Au Cimétière de Donka, préparation d'un corps pour un enterrement sécurisé Depuis fin 2013, la fièvre hémorragique à virus Ebola sévit dans la sous-région avec la Guinée comme épicentre. Malgré tous les efforts des gouvernements et de la communauté internationale Ebola résiste et favorise la circulation des rumeurs de toutes sortes et alimente de nombreuses interprétations autour de son apparition. Le virus à Ebola est hautement pathologique, ne daignant même pas épargner médecins et infirmiers qui, parfois, perdent leur vie en voulant sauver celle des autres.  Ce qui augmente encore l’inquiétude c’est le fait que le sperme peut continuer de transmettre la maladie sept (7) semaines après la guérison clinique. Une telle conclusion d’ordre médical ne peut être formulée que par des laboratoires spécialisés. Combien de temps est-il nécessaire pour leur permettre d’aboutir à un tel constat ?

Dans tous les cas, l’information est d’une importance capitale car elle est de nature à aiguiser notre conscience collective sur la menace que ce virus fait peser sur des peuples, à comprendre davantage l’urgence et la nécessité de renforcer la mobilisation et la solidarité internationale pour plus de moyens, plus d’efficacité dans la riposte contre ce virus du diable.

Du côté guinéen, il est donc opportun que l’IRBAG  fasse entendre sa voix pour apporter un peu de lumière dans cette atmosphère crépusculaire, d’abord sur le pourquoi et le comment de l’apparition de ce fléau en Guinée après le Soudan et le Congo en 1976, pays pourtant très éloignés de Guinée et séparés par de nombreux Etats et territoires, et ensuite sur le rôle qu’il a joué pour garantir le succès de la lutte antivirale en Guinée et dans la sous-région déjà affectée.

Pour la petite histoire, il ne faut pas oublier qu’en 1922, pendant la période coloniale, l’Institut Pasteur de Guinée fut créé, et c’est cet Institut qui fut en 1986 restructuré pour porter désormais le nom de l’Institut de Recherche et de Biologie appliquée de Guinée (IRBAG) avec pour mission, entre autres :

–          La promotion et le développement des activités de recherche en biologie médicale ;

–          La surveillance épidémiologique des fièvres hémorragiques telles que l’Assa, Ebola, fièvre jaune, etc. ;

–          La recherche des moyens prophylactiques en vue de combattre les fléaux ;

–          La formation en technique de laboratoire dans les domaines scientifiques.

Ainsi, à propos du virus Ebola de Guinée, de nombreuses questions se posent et qui méritent des réponses objectives et justes. Ce que peut fournir le département de virologie de l’Institut si cela n’a pas été fait déjà. On peut citer par exemple :

–          Quels résultats l’Institut a pu réunir de l’approfondissement de ses activités scientifiques découlant de ses programmes de recherche ?

–          Quels types de vaccins sont aujourd’hui fabriqués ou qui peuvent l’être dans son laboratoire riche de 92 ans d’expérience à ce jour ?

–          Quels avantages sont tirés par le département de virologie de sa coopération avec les institutions de recherche à l’extérieur de la Guinée ?

Ce ne sont là que quelques questions parmi tant d’autres. La réaction de l’IRBAG est vivement souhaitée.

Elhadj Ibrahima Sampirinng DIALLO

Ancien maire de Labé       

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