L’une des mesures additives prises par le président de la République pour freiner la propagation du coronavirus est l’imposition des maques communautaires ou bavettes. Pour faciliter l’obtention de ces masques, les couturières et tailleurs de Mamou décident d’être utiles à la communauté. Ils se sont lancés dans la production de ces masques pour les donner gratuitement aux citoyens de la ville carrefour. C’est le Centre d’Autonomisation des Femmes (CAF) de Mamou qui est à la baguette pour cette opération, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La pandémie du Covid-19 se propage à une vitesse exponentielle en Guinée avec quelques 438 cas déjà enregistrés positifs à la date de ce jeudi, 16 avril 2020. Pour circonscrire le drame, le port du masque de protection est rendu obligatoire à compter du samedi prochain à travers tout le pays.

Pour participer à « l’effort de guerre » contre la maladie, les travailleurs du Centre d’Autonomisation des Femmes (CAF) de Mamou ont décidé de lancer dans la couture des masques. La démarche vise à chercher à doter de masques à un grand nombre de citoyens.

Madame Jaqueline Koïvogui

Aux dires de ses responsables, plus de 150 couvre nez traditionnels sont cousus par jour dans ce centre de formation professionnelle. Interrogée par notre reporter, Jaqueline Kalivogui est revenue sur leurs motivations. « Nous payons ici les tissus locaux pour coudre, pour nous protéger et protéger nos voisins. Je paye le rouleau à 115 mille FG. Si on dit qu’on va attendre ce que le gouvernement envoi, tout le monde ne peut pas avoir. C’est pourquoi j’ai décidé de coudre ça ici pour partager d’abord avec mes apprenties, mes amies. Nous partons aussi dans les marchés pour les distribuer. Cette maladie est très dangereuse, il faut que chacun de nous joue son rôle. Je demande aux populations de Mamou de se protéger, de se laver les mains régulièrement, d’éviter les regroupements, de mettre les bavettes. Dieu merci, on n’a pas encore enregistré un cas de coronavirus à Mamou. Mais, prévenir vaut mieux que guérir. Je demande à mes amis de valoriser aussi nos tissus locaux pour faire des bavettes pour permettre aux pauvres de gagner », a-t-elle laissé entendre.

Maître Thierno Amadou Barry

Même son de cloche chez maître Thierno Amadou Barry, qui estime qu’il est temps que tous les guinéens s’impliquent pour l’éradication de cette pandémie. « Nous pensons que si chacun de nous joue sa partition, Coronavirus sera un lointain souvenir. Mais, si nous banalisons les mesures préventives édictées par les agents de santé, le pays risque d’être très dangereux. Aujourd’hui, plus 400 cas positifs de coronavirus ont été enregistrés, c’est effrayant dans un pays comme la Guinée. C’est pour cette raison que nous aussi on fait des masques pour appuyer les citoyens de Mamou. Nous lançons un appel au gouvernement de tout mettre en œuvre pour circonscrire cette pandémie. Je peux faire plus de 150 bavettes ici par jour et si chaque tailleur ou couturière fait 50 à 100 masques par jour, tout Mamou sera doté ».

Madame Kadiatou Diallo, directrice du Centre d’Autonomisation des Femmes

Pour sa part, Madame Kadiatou Diallo, directrice du Centre d’Autonomisation des Femmes (CAF) promet de continuer ce combat au service des femmes de Mamou. « Nous allons pérenniser ce geste dans l’intérêt de Mamou. J’invite tous les hommes de métier de respecter les mesures préventives édictées par le gouvernement. Je vais me battre corps et âme pour que la quasi-totalité des femmes de Mamou portent le couvre nez traditionnel issu de ce centre. Pour l’heure, nous avons presque stoppé de coudre les habits au profit des couvre nez. Respectons toutes les mesures préventives pour échapper à cette pandémie… »

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tél. : 625698919/657343939

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