commissaire principal Sayo Oumar, commissaire central adjoint de police de Boké

Depuis quelques jours, le port du masque est devenu obligatoire en Guinée dans le cadre de la prévention du Covid-19. Pour rendre la mesure effective, une amende de 30 000 francs guinéens est imposée sur tous les contrevenants. Dans l’application de cette mesure, les forces de l’ordre sont souvent accusées d’exactions alors que de nombreux observateurs s’interrogent sur la destination de ladite amende.

Dans une interview accordée à un reporter de Guineematin.com ce jeudi, 30 avril 2020, le commissaire Oumar Sayo, commissaire adjoint du commissariat central de police de Boké, a évoqué la destination des montants payés par les réfractaires du port du masque.

Le port du masque est rendu obligatoire depuis quelques temps en Guinée pour prévenir la propagation du Coronavirus. Une amende de 30 mille francs guinéens est imposée à tout contrevenant.

Parlant de ce qui est fait de ce montant, le commissaire Oumar Sayo a apporté des précisions. « Notre autorité nous a instruit d’ouvrir un registre à cet effet. Tout citoyen interpellé pour le non-respect du port du masque est enregistré, il paye les 30.000 FG. Ceux qui ne peuvent pas avoir les 30.000, on leur demande ce qu’ils peuvent payer. S’il dit qu’il a 10 000 GNF par exemple, on l’accepte et on le met en garde. Pour le montant, nous avons reçu l’instruction de faire les statistiques et de rendre compte ».

Sur le terrain, les agents de maintien d’ordre sont souvent accusés d’exactions sur les citoyens. Sur la question, le commissaire Sayo Oumar a fait savoir que c’est « la force stricte nécessaire » qui est utilisée contre les contrevenants au port du masque. « Nous ne menaçons pas les citoyens, nous sommes là dans le cadre de leur protection. Mais, certains font le malin. Ils font semblant de porter le masque. C’est quand ils se rencontrent avec les agents qu’ils se couvrent le nez. Des gens comme ça, il faut les ramener à l’ordre. Nous n’utilisons pas la violence. Mais, ceux qui ne nous comprennent pas, nous utilisons la force stricte nécessaire pour leur faire comprendre la mesure ».

Selon notre interlocuteur, il n’y a pas de garde à vue au commissariat pour port de masque. Mais, ceux qui font acte de résistance sont envoyés au commissariat pour les forcer à payer les 30 mille GNF. « Les citoyens ne sont pas mis en garde à vue pour cause de masque. Généralement, ceux qui sont conduits au poste de police sont les citoyens qui refusent d’obtempérer et ils se livrent à la guerre face aux agents de police. Dans ce cas, nous pouvons les retenir juste le temps qu’ils comprennent et qu’ils payent l’amende », a expliqué Sayo Oumar.

Depuis Boké, Abdourahmane N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628-98-49-38

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