« L’hygiène, c’est la santé », dit-on souvent. Mais à l’hôpital préfectoral de Siguiri, cette affirmation ne semble pas être prise au sérieux. Aujourd’hui, ce centre hospitalier est tellement sale que les patients qui y sont admis ont du mal même à respirer, a constaté le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Rien qu’à avoir l’état de la cour de l’hôpital, on se rend compte qu’il y a un problème sur les lieux. Des herbes qui poussent par-ci, des ordures qui sont éparpillées par-là, difficile de croire qu’on est dans un hôpital. A l’intérieur du bâtiment également, le constat est assez regrettable. Aucune condition n’est réunie pour permettre un bon rétablissement des malades. Au contraire, rester sur les lieux est une véritable torture.

« Je suis là avec mon enfant qui est malade depuis deux semaines. Mais nous avons du mal à dormir, parce que l’hôpital est très sale, il sent très mauvais. En plus de cela, ils mettent trois enfants dans un même lit d’une place normalement. Depuis que nous sommes là, je n’ai jamais vu le service de nettoyage. Et, il n’y a quasiment pas de poubelle ici, les gens jettent tout à terre. C’est pourquoi la cour est aussi sale », témoigne Fanta Camara, mère d’un patient.

Mohamed Doumbouya est également dans cet hôpital depuis quelques jours. Mais au lieu de guérir, sa maladie risque plutôt de s’aggraver, à cause des conditions de vie difficiles sur les lieux. « Cet hôpital est vraiment sale. Je ne peux ni manger ni dormir ici, parce que ça sent très mauvais. Des fois même, je vomis à cause des mauvaises odeurs. Si vous parlez dans les toilettes, c’est autre chose. C’est vraiment dangereux ce qui se passe ici. En plus de tout cela, l’hôpital est devenu comme un marché, on entend chaque fois les cris des marchands ambulants », déplore ce citoyen.

Même au sein de l’administration de l’hôpital, cette situation est déplorée. Mais, selon un cadre qui a requis l’anonymat, la responsabilité incombe au directeur du centre hospitalier. « Nous avons attiré l’attention du directeur sur cette situation, même si lui-même constate les faits. Mais il n’a pris aucune disposition. Pourtant, ce n’est pas un problème de moyens, parce que nous faisons plus 60 millions de recettes par mois, sans compter le contrat qu’on a avec la SAG et la subvention de l’État. Mais où vont ces sommes ? Seul le directeur peut nous répondre à la question », a-t-il dit.

Nous avons tenté justement d’avoir la réponse du directeur de l’hôpital préfectoral de Siguiri, mais il a refusé catégoriquement de se prononcer sur le sujet.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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