Humour : Cette histoire se serait passée quelque part en Guinée. Elle concerne le couple Issa et Fatoumata. Depuis leur mariage, le mari n’a jamais eu le moindre respect pour sa femme. Il la considérait comme son esclave. Pour un OUI ou pour un NON, Issa corrigeait sa femme proprement. Si bien que Fatoumata avait les traces de cette violence conjugale partout sur son corps.

Dans leur secteur, tout le monde connaissait la cruauté et la méchanceté d’Issa à l’égard de son épouse. Malgré tout, les deux vivaient ensemble depuis plus de vingt ans. Leurs enfants devenaient de plus en plus grands. Et, ces enfants ne supportaient plus la correction corporelle infligée à leur mère par leur père.

Quand Issa revient de son travail, Fatoumata lui envoie de l’eau pour qu’il se lave. Et, quand il finit, il laisse le sceau et la serviette dans la toilette. C’est encore Fatoumata qui va les chercher. Les enfants de Fatoumata en avaient le cœur gros contre l’attitude de ce « maître » à l’égard de son « esclave ».

La mère d’Issa était maintenant vieille et fatiguée par la maladie et la par l’âge. Elle vivait toute seule au village. Issa décide donc d’aller la chercher au village afin qu’elle passe le reste de ses jours avec lui en ville. Occasion longtemps rêvée par le premier garçon d’Issa. Lequel aimait bien sa grand-mère qu’il appelait affectueusement sa femme.

L’arrivée de la mère d’Issa était censée améliorer le sort de son épouse. On pensait en effet qu’Issa serait gêné de maltraiter sa femme devant sa mère. Rien n’y fait. L’homme continuait à passer à tabac cette mère de six enfants et parmi lesquels le premier avait tout de même 20 ans.

Un jour donc Issa revient de son travail et trouve que sa femme n’a pas chauffé son eau de bain. Avec la même violence habituelle, il sort sa ceinture pour rouer de coups sa femme. Laquelle est une nouvelle fois humiliée devant sa belle-mère et ses enfants. Et, justement, le premier de ces enfants décide de rende la monnaie à son père.

Il procède exactement de la même manière et par la même violence que son père. Il va trouver sa grand-mère, sort sa ceinture et la corrige proprement. Pas du tout habituée à ce genre de violence, la mère d’Issa s’effondre et devient plus malade et inconsolable. Après avoir bien corrigé sa grand-mère, le garçon reste sur place attendant la réaction de son père à qui il venait de donner la réponse du berger à la bergère.

Quand Issa arrive et trouve sa mère dans les mêmes conditions que son épouse, il devient fou. Avec une virulence et une folie de vengeance, il cherche son enfant. Pour éviter un mort d’homme, les voisins s’interposent entre le père et le fils. Et à ce dernier de déclarer : « tu as battu ma mère, j’ai battu la tienne ». Désormais, même si tu vas me tuer, si tu touches ta femme je touche la mienne, car une mère n’est pas supérieure à une autre ». Fallait-il pleurer ou plutôt en rire ?

Toute l’assistance, excédée par le martyr de Fatoumata depuis plus de vingt ans, approuve l’attitude du garçon qui, pour une fois, était parvenu à mettre fin au sort peu enviable de sa mère dans cette maison.  Peut-être que le dicton populaire selon lequel « si tu bats mon hôte et je bats ton hôte ce sont les hôtes qui en pâtissent » tire son origine de cette histoire de la mère et de l’épouse d’Issa.

Par Habib Yembering Diallo

 

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