Honorable Mamadou Cellou Baldé, ancien député uninominal de Labé et membre du bureau exécutif de l’UFDG

La nomination de Mamady 3 Kaba comme commissaire à la CENI, en remplacement de l’ancien président de l’institution Me Amadou Salif Kébé, est diversement appréciée par les acteurs de la classe politique et de la société civile guinéenne. Pour l’ancien député uninominal de Labé et membre du bureau exécutif de l’UFDG, cette décision viole la loi L044 portant organisation et fonctionnement de la commission électorale nationale indépendante. Mamadou Cellou Baldé l’a dit au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce vendredi 15 mai 2020.

« Quand nous amendions cette loi, nous avions pris le soin de régler un certain nombre de problèmes qui se posaient déjà avec l’ancienne loi. C’est les querelles intestines entre les différentes entités qui étaient appelées à composer la CENI : la société civile, la mouvance et l’opposition. Ce qui fait qu’à l’article 11, nous avons dit qu’en cas de vacance consécutive au décès, à la démission ou à tout autre empêchement définitif d’un commissaire constatée par la Cour constitutionnelle, saisie par le bureau de la CENI, il est procédé à son remplacement dans les mêmes conditions que celles de sa désignation pour le reste du mandat en cours. Cela veut dire quoi ? Si quelqu’un qui est issu du barreau est décédé comme ce fut le cas de Me Salif Kébé, il n’y a plus de débat au sein de la société civile pour savoir c’est quelle structure ou plateforme qui désigne.

C’est le barreau qui désigne son remplaçant d’autant plus que ce n’est pas un nouveau mandat qu’il débute, mais c’est pour achever le mandat en cours. C’est comme si demain, un commissaire de l’UFDG, je ne le souhaite pas, est empêché définitivement. Ce n’est pas à toute l’opposition de se retrouver pour le remplacer, c’est l’UFDG qui va le remplacer. C’est comme au sein de la mouvance présidentielle, si un commissaire de l’UPR ou un autre parti allié est définitivement empêché, ce n’est pas au RPG et aux autres partis de se retrouver. Ce sera à l’UPR de le remplacer. Donc, c’est une violation flagrante de la loi », soutient le responsable des fédérations de l’UFDG à l’intérieur de la Guinée.

Mais, l’opposant dit ne pas être surpris de cette nouvelle. Pour lui, le pouvoir s’est arrangé tout simplement à avoir un partisan de plus à la CENI. « Ce n’est pas une surprise pour nous acteurs politiques parce qu’aujourd’hui en Guinée, nous n’avons pas un Etat. Nous avons un président de la République qui a violé systématiquement toutes les lois de la République, y compris la loi suprême. Quelqu’un qui n’a pas hésité de violer la constitution, qui n’a pas hésité d’organiser une mascarade électorale le 22 mars avec à la clé l’assassinat de plus d’une soixantaine de personnes dont une dizaine à Conakry et plus de 50 à N’Zérékoré.

Quelqu’un qui n’a pas hésité, pendant qu’on était sous la pandémie de Covid-19, de mobiliser des gens pour obtenir ce qu’il voulait en termes de coup d’Etat constitutionnel, aujourd’hui il n’hésite devant rien. Nous nous attendions donc à une telle chose parce que le pouvoir veut contrôler tout. C’est un militant du RPG Arc-en-ciel qui a été nommé à la CENI », conclut l’ancien député de Labé.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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