Viande de brousseAprès 14 années d’activité dans le trafic de faune, trois personnes ont été mises aux arrêts, le dimanche 7 février 2016, en flagrant délit de trafic, circulation et commercialisation de 106 kg de viande de brousse au plein cœur de Dalaba dans la région foutanienne.

L’opération a été conduite par un haut responsable du ministère de l’Environnement appuyée par les agents conservateurs de la ville de Dalaba avec le soutien de GALF (Guinée Application de la Loi Faunique). Mme Dédé Koivogui et son complice Mamadou Yéro Diallo sont les principaux auteurs de ce crime environnemental. Selon les articles 163 et 164 du code faunique, de telles pratiques sont punissable à la hauteur de l’infraction commise. Leur ambition était déjà connue, commercialiser cette viande boucanée au montant de 1.150.000GNF.

C’est suite à une dénonciation faite, par le projet GALF basé à Conakry, au procureur de la République près du tribunal de première instance (TPI) de Kaloum, faisant état d’un trafic d’espèces animales protégées dans cette localité, qu’une mission a été planifiée par le ministère de l’Environnement et autres services connexes de la protection naturelle. Elle visait à mettre en place une stratégie d’opération d’arrestation de ces deux individus cités dans ce dossier.

Ainsi, M. Diallo Mamadou Yero qui, avec la complicité de Dédé Koivogui, a été mis aux arrêts au centre-ville de Dalaba alors qu’il était en train de transporter les deux sacs et demi de viande de brousse pour livrer les produits à son client. Aux dires d’un agent conservateur, il est mis en cause pour trafic, circulation, commercialisation et complicité d’abatage d’espèces animales intégralement protégées.

Lors de son audition dans les locaux des Eaux et Forêts de Dalaba, le présumé trafiquant a dénoncé devant le pool des conservateurs la nommée Dédé Koivogui qui, selon lui, serait la propriétaire du colis. Et que, cette dernière serait du côté de Kakory, située à 35 km de la ville de Dalaba.

Informés, les agents des eaux et Forêts de la localité avec l’appui de GALF se sont rendus sur les lieux afin de mettre main sur elle. Selon les témoins recueillis sur place, Dédé Koivogui habite cette localité depuis des décennies et a fait du trafic animal sa principale activité.

Pour tromper l’apparence des conservateurs de la nature, elle se fait passer pour une gérante d’un bar de vente d’alcool et autres articles divers qui hantent de nos jours la jeunesse, a laissé entendre un des habitants de la localité.

Aux dires d’un agent conservateur, la présumé trafiquante est très prudente et très confiante dans sa manœuvre. Car, développe-t-il, elle ne se déplace jamais, mais ce sont les gens qui font la transaction à sa place au risque de ne pas se faire appréhender.

A en croire à certains indiscrétions, Mme Dédé Koivogui a élargi son réseau vers la sous-région ouest-africaine, en l’occurrence la Sierra Léone. Car, une fois que sa marchandise est prête pour être distribuée à ses clients,   elle fait appel à ce vaste réseau qui va enfin ravitailler les marchés de Conakry, Nzérékoré, Macenta et la Sierra Léone, argumente un environnementaliste de la place.

Pendant son audition, Dame Dédé Koivogui a pointé du doigt un des chasseurs du nom de Thierno Ibrahima Sow, habitant dans une des bourgades de la localité. Selon elle, celui-ci travaillerait avec elle dans le cadre de ses activités.

Sitôt, une troisième opération fut mise sur pied par le corps des conservateurs de la nature en vue de l’écouter. Ainsi, trois trafiquants ont été simultanément mis aux arrêts dans les 24 heures qui ont suivies l’arrestation de Mamadou Yero Diallo de par qui la chaine a été ouverte.

Devant le juge de paix de Dalaba, les mis en cause ont dénoncé deux autres chasseurs qui seraient impliqué dans ce dossier. Il s’agit notamment de Djouldé Sow et Barry Séry, tous des villages environnants.

Le juge de paix a fini par délivrer un mandat d’amener contre les deux personnes afin qu’elles comparaissent toutes. Quant aux trois présumés trafiquants, ils ont été mis sous mandat de dépôt à la maison centrale de prison de Dalaba pour des fins d’instruction.

Fait marquant qui a presque attiré l’attention de tous, est celui de l’attitude de la dame Dédé Koivogui. Se disant être apparentée à un haut officier de l’armée guinéenne, elle donne dans ses explications, l’impression de n’être pas soucieuse du problème. Ce qui signifierait qu’elle a derrière elle, une main forte qui parviendra à remettre en cause toutes les charges faites à son encontre et la permettre de recouvrer librement la liberté comme cela est le quotidien en Guinée. Puisque, dans un rapport publié par Transparency International, l’indice de perception de la corruption pour 2015 de la Guinée est placé à 139ème sur 167, soit le 28ème pays le plus corrompu au monde. Dame Dédé aurait-elle raison de n’accorder aucun crédit à cette affaire ?

Se prononçant sur le dossier, le colonel Mamadou Bhoye Sow, point focal de la criminalité faunique dira : « Nous avons fini de dresser les procès-verbaux dès leur première audition et nous avons conduit les dossiers vers la justice. La femme dans notre enquête proactive, s’est résignée de nous dire amples informations sur son travail. Attendons la décision de la justice pour développer tout commentaire ».

Nous sommes restés sur notre faim au niveau des trois présumés trafiquants pour avoir leurs versions des faits. Les deux sacs et demi de viande de brousse, soit 106 kg, ont été conduits devant les autorités judiciaires pour la suite de la procédure. 

Fatou Kourouma

NB : comme tous les textes de contribution, ce contenu n’engage pas Guineematin.com

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