Mamadou Dindé Diallo, historien, écrivains, auteur d’un siècle de journaux en Guinée

Titulaire d’un doctorat en histoire (obtenu l’université de Toulouse 2-Le Mirail, en France), maître de Conférences en histoire contemporaine de l’Afrique et enseignant-chercheur à l’université de Kindia (République de Guinée), Dr Mamadou Dindé Diallo vient de faire le grand saut dans l’honorable cercle des écrivains guinéens. Avec son ouvrage intitulé « UN SIECLE DE JOURNAUX EN GUINEE », publié aux éditions L’Harmattan Guinée, cet amoureux du savoir vient ainsi rallonger et enrichir les rayons des bibliothèques de son pays. Car, dans cet œuvre, reparti en trois tomes, l’écrivain Mamadou Dindé Diallo parle de la presse écrite guinéenne. Une riche histoire de journaux dont la genèse remonte à l’époque coloniale, mais très peu ou pas connue des guinéens d’aujourd’hui.

Avec un style littéraire tacheté d’emprunte historique, l’historien Mamadou Dindé Diallo narre l’histoire de la presse écrite de son pays dans ses moments de noblesse, mais aussi dans ses moments de fébrilité. Le premier tome (231 pages), basé sur une histoire réelle, parle de la presse écrite guinéenne de 1925 à 1958. C’est-à-dire, entre l’apparition du premier périodique (à l’ère de la colonisation) et la proclamation de l’indépendance de la Guinée.

« À l’instar d’autres pays africains, les Guinéens sont rentrés en contact avec les journaux durant la colonisation. La presse fut d’abord contrôlée par les autorités avant que les élites politiques se l’approprient dans leur lutte anticoloniale. Si les missionnaires catholiques ont été des précurseurs (création de La Voix de Notre-Dame), c’est après 1945 qu’une presse plurielle et africaine émerge, avec des journaux variés (Coup de Bambou, Phare de Guinée, La Liberté…). Les leaders politiques et syndicaux utilisent alors la presse comme un instrument de contre-pouvoir et comme un puissant moyen de mobilisation populaire », a expliqué Dr Mamadou Dindé Diallo lors de la présentation de son livre à la presse au mois de novembre dernier à Kindia.

Dans le deuxième tome (147 pages) de « UN SIECLE DE JOURNAUX EN GUINEE », l’auteur évoque la situation de la presse écrite en Guinée de 1958-1984 ; c’est-à-dire sous la première république (conduite par le feu président Ahmed Sékou Touré).

Mamadou Dindé Diallo, historien, écrivains, auteur d’un siècle de journaux en Guinée

« Avec l’indépendance, la relative liberté de la presse acquise durant la période coloniale prend fin. Le nouveau régime du parti unique met la main sur La Liberté, publication du PDG-RDA, qui, sous le nom d’Horoya, devient l’unique journal d’information autorisé. Ce monopole étatique entraîne une forte désaffection du lectorat. Le nouveau dirigeant de la Guinée indépendante musèle la liberté de la presse en un seul média d’Etat. Il monopolise la liberté d’expression jusqu’au changement de régime en avril 1984 », indique Dr Mamadou Dindé Diallo.

Cependant, entre 1984 et 2010, une mutation, changement énormes, va s’opérer dans le domaine de la presse en Guinée. Et, c’est justement de ce changement de direction que parle dans le troisième tome (210 pages) de son ouvrage. Un changement survenu lors de la deuxième république, avec les grâces et les coups de bottes du feu président Général Lansana Conté.

« Après la prise du pouvoir par une junte en 1984, la mise en place du multipartisme contribue à l’instauration de la liberté de la presse au début des années 1990. Considérée comme le printemps de la presse, la décennie voit éclore des centaines de titres éphémères, souvent hebdomadaires ou mensuels. Ce phénomène est ici analysé et deux études de cas sont présentées, centrées sur des groupes de presse apparemment solides : Le Lynx-La Lance et L’Indépendant-Le Démocrate. Enfin, un bilan de la situation de la presse guinéenne en 2010 est proposé. C’est-à-dire la situation de la presse guinéenne sous la seconde République dans les années 90 avec la mise en place du multipartisme qui ouvre à la presse une pluralité de journaux qui a forcé son expression et sa crédibilité dans un espace médiatique paumé. C’est plus d’une décennie après qu’une nouvelle presse prolifère avec la dépénalisation de la presse en 2010 qui marque le printemps de la presse en Guinée. Ainsi que la presse numérique, audio et visuelle qui voit le jour ces dernières années dans le paysage médiatique », nous enseigne Dr Mamadou Dindé Diallo.

A noter que Dr Mamadou Dindé Diallo est aussi titulaire d’une maîtrise en histoire (Gamal-Abdel-Nasser de Conakry), d’un CAPESG (sciences de l’éducation à Manéah), d’un master 2 en histoire (Université de Sonfonia, Conakry). Il a également été professeur d’histoire au lycée Yimbayah de Conakry (2000-2005) et à l’école militaire interarmées (EMIA) au Camp Alpha Yaya Diallo de Conakry (de 2004 à 2005). Et, son ouvrage à trois tomes sera dédicacé ce mois de décembre dans les locaux de l’Institut supérieur des sciences de l’information et de la communication de Kountia, à travers une cérémonie. Le prix de ces livres vari entre 150000 et 250000. Et les trois tomes sont déjà disponibles en ligne sur éditions harmattan.fr, selon l’auteur.

De Kindia Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

Tél. : 628518888

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin