Ebola, marche, femmes, N'zérékoréL’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola qui a fait près de 7000 morts en Afrique de l’Ouest selon le dernier bilan de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), continue de sévir dans la région forestière de guinée.

Conscientes de la vitesse de propagation de cette épidémie dans la région avec de nouvelles infections dans les sous-préfectures, des milliers de femmes issues  des 22  quartiers de la commune urbaine de Nzérékoré  étaient dans les rues ce lundi 1er décembre 2014 pour une marche rituelle afin que Dieu et les ancêtres  épargnent la Guinée et la région forestière en particulier de cette épidémie.

Au cours de cette marche, ces femmes ont également prié pour le repos de l’âme des personnes  mortes de la maladie.

Cette marche rituelle de près d’une quinzaine de kilomètres, a démarré très tôt le matin à la place des martyrs jusqu’au marigot ‘’GNA NWANA’’, qui signifie l’eau amère où il était question de jeter un mauvais sort, dit-on, à Ebola.

Au cours de ce marathon populaire, Madeleine Théa, l’une des initiatrices du mouvement, n’a pas manqué  de revenir sur le contexte de l’événement : « le virus Ebola continue de faire des victimes dans notre région. Et, nos partenaires au développement ont peur de venir  à cause de cette maladie. C’est pourquoi, nous femmes coutumières, nous nous sommes levées  comme un seul homme pour chasser Ebola de la Guinée, particulièrement à Nzérékoré. Après Dieu,  c’est les femmes, donc tout ce que nous prononcerons contre ce virus maudit, Dieu et nos ancêtres nous écouterons », a- telle souligné.

Par ailleurs, cette marche était accompagnée des cris sous le rythme  du folklore traditionnel Kpèlè. Madame Madeleine Sagno, membre du collectif des femmes réagit : « On en a mare du virus Ebola ! On est fatigué ! Nous devrions le brûler ! Il doit être enterré avec sa mère ainsi que sa grand-mère…», s’exclamait-elle.

Dans le même élan, madame Angeline Kourouma a ajouté : « Si cette maladie est venue en Guinée par le biais de Dieu ou d’un individu, nous demandons à Allah de nous aider à balayer Ebola afin que nos enfants puissent aller à l’école. Moi, je n’ai pas eu la chance d’avoir un mari, aujourd’hui mon  seul espoir, c’est de voir partir mes enfants  à l’école », a-t-dit au collaborateur de Guineematin.com à N’zérékoré cette dame couverte de sueur dans une tenue traditionnelle.

Cette marche de femmes qui s’est terminée par une réception au domicile du sage Sékou Haba au quartier Kwitèyapoulou, n’est  pas le premier du genre dans la capitale forestière. Pour rappel, après les douloureux événements de juillet 2013, ces femmes avaient initié un tel événement du même genre.

 

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