vieille station TotalLe centre ville de Tougué est confronté à plusieurs problèmes parmi les quels, le manque d’électricité et d’adduction d’eau potable pour les populations, a constaté Guineematin.com àtravers son envoyé spécial. Mais, ce qui est encore plus surprenant, la ville n’a aucune station de carburant… Bienvenue dans la « ville » où tout marche au noir ou tout est au marché noir…

« L’eau et l’électricité sont un luxe pour les populations de Tougué. Le courant, nous, on en a connu, mais c’était pendant le temps de la révolution. Pour l’éclairage public, Tougué se contente des lampadaires solaires. L’adduction d’eau, Tougué n’a jamais connu », a dit à Guineematin.com, le président de la délégation spéciale de Tougué, monsieur Sakho Barry.

Pour charger son ordinateur, l’envoyé spécial de Guineematin.com a visité plus de trois lieux de recharge des batteries, tous utilisant l’énergie solaire. Dans chaque endroit visité, on parle d’un manque d’onduleur. « Nous chargeons à 1 000 GNF par téléphone et à 5 000 GNF si c’est un ordinateur », avait dit au journaliste, le jeune Saïkou Baldé, dans la nuit du samedi 05 décembre 2015, au grand marché de Tougué.

A défaut d’une addiction d’eau, les populations se contentent des quelques rares bornes fontaines aux installations très anciennes se trouvant dans les quartiers.

Plus grave aujourd’hui, c’est l’absence totale d’une station service au centre ville de la Préfecture. Aujourd’hui, la ville de Tougué est envahie par des vendeurs de carburant au « marché noir ». Et, le litre se négocie entre 9 000 et 10 000 GNF. Ainsi, tous les coins et recoins du centre ville sont envahis de bouteilles et autres bidons d’essence. Une situation qui se passe au vu et au su de toutes les autorités de la préfecture et au grand dam de la population, sans compter les risques d’incendie que cela peut créer.

« Actuellement, le prix du litre est stable, sinon il arrive des moments où on achète le litre d’essence à 12 000 GNF parce qu’il n’y a aucune station de carburant dans la ville », explique, Mohamed Mounir Diallo, enseignant à Tougué.

Interrogé par Guineematin.com, un jeune vendeur de carburant au grand marché de Tougué, qui a souhaité garder l’anonymat confie : « Nous avons fini nos études et on est revenu. Nous n’avons aucun emploi pour satisfaire nos besoins. Donc, on est obligé de faire quelque chose pour se satisfaire et appuyer nos parents. Au moins, avec le carburant, les gens payent tous les jours. Il n’y a pas de station service au centre ville ici. Nous partons à Kollet (où il y a une station de carburant), soit 18 kilomètres pour s’en procurer, à défaut, il faut aller à Labé, soit 86 kilomètres. Voilà pourquoi nous vendons cher parfois », a-t-il expliqué.

Bref, sur la fermeture de la station service de Tougué, l’envoyé spécial de Guineematin.com a rencontré le dernier gérant de ladite station, Alpha Oumar Diallo. Mais, ce dernier pointe un doigt accusateur sur l’ancien préfet, Boubacar Barry : « C’est l’ancien préfet de Tougué, Boubacar Barry qui a ordonné la fermeture de la station. Elle est fermée depuis avril 2014. Des sociétés comme TMI sont venues ici pour sa relance. Mais, je ne comprends pas pourquoi elles ne reviennent plus. Sur les origines de cette fermeture, je veux vous dire que c’est le service des impôts de Tougué qui a rendu trop cher la taxe qu’on payait. On payait trois millions et quelques par mois. J’ai été le gérant de cette station depuis 2001. Mais, parmi tous les préfets qui se sont succédé à la tête de Tougué, seul Boubacar Barry, avec la complicité de celui des impôts, David Diallo, ont ordonné la fermeture de la station. A mon tour, j’ai fait le compte rendu à mon fournisseur qui a dit de fermer. Voilà dans quelle circonstance on a fermé l’unique station de Tougué. Maintenant, les populations se retrouvent dans cette situation », a-t-il expliqué.

Mamadou Alpha Baldé, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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