Balaya Diallo, Coordination des Organisations de défense des Droits Humains, CODDHLa Coordination des Organisations de défense des Droits Humains (CODDH), a dénoncé les failles du système d’orientation des étudiants appelé « Djoliba » et attiré l’attention de l’Etat sur la déliquescence de l’enseignement dans notre pays, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters. C’était au cours d’une conférence de presse animée ce vendredi 4 décembre 2015 par les responsables de cette ONG.

Comme on le sait, le système Djoliba est une plateforme mise en place cette année par le ministère de l’Enseignement supérieur pour obliger les bacheliers, futurs étudiants, à se faire inscrire dans les universités privées via ce système.

Seulement, beaucoup de bacheliers et de promoteurs d’universités dénoncent des magouilles qui pourraient forcer des étudiants à aller dans des universités moins performantes, au détriment des universités où ils voulaient se faire inscrire, disposant pourtant suffisamment de place et qui dispensent les meilleurs enseignements.

Pour les responsables de la Coordination des Organisations de défense des Droits Humains (CODDH) qui ont animé la conférence de presse de ce vendredi, avec ce système Djoliba, l’Etat veut favoriser des universités « trois chambres et salon », au détriment des grandes et performantes universités ; mais, surtout, au détriment des enfants de Guinéens dont la formation dégrade chaque année, malgré les importants fonds investis.

Par ailleurs, les animateurs de cette conférence de presse ont exigé que l’Etat guinéen respecte le quota des bacheliers orientés dans les universités publiques (2/3) pour n’orienter dans les universités privées que le 1/3 de nouveaux étudiants.

En réalité, tout ce débat tourne autour des milliards d’argent qui sont versés chaque année par l’Etat à ces universités privées où le budget national débourse jusqu’à 12 millions par an pour un seul étudiant pour certaines options.

D’ailleurs, des professeurs d’universités qui sont beaucoup mieux renseignés ont confié à Guineematin.com que les grandes universités font souvent (et depuis des années) des combines avec certains fonctionnaires véreux du ministère de l’Enseignement supérieur pour avoir de gros contrats (avec un important nombre d’étudiants orientés chez eux) afin de s’enrichir sur le dos de l’Etat.

Le budget national paye chaque année pour des centaines d’étudiants fictifs quelques fois pour des filières qui n’existent même pas ; étant donné que ce sont souvent les « inspecteurs » qui se partagent le magot avec les fondateurs des universités pour avoir un effectif contractuel supérieur à l’effectif réellement existant dans les classes.

Malheureusement, comme dans tous les autres départements ministériels de notre pays, personne n’a voulu un jour commanditer un audit sur ces énormes dilapidations des fonds publics qui font pousser les universités privées aux dépends des maigres moyens de l’Etat qui auraient bien pu servir ailleurs…

 Ibrahima Sory Diallo était à la Maison de la presse pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin