Mamady Kaba, président de l'institution nationale des Droits humains et des journalistesPour savoir comment fonctionne l’Institution Nationale Indépendante des Droits Humains (INIDH) et la timidité de cette institution depuis sa mise en place, Guineematin et d’autres médias ont reçu monsieur Mamady Kaba, président de la dite institution dans l’après-midi d’hier, lundi 30 novembre 2015. Au cours de cet échange à bâton rompu, tenu au siège de Guineematin.com, à Kipé Dadia, plusieurs aspects de cette jeune institution ont été évoqués.

Selon monsieur Mamady Kaba, c’est un long processus qui a abouti à la création de l’INIDH. Cette institution, poursuit-il, vise à promouvoir et à protéger les droits humains. Mise en place en décembre 2014, l’institution comprend trente trois (33) personnes dont dix huit (18) désignées par la société civile, quatorze (14) issues des départements ministériels et une personne désignée par l’Assemblée nationale.

Depuis sa mise en place, l’INIDH tarde a poser des actes concrets de grande envergure. « Pour le moment, on est jeune, nous avons des difficultés liées aux moyens », a-t-il expliqué, avant d’ajouter : « Nous avons besoin d’un peu de temps pour mettre des procédures en place, mettre en place le plan d’action et l’exécuter. Quand le défis des moyens sera relevé, nous auront à faire face au défit du fonctionnement. Il n’est pas possible pour nous de faire en sorte que l’institution soit ce que la population souhaite, mais nous jetteront des bases ».

Toutefois, monsieur Kaba se réjouit de certaines actions faites par son institution. « Nous travaillons avec l’UNICEF pour lutter contre l’excision », dit-il, avant de parler de leur implication dans le processus électoral : « Nous avons déployé soixante (75) moniteurs sur l’ensemble du territoire national et notre présence a permis d’empêcher beaucoup de choses. Nous avons eu des prises de positions courageuses par rapport à la torture ».

En temps normal que peut faire l’INIDH ? « Nous intervenons sur trois volets : empêcher que les violations aient lieu. Sinon, faire cesser les violations au moment où elles ont lieu. Au cas contraire, nous formulons des recommandations pour que ça n’arrive plus. Nous les adressons aux présidents des différentes institutions, notamment le Président de la République», expliquera-t-il.

A la question de savoir si un citoyen peut saisir l’INIDH en ce moment, monsieur Kaba répond par la négative. « Nous n’avons pas de siège qui permettrait de mettre en place l’administration et les procédures de saisine. Les commissions spécialisée vont être mises en place pour traiter les plaintes », a-t-il justifié.

Pour parler de la condition de détention dans les maisons carcérales en Guinée, notre invité a promis la publication très prochainement d’un rapport pour mettre à nu des conditions carcérales.

À en croire monsieur Kaba, des efforts sont encours pour que l’INDH ait des points focaux dans toutes les préfectures et sous-préfectures de la Guinée.

À suivre, la version vidéo de cette interview-débat dès que la difficile connexion ne le permettra

Propos recueillis et décryptés par Thierno Amadou Camara pour Guineematin.com

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