Comme annoncé précédemment, la mosquée du très controversé chroniqueur et promoteur de l’écriture N’ko, Ismaël Nanfo Diaby, a été saccagé par des jeunes ce lundi, 13 juillet 2020. Les faits se sont produits au quartier Bordeaux, dans la commune urbaine de Kankan. Ses enfants et frères, qui ont impuissamment assisté à ce saccage des biens du chroniqueur, sont partagés entre incompréhension et colère, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La situation se complique pour Nanfo Ismaël Diaby, le chroniqueur et promoteur de l’écriture N’ko, cloué au pilori pour avoir prié en Maninka en utilisant des versets du Coran. Dans la matinée de ce lundi, alors qu’il était en conclave avec les autorités régionales et la ligue islamique préfectorale pour sa libération, des individus qualifiés des wahhabites ont saccagé sa mosquée et endommagé sa voiture.

Tiranké Diaby, fille de Nanfo Ismael Diaby

Sa famille a été séquestrée pendant un bon quart d’heure. Tiranké Diaby, la fille de l’imam, est inconsolable. « On était assise dans la cour. On les a vus en grand nombre sur des motos. La coépouse de ma mère a dit qu’elle a appris qu’il y a un décès chez les voisins. Je lui ai dit que peut-être ils se rendent là-bas. D’un seul coup on les a vus en train de démolir la mosquée. Ils sont contre mon père, parce qu’il dit Allah Lé Kabon… ».

Ibrahima Diaby, jeune frère de Nanfo Ismaël Diaby

En marge des altercations avec les jeunes venus s’en prendre à la mosquée, Ibrahima Diaby, jeune frère de Nanfo Ismaël Diaby, a été blessé. « Quand ils sont venus, ils ont commencé à saccager la mosquée. Je leur ai dit qu’après leur acte, mon oncle allait construire une autre mosquée. Après, un d’entre eux a dit que s’il m’attrape, qu’il va me tuer. En ce moment, ils avaient fini de démolir le pilier de la mosquée. Après, ils ont cogné une des filles de mon frère qui a aussi répliqué. Après, ils m’ont cogné moi aussi sur la joue. Ça m’a blessé. Je ne vais pas pardonner… ».

Mariama Traoré, épouse de l’imam Nanfo

Mariama Traoré, épouse de l’imam Nanfo, dit que sa famille n’est plus en sécurité. « On était au gouvernorat. On nous a informés que les gens ont attaqué notre concession. On ne sait pas pourquoi ils nous en veulent. Depuis l’année dernière, notre famille ne fait que souffrir. Puisque nous sommes dans un Etat de droit, ils n’ont qu’à laisser les autorités faire leur travail. Ce n’est plus une affaire de prières parce qu’il il n’a tué personne et il n’a rien fait de mal », soutient sa femme.

Au moment que nous quittions les lieux, les forces de sécurité sont intervenues pour sécuriser la famille et le reste des biens du chroniqueur. Un imam du quartier Bordeaux est pointé du doigt d’avoir hébergé les présumés agresseurs.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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