le jeudi, 03 mai 2018, ce n’était pas seulement pour célébrer la journée mondiale de la liberté de la presse aux côtés des hommes de médias de son pays. C’était surtout pour dénoncer le travail des journalistes guinéens qui, selon lui, contribuent à ternir l’image de la Guinée sur le plan internationale.

Le chef de l’Etat guinéen s’est focalisé sur le dernier classement de Reporters Sans Frontières, dans lequel la Guinée se retrouve au 104ème rang sur 180 pays évalués en matière de liberté de la presse. Un classement loin de refléter la réalité sur le terrain aux yeux du Professeur Alpha Condé. Ce dernier s’est même montré en colère contre les journalistes guinéens qu’il accuse de donner une mauvaise image du pays, et qu’il tient pour responsables de ce mauvais classement de la Guinée.

Suite à cette sortie du numéro1 guinéen, Christophe Deloire, le secrétaire général de Reporters Sans Frontières a réagi sur Twitter. Même s’il n’apporte pas de réponse à la question d’Alpha Condé de savoir, qu’est-ce qui a prévalu à ce mauvais classement de la Guinée, le responsable de RSF donne des pistes de solution aux autorités guinéennes pour inverser cette tendance à l’avenir.

« Pour que la Guinée figure dès 2019 à une meilleure place au Classement mondial de la liberté de la presse, il revient aux autorités du pays de mettre en place un cadre politique et administratif propice au développement d’un journalisme de qualité libre et indépendant », a dit Christophe Deloire.

Pour monter que le travail de Reporters Sans Frontières se fait sur la base de l’objectivité, Christophe Deloire fait un petit rappel dans un autre tweet : « En novembre 2017, j’avais remercié le président de #Guinee Alpha Condé pour la promulgation des lois sur la liberté de la presse et la HAC en 2010 et lui avais demandé d’éviter tous propos relevant de l’intimidation contre les journalistes », a-t-il souligné.à

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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Contentieux électoral : « il faut restituer les voix des citoyens… », dit Abdoulaye Diallo, élu du MR à la mairie de Fria

5 mai 2018 à 13 01 27 05275

Trois mois après les élections locales du 04 février dernier, la Guinée peine encore à installer les conseils municipaux élus. Cela, en raison de la crise post-électorale née de l’annulation de plusieurs procès-verbaux de bureaux par les présidents des CACV. L’opposition qui exige la restitution de ces résultats annulés menace de reprendre les manifestations de rue à partir de la semaine prochaine. Interrogé par Guineematin.com, Abdoulaye Diallo, élu du mouvement républicain (MR) à la mairie de Fria, déplore cette situation et appelle au respect de la loi.

Guineematin.com vous propose ci-dessous l’intégralité de notre entretien.

Guineematin.com : Bonjour Abdoulaye Diallo, le mouvement républicain (MR) qui a présenté une liste de candidature indépendante lors des élections locales du 04 février dernier à Fria, a créé la surprise en obtenant quatre sièges à la mairie de cette commune urbaine. C’est vous qui avez conduit cette liste, comment vous avez réussi à obtenir ce score, qu’est-ce qui a joué en votre faveur ?

 Abdoulaye Diallo : Vous savez, être né dans une ville c’est une aubaine, et quand vos parents ont laissé des traces positives dans cette ville c’est aussi une aubaine. Quand vous travaillez dans les médias et que vous dénoncez la malversation économique, et quand vous faites du bien socialement, c’est aussi une aubaine. Donc, le mouvement MR à Conakry a cru en nous, ses responsables sont allés nous voir à Fria, nous, nous voulions nous lancer dans ce processus électoral parce qu’on a compris qu’à Fria la chose publique était gérée de façon irrationnelle, on voulait contribuer à changer les choses.

Donc quand le mouvement MR est allé à Fria, ils ont cru que nous pouvons ensemble changer les choses, ils nous ont aidés. Ils nous ont aidés à payer la caution, et nous avons fait le reste. Nous sommes allés rencontrer les jeunes dans les 13 quartiers de Fria, nous avons fait comprendre aux jeunes que cette fois-ci c’est notre tour, il faut que nous nous donnions la main pour changer les choses, les jeunes ont accepté, et les femmes aussi ont accepté.

Guineematin.com : Quand vous dites que cette fois-ci c’est notre tour, que voulez-vous dire exactement ?

Abdoulaye Diallo : C’est évidemment le tour de la jeunesse. Parce que vous savez que ceux qui gèrent aujourd’hui la chose publique sont pratiquement tous vieux, on ne pense aux jeunes que quand il y a une campagne, on leur distribue des T-Shirts et un peu d’argent pour les utiliser à des fins qui ne leur profitent pas. Mais pourquoi ne pas faire en sorte que les jeunes accèdent eux-aussi aux postes de responsabilité ? C’est le message qu’on a fait passer aux jeunes.

