Bah Oury et Cellou DaleinFrancine Nöel  a fini de le dire « La politique, c’est la pratique du compromis ». Au regard de ce que je vois et j’entends, cette notion de compromis a disparu du vocabulaire de l’UFDG par la faute de deux hommes qui ont tendance à faire passer leur ego avant le parti. C’est d’autant vrai que dans le conflit qui oppose Cellou et Bah Oury « Il n’y a que des coupables qui se croient, chacun de son côté, innocents et victimes » pour ne pas paraphraser Alain Leblay.

Il faut avoir le courage de le reconnaitre. Cellou Dalein et l’UFDG ont, de manière délibérée et planifiée, abandonné Bah Oury suite au fameux coup d’Etat de juillet 2011. Celui-ci s’est retrouvé en exil forcé, abonné à lui-même par le parti qu’il a fondé et pour lequel il a tout donné. Cela est une évidence qui saute aux yeux. Le cas Bah Oury n’a jamais été une préoccupation de l’UFDG et n’a jamais fait l’objet d’une quelconque revendication politique même pour la forme. Tout s’est passé comme si l’éloignement de Bah Oury était du pain béni pour Cellou, ses courtisans et le fameux Bureau Exécutif de l’UFDG. Qu’il lui soit envoyée une pension alimentaire de survie n’est pas important. Le plus important était de faire preuve de solidarité sans faille à son égard.

Il est également important d’avoir l’honnêteté de l’admettre. Il faut être Cellou Dalein pour perdre l’élection présidentielle de 2010 et surtout celle de 2015. Le manque de stratégie, l’amateurisme et le clientélisme au sein de l’UFDG crèvent les yeux. Aucune instance du parti ne fonctionne correctement. Dans le parti, tout est construit autour de Cellou et pour Cellou. Tous les responsables et cadres (en bois) du parti le savent, il faut lécher les bottes de Cellou ou prendre la porte. « Alahadjien maakii », c’est le leitmotiv de ceux qui veulent se faire une place au soleil de l’UFDG. Aucune contradiction n’est admise au sein du parti. Cellou a ses idées, sa stratégie et ses méthodes qui sont à ses yeux les meilleures. Ceux qui l’ont connu par le passé vous diront, Cellou se croit le plus malin, le plus intelligent et le plus stratège. C’est pourquoi, il n’écoute personne. Et pourtant, c’est connu même si c’est Emmeline Raymond qui l’a rendu célèbre : « Ceux qui s’écoutent eux-mêmes n’écoutent jamais les autres ». En plus, Honoré de Balzac vous le dira : « Ne pas écouter est non seulement un manque de politesse, mais encore une marque de mépris ». En dehors, de la personne de Cellou, seuls les bailleurs de fonds et les marabouts ont un minimum de considération. Tout se passe comme si vous apportez de l’argent, vous êtes un béni oui-oui ou vous êtes porteurs d’illusions, vous êtes les bienvenus, vous avez des idées et stratégies solides que vous êtes prêts à défendre, allez voir ailleurs. Tous ceux qui sont honnêtes avec eux même sont d’avis qu’au sein de l’UFDG, CDD est un intouchable, il est « Un petit roi ».

De son côté, Bah Oury n’est pas exempt de tout reproche. Il faut qu’il admette qu’être membre fondateur de l’UFDG ne lui donne pas le pouvoir de décider du sort du parti. Il faut qu’il finisse par reconnaitre que l’UFDG n’est sorti de l’ombre qu’avec l’arrivée de CDD à sa tête. Nul ne saurait nier que Cellou a une capacité de mobilisation exceptionnelle. Il a fait de l’UFDG, la première formation politique du pays et de loin. En plus, si Bah Oury est aujourd’hui marginalisé, il faudrait qu’il analyse bien la situation. Pourquoi, lui qui était le centre névralgique du parti, même après l’arrivée de Cellou, s’est retrouvé en marge des centres de décision ? Cette question est importante que sa marginalisation a commencé bien avant son exil forcé. Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’il a été victime d’abus et de marginalisation que lui Bah Oury doit contribuer à faire exploser cette formation politique pour laquelle des gens se sont tant sacrifiés. Et, plus important encore, CDD s’est fait un nom sur la scène internationale, une donnée très importante pour la conquête du pouvoir en Afrique, en particulier, dans les ex-colonies françaises.

En conclusion, Cellou doit arrêter de gérer l’UFDG comme une cours royale ou une entreprise individuelle. Il doit se comporter comme un leader rassembleur et non comme un chef de clan. Il doit mettre en place un cadre favorable à l’émergence des idées. Les structures du parti de la base au sommet doivent fonctionner en accord avec les principes du parti. Il doit exploiter le potentiel de tous les responsables, militants et sympathisants à commencer par Bah Oury. Il doit utiliser ses collaborateurs en fonction de leur compétence. Par exemple, des gens comme Bah Oury sont des dangereux bagarreurs politiques. Ce sont eux qui doivent monter au front pour contrecarrer l’adversaire quand c’est nécessaire. Pour sa part, Bah Oury doit reconnaitre l’autorité de Cellou. Il doit s’inscrire dans une logique constructive et respectueuse des textes du parti. Cellou a été élu lors du dernier congrès pour un mandat de 5 ans, vouloir s’en prendre à lui maintenant c’est une façon de créer le chao et d’anéantir les chances de conquête du pouvoir.

« La règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents. » J’ose espérer que les deux protagonistes méditeront bien cette pensée de Ghandi. Je suis d’autant optimiste que je persiste à croire que les deux hommes ont de la hauteur, un sens élevé de la responsabilité et surtout qu’ils ne vont pas tomber aussi bas au point de donner raison à Sénèque qui disait que « Tout être faible est naturellement querelleur »

Thierno Diallo, militant inconditionnel de l’UFDG

 

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