Opposition, politique, Guinée, Cellou Dalein, Aboubacar SyllaEn prélude aux prochaines consultations électorales en Guinée, les partis politiques de l’opposition ont une série de revendications qui risque fort de conduire le pays à un prolongement du mandat du Président de la République en fonction, estime le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture de Labé.

Pour l’opposition guinéenne, il est hors de question de coupler les élections locales et présidentielle qui devront forcément se tenir cette année. Mais, l’analyse des dispositions combinées du code électoral guinéen donne l’impression que cette crise politique est une équation du 4ème degré à plusieurs inconnues.

En effet, l’article 179 de la loi électorale guinéenne est catégorique : le scrutin pour l’élection du Président de la République doit avoir lieu 90 jours au plus et 60 jours au moins avant la date de l’expiration du mandat du Président de la République en fonction.

Le Pr Alpha Condé ayant été installé le 21 décembre 2010, le nom de son successeur doit être connu aux alentours du 21 septembre 2015. Cela suppose que le scrutin du premier tour de cette élection présidentielle a eu lieu le 11 août 2015 au plus tard, en tenant compte des dispositions combinées des articles 182 et 183 du code électoral guinéen qui donnent à la CENI et à la Cour Constitutionnelle 11 jours au total pour proclamer le résultat du scrutin. Ce qui conduit au 27 août pour la proclamation des résultats définitifs du premier tour.

Dans ce schéma, la campagne électorale pour le premier tour de ce scrutin doit être ouverte au plus tard le 12 juillet, au sens de l’article 178 de la même loi qui parle de 30 jours avant la date de l’élection. S’il faut connaître les candidats 39 jours avant le premier tour du scrutin, la Cour constitutionnelle doit arrêter et publier cette liste vers le 3 juin. Cela sous-entend que la distribution des cartes d’électeurs doit débuter au plus tard le 28 mai quand les opérations de révision des listes électorales ont été clôturées le 14 avril.

L’opérateur qui a été recruté au mois de décembre 2014 a 2 mois (janvier et février) pour s’installer. Son premier travail sera de procéder aux opérations de révision des listes électorales.

Si le nom du futur président de la Guinée doit être connu le 21 septembre, au plus tard, le second tour doit être organisé le 10 septembre, au plus tard.

Cette gymnastique dans le code électoral guinéen ne montre aucune possibilité d’insérer de nouveaux éléments dans l’agenda du processus électoral, au risque de tomber dans une crise qui va conduire inéluctablement au prolongement du mandat du Président Alpha Condé. L’opposition a donc un choix à faire entre trois options : se battre pour obtenir des élections acceptables avec cette CENI intacte, s’engager dans des nouvelles tractations pour le changement des commissaires avec comme conséquence le prolongement du mandat d’Alpha Condé ou opter pour des affrontements politiques aux conséquences imprévisibles et incalculables.

Autres remarques : pour que le mandat d’Alpha Condé ne soit pas prolongé, il faut nécessairement accepter de coupler la présidentielle aux élections locales ou reporter les communales en 2016 pour s’occuper de l’élection nationale.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Téléphone : (00224) 660 11 35 15      

 

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin