Interdiction des manifestations : Kaly Diallo appelle le CNRD à revenir à la raison

L’interdiction de toute manifestations sur les voies et places publiques en Guinée ne laisse pas indifférent l’activiste des droits de l’homme Mamadou Kaly Diallo. Tout en rappelant que le droit de manifester est consacré par la Charte de la transition et les normes universelles, il dénonce une violation grave des droits de l’homme.

« C’est avec beaucoup d’indignation que nous apprenons cette décision du CNRD, dans la mesure où elle viole les engagements de la Guinée en matière des droits de l’homme. A chaque fois que le président de la transition prend la parole, il dit que la Guinée respectera ses engagements pris à l’international. Et vous savez que la liberté de manifester est une liberté consacrée d’abord par la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui reste l’idéal à atteindre par toutes les nations.

Cette liberté est consacrée aussi par l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, mais aussi par l’Acte constitutif de l’Union africaine et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. La Charte de la transition que le CNRD lui-même a élaborée et soumise au peuple de Guinée reconnaît, en son article 8, l’exercice des droits et libertés fondamentaux aux citoyens. L’alinéa 2 de cet article précise qu’ « aucune situation d’exception ou d’urgence ne doit justifier les violations des droits de l’homme ».

C’est la Charte de la transition, qui sert aujourd’hui de norme supérieure en Guinée, qui le dit. En principe, le CNRD devait respecter de façon scrupuleuse cette charte et la faire respecter. Donc, partant de cette charte et des normes universelles, nous disons que cette décision du CNRD est une violation grave des droits de l’homme », a-t-il déclaré dans un entretien qu’il accordé à Guineematin.com peu après l’annonce de cette décision du CNRD.

Ce défenseur des droits humains invite la junte militaire au pouvoir à revenir à la raison pour éviter à la Guinée une nouvelle crise politique, qui pourrait avoir de lourdes conséquences. « Dans l’une de ses premières déclarations, le président de la transition avait dit que le CNRD va éviter les erreurs du passé. Les erreurs du passé, c’est que les gouvernants ont toujours pensé que bafouer les libertés publiques, les libertés fondamentales, pouvait amener le peuple à une sorte de résignation. Mais, vous vous souviendrez du bras de fer qui a eu lieu lorsque le gouvernement Kassory a interdit ici les manifestations à un moment donné.

Donc, ce genre de décision ne fera qu’engendrer des situations de crise. Pourtant, comme le disait Kofi Annan, « il n’y a pas de développement sans la paix ». Le CNRD ne pourra jamais mettre en œuvre sa politique de refondation de l’Etat, de moralisation des services publics et tout, s’il n’y a pas de paix. Et encore une fois, feu Kofi Annan l’a dit : « il n’y a pas de paix sans la sécurité ». Et il n’y a pas ni sécurité, ni paix, ni développement, quand les droits de l’homme sont violés.

Parce qu’ils constituent le fondement de la paix, de la liberté et du progrès économique et social de toute nation. Donc, il faudrait à mon avis que les autorités du CNRD reviennent à la raison, s’engagent dans la voie du dialogue et de la concertation, mais un dialogue sincère, inclusif, avec tous les acteurs sociopolitiques. Mais aussi, il faut faciliter l’exercice et la jouissance des libertés fondamentales, conformément aux normes universelles, conformément aussi à la charte de la transition que le CNRD lui-même a élaborée », conseille Mamadou Kaly Diallo.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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