Le grand imam de la Mosquée Fayçal Elhadj Mamadou Saliou Camara a lancé une mise en garde aux imams réfractaires aux messages anti-Ebola, qui pourraient se voir limoger en cas de négation de l’épidémie.

« Tout imam qui désinforme, en niant l’existence de l’épidémie d’Ebola sera limogé», a prévenu la semaine dernière Elhadj Mamadou Saliou Camara,  grand imam de la Mosquée Fayçal. Le chef religieux a lancé cette mise en garde lors d’une déclaration qui invitait les fidèles musulmans à des prières pour exorciser le virus Ebola. Des prières qui doivent en principe se dérouler durant cette semaine, a-t-il indiqué. Cette Fatwa vise certainement à mettre fin à la campagne de désinformation qui  vient saper les efforts fournis  dans la riposte contre la fièvre virale. Quand on sait que certains chefs religieux ont toujours nié l’existence de cette épidémie. Il y en a qui considère cela comme une malédiction divine, qui ne toucherait que les pêcheurs. Des discours qui seraient en porta-faux avec le discours officiel lancé  véhiculé par les autorités religieuses. Aussi bien chez les chrétiens que chez les musulmans. Tous reconnaissent l’existence de la maladie et en appelle au sens de responsabilité des citoyens, à appliquer les mesures d’hygiène édictées par les spécialistes anti-Ebola. La rencontre entre la Représentante permanente des Etats-Unis auprès des Nations Unies, l’ambassadeur Samantha Power avec les chefs religieux lors de sa visite dimanche à Conakry, illustre  l’important rôle que ceux-ci doivent jouer dans la lutte contre cette épidémie d’Ebola. Rencontre durant laquelle l’émissaire du président Obama a exhorté les guides religieux à persévérer dans leur mission de sensibilisation des populations contre les méfaits d’Ebola.  Elhadj Mamadou Saliou Camara a indiqué à cette occasion que la solidarité constitue la meilleure qualité chez un Homme. Et non l’étendue de sa fortune ou le degré de sa culture.  Saluant donc la solidarité exprimée à l’endroit de son pays par les Etats-Unis.  Il a promis que dans les  12 500 mosquées où étaient officiées la prière du vendredi, le message anti-Ebola allait être passé. Mais qu’une telle démarche nécessitait bien entendu  la formation des imams.

Aliou Sow

In l’Indépendant

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