Aboubacar Soumah, Secrétaire Général du SLECG

Depuis le déclenchement de son mot d’ordre de grève le 09 janvier dernier, le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) a entraîné une paralysie relative de l’école guinéenne par l’absence de nombreux enseignants dans les écoles publiques. Le mouvement se poursuit malgré les procédures judiciaires et les tentatives de corruption qui seraient orchestrées par le pouvoir pour casser la dynamique. L’annonce en a été faite ce samedi 25 janvier 2020, à l’occasion de l’assemblée générale du SLECG tenue à son siège à Donka, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon Aboubacar Soumah, secrétaire général du SLECG, le gouvernement envisagerait de donner des miettes aux enseignants, espérant ainsi pouvoir désamorcer la crise. Monsieur Soumah prévient ses camarades de ce piège. « Ils ont élaboré une stratégie contre nous. Vous savez, nous tendons vers la fin du mois. Il semble qu’il y a une augmentation en vue. Cette augmentation est un droit relatif à un avancement en échelon de l’ensemble des fonctionnaires ; c’est aussi notre droit en tant que fonctionnaire. En plus, elle n’intervient pas dans le cadre de nos négociations du protocole d’accord. Toute augmentation qui n’est pas négociée avec nous doit être considérée comme un bonus. Cette augmentation, si elle a lieu, ne doit pas nous détourner de notre objectif », a-t-i lancé.

En outre, Aboubacar Soumah a dénoncé les manœuvres du gouvernement visant à diviser le SLECG et à le détourner de ses objectifs. Selon lui, le refus de certains membres de négocier clandestinement avec les émissaires du gouvernement serait la raison de l’arrestation récente de 11 enseignants. « Il y a certains de nos camarades qui ont été approchés par le gouvernement, à qui on a proposé 300 millions de francs guinéens et une voiture chacun. Ils ont une liste d’un certain nombre d’enseignants, membres du SLECG, qui sont très actifs sur le terrain, c’est à ces camarades on devait remettre ces montants et voitures. L’émissaire est venu de la présidence, il s’est rendu chez notre camarade Yansané et lui a fait la proposition. Après discussion, ils m’ont appelé la nuit pour demander ce qu’il faut. J’ai appelé Me Béa et lui il m’a dit de porter plainte contre lui pour tentative de corruption. Ils ont enregistré leur conversation et ont établi la plainte, mais comme il a avait une couverture de la présidence, les gendarmes et les policiers ont tous refusé de prendre l’affaire. Comme nos camarades ont refusé cette proposition, le lendemain ils ont été tous arrêtés. Leur arrestation était programmée » accuse le syndicaliste.

Pour ce qui est de la suite de la grève, Aboubacar Soumah invite ses partisans à maintenir le cap. « Chers camarades, le moment est grave. Nous avons notre destin en main, si aujourd’hui nous abandonnons le mouvement pour reprendre les cours, ce sera terminé pour nous. C’est notre dernière grève au tour des 8 millions. Quelles que soient les conséquences, il faut qu’on se lève pour arracher notre part du gâteau dans les mains de ce clan mafieux. Observez nos devanciers dans cette carrière d’enseignant, qui sont-ils ? Qu’est-ce qu’ils ont légué à leurs familles ? Abandonnons tout et restons à la maison, continuons la grève. Le lundi, il faut que ce soit encore plus chaud que le lundi passé. Que personne ne vienne à l’école. Passez le message à ceux qui ne sont pas là », lance-t-il.

A l’occasion de cette rencontre, Aboubacar Soumah, a annoncé un soutien de taille pour sa structure venant de la Confédération Générale du Travail (CGT) de la France. Un motif de fierté qui, dit-il, doit remobiliser les enseignants davantage. « Chers camarades enseignants, nous voici encore réunis autour de notre combat. Nous sommes encore réunis pour qu’ensemble nous puissions échanger sur des questions relatives à l’évolution de notre mouvement que nous avons engagé depuis 2017 jusqu’à nos jours. A cette phase, vous devez savoir que ne nous sommes pas un syndicat isolé. Nous sommes suivis partout à travers le monde. Nous avons reçu l’appui de beaucoup de syndicats. Il y a plusieurs autres centrales qui nous soutiennent. C’est dans ce cadre que la CGT France, qui est aussi en grève, nous apporte son soutien à travers cette lettre que voici. Cette lettre a été envoyée à tous les syndicats de par le monde », a-t-il fait savoir.

Alsény KABA pour Guineematin.com

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