Kintinian, Siguiri (6)Comme annoncé dans nos précédents articles, la commune rurale de Kintinian est toujours assiégée par les forces de sécurité qui sont accusées de plusieurs bavures sur les pauvres citoyens qui n’ont commis comme seul crime que de naître et d’habiter le village de leurs ancêtres qui s’est révélé riche en or… Les exactions sont dénoncées surtout dans le village dit Arwanne (déformation de l’anglais « Area One »).

Selon plusieurs citoyens qui ont contacté Guineematin.com, les forces de l’ordre continuent de semer la terreur dans cette zone pendant que la capitale guinéenne célèbre aujourd’hui même la « journée internationale des droits de l’Homme »… A Kintinian, la plupart des citoyens, terrorisés par l’armée et les déclarations musclées de nos autorités, refusent de témoigner à visage découvert de peur d’être la cible…

Ainsi, parmi les témoignages recueillis sur place à l’occasion de cette « importante » journée des droits de l’Homme, nous vous proposons celui d’une dame qui, comme presque tous les autres, ne souhaite pas révéler son identité : « Depuis que ces agents sont ici, on ne peut pas se mouvoir dans le village. On risque de se faire bastonner par les agents. Ils vous insultent et vous qualifient de saboteurs», a notamment expliqué cette citoyenne de Kintinian.

Pour cette mère de famille, les autorités et la SAG ont envoyé des forces de sécurité armés jusqu’aux dents pour les réprimer et les chasser du village de leurs ancêtres pour exploiter leur or, mais elle souhaite que l’Etat guinéen se réveille pour plutôt protéger les enfants du pays et non les exploitants étrangers : « Nous aimons tant cette terre où nous sommes nés. Il faut que l’Etat nous laisse dans notre village, c’est ce qui nous demandons, qu’il nous laisse sur la terre de nos ancêtres dans la paix », a-t-elle dit avec insistance.

Pour chercher à mieux convaincre le journaliste, la citoyenne de Kintinian rappelle que chacun aimerait préserver le village de ses ancêtres. «Tout le monde est venu du village. Et personne n’aimerait qu’on détruise son origine, son village, son pays. Que l’État nous laisse dans notre village ».

Aux agents des forces de l’ordre, cette femme a demandé plus de professionnalisme : « qu’ils aient pitié de nous. Ils viennent casser les portes et voler l’argent des gens… ».

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, le témoignage audio, en langue Maninka de cette habitante de Kintinian :

A rappeler que selon des informations confiées à Guineematin.com par des citoyens locaux, le conflit qui oppose les populations de Kintinian aux autorités guinéennes est né de la volonté de la SAG d’exploiter la localité de Arwanne, une zone habitée actuellement dans la sous-préfecture de Kintinian, mais que la SAG trouve très riche. Et, c’est le refus des populations de quitter leurs habitations en faveur de la société aurifère qui a suscité la colère des autorités.

Abdoulaye Oumou Sow pour Guineematin.com

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