Guineematin.com : Et vous pensez que ce message a été entendu ?

Abdoulaye Diallo : Oui ! N’eût été la campagne de dénigrement dont nous avons fait l’objet de la part de l’UFDG et du RPG Arc-en-ciel à Fria, mais aussi l’annulation de plusieurs résultats qui nous sont favorables, on pouvait avoir plus de quatre sièges. Parce que le magistrat qui a présidé la CACV (commission administrative de centralisation des votes) de Fria, a annulé délibérément les résultats de 15 bureaux de votes. S’il n’avait pas pris une telle décision, on allait avoir plus de 4 sièges.

C’est pourquoi je vous dis que les jeunes ont cru en nous. Avant d’aller à ces élections, nous avons mis en place des comités de base dans chaque quartier et dans chaque district de Fria, et malgré le fait que nous n’avons pas assez de moyens, les jeunes, les femmes et certains intellectuels ont pensé que nous pouvons changé les données, voilà comment nous avons réussi à obtenir les quatre sièges à la mairie.

Guineematin.com : Vous avez eu 4 sièges, l’UFDG qui est arrivée en tête, a 11 sièges et le RPG Arc-en-ciel en a 10, est-ce que malgré tout vous comptez briguer la mairie ?

Abdoulaye Diallo : Pour l’heure, on ne peut pas briguer la mairie parce que nous n’avons eu que 4 sièges. Certes, nous sommes les faiseurs de roi, il y a différentes propositions qui nous sont faites par les l’UFDG et le RPG Arc-en-ciel en vue d’une éventuelle alliance pour la direction de la mairie, mais, pour l’instant nous sommes en train de les étudier avant de prendre une décision. J’ai entendu beaucoup de contre-vérités nous accusant d’avoir rejoint tel ou tel camp parce qu’on aurait reçu de l’argent et un véhicule, je dis que pour l’heure, nous ne sommes allés ni à l’UFDG ni au RPG Arc-en-ciel, nous sommes en train d’étudier les différentes propositions pour voir avec qui aller.

Guineematin.com : Qu’est-ce que vous privilégiez dans ces négociations, qu’est-ce que vous mettez en avant ?

Abdoulaye Diallo : On privilégie Fria, celui qui va nous offrir Fria, nous accepterons d’aller avec lui. Parce comme je vous le disais tantôt, Fria est enfantée par cette unité industrielle, depuis 1958, cette unité industrielle donne de l’argent à la commune urbaine, à la préfecture également. Mais tous ceux qui sont passés à la commune, on a compris qu’ils ont utilisé les fonds publics, l’argent du contribuable guinéen pour d’autres fins. Aujourd’hui ce que nous voulons, certes nous n’allons pas avoir la tête de la mairie, mais, il faut que nous ayons le poste de premier vice maire.

Ensuite, nous souhaitons avoir la direction de certains quartiers dans lesquels nous avons eu un grand électorat, nous voulons aussi présider la commission finances de la mairie qui s’occupe de la gestion des fonds alloués à la commune par l’Etat et ceux versés par l’usine RUSAL Friguia. Entre l’UFDG et le RPG Arc-en-ciel, celui qui va accepter ces conditions-là, on va voir si on peut aller avec ce parti politique.

Guineematin.com : Trois mois après le scrutin du 04 février, vous les élus vous attendez encore d’être installés dans vos fonctions, dans la tête est-ce que vous ne vous dites pas qu’on a trop attendu ?

Abdoulaye Diallo : Oui ! C’est vrai qu’on a trop attendu. Les élections ont eu lieu le 04 février 2018, nous sommes en mai. Les délégations spéciales qui géraient nos communes ne sont plus là, mais il y a des secrétaires généraux qui sont nommés par le gouvernement qui continuent à gérer ces communes. Est-ce qu’on a élu des personnes pour sortir ces collectivités de l’ornière ou alors on veut continuer à les enfoncer ?

Moi je me dis que ceux qui sont là en train de gérer les affaires courantes des communes, ne sont pas habilités à les gérer, alors qu’il y a des gens qui sont élus pour ça. Donc on a trop attendu, on a attendu 7 ans pour organiser ces élections, on a enregistré de nombreux morts avec les manifestations de l’opposition pour que ces élections aient lieu, aujourd’hui on se retrouve à la case départ pratiquement. Alors, je pense qu’il faut faire en sorte que la loi soit respectée, pour que ceux qui sont élus puissent siéger.

Guineematin.com : Respecter la loi en quoi faisant, parce que la mouvance dit qu’il faut respecter la loi en acceptant les résultats publiés parce que les décisions des TPI sont sans recours. L’opposition de son côté dit qu’il faut respecter la loi en remettant les résultats qui ont été illégalement annulés par les présidents des CACV, donc qu’entendez-vous par respecter la loi au niveau du MR ?

