Les résultats du baccalauréat unique, session 2018, ont donné un très faible taux d’admission au plan national. Dans la préfecture de Tougué, ces résultats ont été catastrophiques avec un taux inférieur à 10 %, au grand dam aussi bien des candidats que des encadreurs et autres parents d’élèves, rapporte Guineematin.com à travers son correspondant local.

C’est la désolation totale à Tougué après la publication des résultats du baccalauréat de 2018. En Sciences Sociales et Expérimentales, il n’y a pas eu d’admis sur les 72 candidats cumulés. Pourtant, en SE, il y avait 15 candidats, dont 12 filles ; alors qu’en Sciences Sociales, il y avait 57 candidats, dont 19 filles.

Les seuls admis viennent des Sciences Maths où 9 candidats, dont 2 filles, ont décroché le bac sur un effectif de 42 partants. Soit un taux de réussite global de 8,25%.

Selon beaucoup d’observateurs, ces résultats catastrophiques se situent à trois niveaux : les encadreurs, les enseignants et les élèves.

Mohamed Sacko Barry

Pour Mohamed Sacko Barry, enseignant à la retraite, « les encadreurs ne font pas de suivi. Ils sont dans leurs bureaux et ne font aucun contrôle systématique pendant l’année scolaire. Un responsable d’établissement doit veiller à la loupe sur ses enseignants, voir qui il faut orienter dans les classes d’examens. Mais, on affecte n’importe qui dans les classes d’examen. C’est dommage. Il faut mettre un professeur qui a plus d’expérience dans une classe sensible comme la 6ème, la 10ème et la terminale pour qu’il y’ait un bon résultat, sinon ça sera utopique ».

Mory Koivogui

Mory Koivogui, proviseur du lycée de Tougué pointe un doigt accusateur sur les enseignants qui manquent de niveau. « Certains enseignants ne maîtrisent pas du tout les programmes. Ils enseignent une partie du programme, ils n’ont pas la pédagogie. Ils harcèlent les enfants, chaque fois ils réclament de l’argent pour des révisions incultes et non sensées. Les sujets qu’ils proposent ou qu’ils donnent ne sont pas des sujets qui peuvent préparer les enfants pour un examen », lance-t-il, très amer.

Mouctar Baldé

Pour sa part, Amadou Mouctar Baldé, parent d’élèves, accuse les apprenants de prendre les études à la légère. « Nos élèves actuels jouent trop. On dirait qu’ils ne sont pas candidats. Les téléphones sont devenus un outil à double tranchant pour les élèves guinéens. Ils manipulent les téléphones au moment où les professeurs dispensent les cours. Ils n’ont aucune attention soutenue. Ils révisent souvent à la dernière minute. Et pourtant, qui veut aller loin ménage sa monture. Ils doivent changer de rythme et entamer les révisions à temps », conseille-t-il.

De Tougué, Boubacar ramadan Barry pour Guineematin.com

Tel 625698919

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