Plusieurs citoyens en colère sont descendus dans les rues de la ville de Koundara ce vendredi, 22 mai 2020. Ils sont sortis protester contre des exactions auxquelles se livreraient des agents de la garde forestière en service dans cette préfecture. Les Eco-gardes sont accusés notamment d’avoir battu à mort un jeune homme et d’avoir coupé les doigts d’un autre, a appris Guineematin.com d’un manifestant, joint au téléphone.

Robert Thiara Bendia

« Les gardes forestiers commettent assez d’exactions sur les deux communautés qui exploitent le palmier pour obtenir le vin. Il y a une dizaine de jours, ils ont violemment battu un de nos jeunes qui a trouvé la mort, ils ne sont même pas venus nous présenter les condoléances. Avant-hier encore, ils ont amputé la main d’un autre jeune, ils lui ont coupé trois doigts. Depuis, le jeune blessé est avec nous et il souffre énormément », confie cet habitant de Koundara.

Egalement joint au téléphone par notre rédaction, Robert Thiara Bendia, le jeune blessé, a raconté sa mésaventure. « Avant-hier, on était en brousse pour extraire le vin de palme. Les gardes forestiers sont venus nous attaquer vers 10 heures. Ils ont forcé pour récupérer l’une des machettes avec lesquelles je travaillais et ils m’ont blessé. J’ai perdu trois de mes doigts. Nous avons tout fait pour qu’on se comprenne, ils n’ont pas voulu écouter », a-t-il expliqué.

Ces actes ont profondément choqué les membres des communautés auxquelles appartiennent les deux victimes. Selon nos informations, ils ont porté ces affaires devant les autorités, mais celles-ci leur auraient demandé d’attendre après la fête marquant la fin du ramadan pour que ces dossiers puissent être examinés. Mais, au même moment, ces citoyens ont appris que les deux agents de la garde forestière interpellés suite au meurtre du premier jeune, ont été libérés sans être jugés.

C’est ainsi qu’ils ont décidé de sortir en masse ce vendredi matin pour aller chez le procureur et réclamer justice. A leur arrivée, le procureur n’était pas à son bureau, mais ils ont trouvé sur place deux agents de la garde forestière. Ils ont mis mains sur l’un d’eux qui a été sérieusement molesté, et le second s’est enfui pour aller se réfugier à la police. Il a été poursuivi par les manifestants, qui sont partis protester devant les locaux de la police et réclamer sa libération. La gendarmerie a été appelée en renfort pour essayer de rétablir l’ordre sur les lieux.

A suivre !

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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