Comme annoncé précédemment, le procès de Saïkou Yaya Diallo, membre de la coordination nationale du FDNC, s’est ouvert ce lundi, 12 octobre 2020, au tribunal de première instance de Dixinn. Après avoir entendu le prévenu et la plaignante, la juridiction a renvoyé l’audience au 9 novembre prochain, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

 

Cette affaire remonte au 25 mars 2020. Ce jour-là, madame Aminata Traoré, agent de renseignement, est interpellée alors qu’elle était venue espionner les leaders du FNDC, qui animaient une conférence de presse au siège du PADES. Après sa libération, la jeune femme a porté plainte contre Saïkou Yaya Diallo, membre de la coordination nationale du Front National pour la Défense de la Constitution. Elle accuse l’activiste de la société civile, opposé à un troisième mandat pour le président Alpha Condé, de menaces, injures, violences et voie de faits.

 

« Ce jour, j’étais partie à la rencontre du FNDC pour servir mon pays. Lorsqu’ils m’ont arrêtée, c’est Aïcha Barry et Bailo Barry qui m’ont emmenée dans un premier bureau où il y avait deux personnes. Ainsi, Saikou Yaya est venu me conduire dans un second bureau où il y avait 8 personnes. Il y avait dans ce bureau, Foniké Menguè, Fodé Baldé, Sékou Koundouno, Alsény Farinta Camara, Saïkou Yaya Diallo, Aïcha Barry et d’autres. Ils m’ont tous menacée et injuriée. Ils m’ont traitée de tous les noms. Ils m’ont séquestrée de 12h 08 à 15h 58 minutes. Ils m’ont traînée de force devant la presse, j’ai dit devant la presse ce qu’ils veulent pour que j’ai la vie sauve.

Saïkou Yaya m’a dit qu’il va me livrer aux jeunes. Il m’a dit que si je ne fais pas attention, ils vont me tuer comme une chienne. Il m’a traitée de bâtard. Après, il a appelé maître Mohamed Traoré pour lui dire qu’ils ont arrêté une espionne. Ce dernier leur a demandé de me garder jusqu’à ce qu’il envoie un huissier pour faire le constat. Quand le supposé huissier est venu, il m’a interrogée. Après, il leur a dit de me remettre mon porte-monnaie et mon téléphone. Mais Saïkou Yaya Diallo a refusé de me les rendre », a expliqué la plaignante devant le tribunal, tout en refusant de répondre à certaines questions posées par les avocats de la défense.

 

Des accusations rejetées en bloc par Saïkou Yaya Diallo. Ce responsable du FNDC a dit n’avoir jamais proféré des injures ou de menaces à l’encontre de madame Aminata Traoré. « Je n’ai pas tenu des propos contre Aminata Traoré. Je ne l’ai pas menacée, ni injuriée. Au contraire, nous l’avons sauvée. Et, c’est ce qu’elle n’a pas dit à la barre ici. Je l’ai sauvée pour qu’elle ne soit pas lynchée par la foule », a-t-il assuré.

 

Après un débat contradictoire entre les parties engagées dans ce procès, le tribunal a renvoyé l’audience au 9 novembre 2020 pour les réquisitions et plaidoiries. En attendant, Saïkou Yaya Diallo retourne à la maison centrale de Conakry, où il est détenu depuis le 12 mai 2020. Le tribunal a rejeté la demande de remise en liberté introduite par ses avocats.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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