Fraude au Bac : Kadiatou Bah (SLECG) dénonce les « soi-disant enseignants… »

Mme Kadiatou Bah, secrétaire générale du SLECG
Mme Kadiatou Bah, secrétaire générale du SLECG

Contrairement au CEE et au BEPC, le baccalauréat unique, session 2020, suscite du bruit à Conakry. Des témoignages font état de cas de fraude enregistrés dans plusieurs centres d’examen de la capitale guinéenne. Au cours d’un entretien qu’elle a accordé à Guineematin.com ce jeudi, 27 août 2020, la secrétaire générale du SLECG et membre de la coordination générale de cet examen national, est revenue sur cette situation. Kadiatou Bah a dénoncé les « soi-disant enseignants » qui se livrent à des pratiques contraires aux règlements généraux des examens nationaux.

« C’est un fléau qu’on a quand même habitué aux enfants pendant les examens. Les gens ne respectent pas du tout le code de bonne conduite. Malgré les réunions qui ont eu lieu, malgré tout ce qu’on a donné comme consignes aux surveillants et aux délégués, malgré tous ces efforts-là, nous avons constaté sur le terrain, dans certains endroits, des anomalies. Les règlements généraux ne sont pas respectés dans certains endroits. Ils ne sont pas respectés parce que jusqu’à présent, ils y a des gens qui se font appeler des enseignants mais qui ne le sont pas réellement.

Je le dis parce que si tu es enseignant, tu es censé mettre en tête le respect des principes et règlements généraux des examens. Mais il se trouve qu’il y a certains centres qui ne sont pas au compte de l’examen, selon nos informations, où on traite des sujets pour les candidats. En plus de ça, nous avons appris que des plateformes WhatsApp sont mises en place par certains soi-disant enseignants, qui disent avoir les sujets de bac. Ils vont arnaquer les parents d’élèves où les élèves eux-mêmes pour qu’ils paient et qu’on traite les sujets là la nuit.

Il se trouve que ces sujets qu’ils vendent ne sont pas les sujets de cette année, c’est les sujets de 2016. Maintenant on met ça dans la tête des enfants, au lieu qu’ils ne se mettent à réviser ce qu’ils ont appris durant l’année, ils se focalisent sur ça. Nous déplorons cela et condamnons ce genre de comportements qui ne qualifient pas l’éducation guinéenne. Il faut que ça cesse dans notre pays », a déclaré la secrétaire générale du syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée.

Kadiatou Bah a dénoncé par ailleurs, l’utilisation des téléphones dans certains centres d’examen, annonçant que certains enseignants qui ont cautionné cette fraude ont été remplacés. « Il a été dit avec insistance aux élèves, aux surveillants et aux délégués que le port et l’utilisation des téléphones sont interdits dans les centres d’examen. Mais jusqu’à présent, il y a certains surveillants qui sont encore faibles dans ce cadre-là. Ils laissent passer les téléphones ou bien en tous cas, ils ne font pas des fouilles systématiques pour savoir où est-ce que l’enfant a caché le téléphone. Donc quand on a été informés de ça avant hier (mercredi), tout le département a été déployé sur le terrain.

Et nous de l’intersyndicale de l’éducation, on a pris des syndicalistes qu’on a déployés sur le terrain parce qu’en défendant le droit, il faut défendre le devoir aussi. Aujourd’hui, s’il y a défaite, c’est nous parce qu’on est partie prenante des examens. Il faut que nous fassions du sérieux pour que ça marche. Donc depuis hier jusqu’à maintenant là, nous sommes sur le terrain pour que ça marche. Là où il y a eu des faiblesses, on a procédé au remplacement des surveillants qui ont démontré leurs faiblesses. C’est surtout au centre Roi Hassane II et le centre Dr Ibrahima Fofana où on a eu ces cas-là. Mais on a pris les dispositions qui s’imposent. Les surveillants ont été remplacés par d’autres », a dit la syndicaliste.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél: 622919225 / 666919225

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