Dans la soirée d’hier, vendredi 10 février 2017, un groupe de médias dont Guinnematin.com, a eu un entretien avec Dr Dansa Kourouma, président du Conseil National des Organisations de la Société Civile (CNOSC). De nombreux sujets étaient au menu de cette conférence-débat : la constitution par l’opposition républicaine d’un front uni contre un 3ème mandat pour mandat pour Alpha Condé et les rumeurs entourant la somme de 16 milliards de francs guinéens qui auraient été déboursé pour l’accueil du président de la République à Conakry et à Kankan.

En ce qui concerne le premier point, Dr Dansa Kourouma trouve normal que des partis politiques se constituent en front « contre toutes les questions sociales, politiques et économiques. Un acteur politique vigilant doit être proactif.  La réal politique voudrait que nous soyons en avance sur les évènements avant que ça n’arrive. Sur ce plan j’encourage cette organisation », dit-il d’emblée.

Cependant, en ce qui concerne l’invitation faite par l’opposition républicaine de se joindre à ce mouvement qui vise à s’opposer à l’éventualité d’un 3ème mandat pour le professeur Alpha Condé, Dr Dansa Kourouma est ferme là-dessus. « On ne peut pas honorer cette demande pour la simple raison que nous n’avons pas été associés à la conception de l’idée, nous n’avons pas été consultés d’avance. On ne peut pas s’embarquer dans une locomotive politico-politicienne. Je ne peux pas engager la société civile dans un front de ce genre. Pourtant, le sujet qui est débattu est un sujet d’intérêt national », estime le président du CNOSC.

Par ailleurs, le conférencier va s’étendre sur la question du respect de la Constitution qui préoccupe l’institution qu’il dirige. « Nous nous battrons au niveau du CNOSC, comme on le fait depuis 2002, pour que les libertés politiques soient respectées, pour que fore reste à la loi, pour que la Constitution soit respectée. Notre travail est de sensibiliser la population pour qu’elle comprenne les verrous et les garanties qui sont dans la Constitution. Il faut que la population comprenne le contenu des textes de loi, puisque c’est à elle que revient le dernier mot. C’est pour l’aider à comprendre que la Constitution est verrouillée à trois tours. Et pour enlever ces verrous, je crois qu’il faut beaucoup de gymnastique et le peuple doit être informé. Et, la dernière décision appartient au peuple », a laissé entendre Dr Dansa Kourouma.

En outre, la question de la réception accordée au professeur Alpha Condé lors de son retour d’Addis-Abeba aussi à Conakry qu’à Kankan, aura été l’autre point abordé avec le leader de la société civile avec en toile de fond le montant de 16 milliards de francs guinéens déboursé à cet effet. Sur le sujet, Dr Dansa Kourouma estime que c’est inacceptable au regard de la situation que vit le pays.

« Aujourd’hui, quand on connait le niveau de vie du guinéen, le niveau de dégradation des infrastructures, 25 milliards ou 30 milliards jetés pour des réceptions, je crois que c’est au détriment du guinéen. C’est des formes de corruption de masse. Ce qui me fait mal, c’est que nous n’avons pas d’organes ayant les prérogatives requises et dans une certaine indépendance institutionnelle de lutter contre la corruption. Le pouvoir de la société civile est très limité, limité à de simples dénonciations. Dans tous les pays qui veulent sortir du marasme économique, on met un accent particulier sur le contrôle de la gouvernance économique. Si non, des montants comme ça pouvaient être utilisés pour l’adduction d’eau dans certains quartiers de Conakry. Il y a un manque de rigueur dans la gestion économique du pays, il y a un laxisme qui ne dit pas son nom, les marchés de gré à gré. Ça a été prouvé par les audits réalisés par le ministère de l’Economie et des finances. Plus de 60 % des marchés ont été donnés de gré à gré », a dénoncé Dr. Dansa Kourouma.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

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