Abdoulaye Diallo : Ecoutez, je reviens sur le cas spécifique de Fria où le magistrat qui a présidé la CACV a annulé délibérément les résultats de 15 bureaux de vote, alors que la CENI avait déjà publié un communiqué pour dire qu’aucun magistrat n’a le droit d’annuler un procès-verbal d’un bureau de vote. A Fatala par exemple où le MR est sorti victorieux, tous les bureaux ont été annulés. Alors, nous pensons que pour respecter la loi, il faut restituer les voix des citoyens à ceux pour lesquels ils ont voté. Parce que ce que les magistrats ont fait, ils l’ont sciemment fait en violation de la loi. Donc, si on remet les voix annulées, on aura respecté la loi, si on ne le fait pas, on aura piétiné la loi.

Guineematin.com : Vous pensez alors que l’opposition républicaine qui menace de reprendre les manifestations de rue à partir de la semaine prochaine pour exiger la restitution de ces voix annulées a raison de le faire ?

Abdoulaye Diallo : Je concède ça à l’opposition. Moi je ne suis pas de l’opposition, je suis membre d’un mouvement qui a présenté des listes indépendantes. Mais, je pense que l’opposition a bel et bien raison d’organiser des manifestations de rue parce que c’est quelque chose qui est reconnue par notre constitution, donc c’est un droit pour l’opposition et pour tout autre citoyens guinéen.

Propos recueillis par Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628124362

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Assassinat de Sékou Keïta à l’immeuble Sall : les accusés seront fixés sur leur sort dans trois jours

5 mai 2018 à 12 12 33 05335

L’assassinat d’un agent de gardiennage, dénommé Sékou Kéita, en août 2015 avait créé l’émoi à Kaloum. Trois de ses collègues de service avaient été pointés du doigt et incarcérés depuis lors à la maison centrale de Coronthie. Après l’ouverture de leur procès, on en était aux réquisitions et plaidoiries ce vendredi 04 mai 2018 au Tribunal de Première Instance de Kaloum, a appris sur place Guinematin.com, à travers un de ses reporters.

Abdoulaye Cherif Bah, Ibrahima Sory Condé et Abdoulaye Bah sont les accusés dans ce dossier criminel. Tous des gardiens à l’immeuble Sall, sis à Kaloum,  ils sont accusés d’avoir ôté la vie de leur collègue Sékou Keïta le 10 Août 2015 pendant que ce dernier. Ils ont été interpellés et placés sous mandat de dépôt le 18 Août 2015.

Après les débats tenus lors des précédentes audiences, le dossier a été plaidé et requis ce vendredi au tribunal criminel de Kaloum.

Dans ses réquisitions, le procureur Fallou Doumbouya a rappelé que c’est le 10 Août 2015 que le cadavre de Sékou Keïta a été découvert. « Il a été assassiné au moment où il était en service de gardiennage à l’immeuble Sall. Après les enquêtes menées par les services de police, les trois accusés ont été interpellés. Mais, depuis l’enquête préliminaire, personne parmi eux n’a reconnu les faits. Abdoulaye Cherif Bah a dit que la nuit de cet assassinat il n’était pas sur les lieux. Ensuite, Abdoulaye Bah a fait comprendre au tribunal qu’il a été alerté par ses collègues. Et, Ibrahima Sory Condé aussi a catégoriquement nié les faits. Donc, aucune charge ne pèse sur eux par rapport à cet assassinat. Je demande au tribunal de renvoyer les accusés au bénéfice du doute et de renvoyer le ministère public à mieux se pourvoir », a-t-il requis.

La défense, par la voix de maître Zézé Kalivogui, a laissé entendre que les déclarations avancées à la barre par les accusées lors des débats prouvent qu’ils ne sont pas auteurs de cet assassinat. « C’est vrai qu’il y a eu assassinat, une vie a été ôtée. Mais, est-ce que ce sont les accusés qui sont à la barre qui sont auteurs de cet assassinat ? Toutes les déclarations avancées à la barre par les accusés prouvent qu’ils ne sont pas auteur de cet assassinat. Ces accusés n’ont jamais varié et aucun indice n’a démontré qu’ils sont mêlés à ce crime », a lancé l’avocat.

Ainsi, poursuit maître Zézé Kalivogui, « comme le parquet n’a pas trouvé un élément de preuve à leur charge, nous allons abréger notre plaidoirie.  C’est pourquoi, nous sollicitons l’acquittement pur et simple pour délit non constitué. Et si vous ne trouvez pas d’inconvénients, je vous prie de prendre la décision sur siège » a-t-il plaidé.

Finalement, le président du tribunal, Ibrahima Sory Tounkara a renvoyé le dossier au lundi 7 mai pour la délibération.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 654 416 922/664 413 227

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