Depuis les événements de janvier et février 2007, la préfecture de Koubia ne dispose ni de palais de justice, ni de prison civile, obligeant ainsi le Juge de Paix à délocaliser les audiences vers Labé, rapporte une correspondante de Guineematin.com dans la région.

Cette délocalisation ne se passe pas sans difficultés et les conséquences sont énormes pour les citoyens, selon le Juge de Paix de Koubia, Ibrahima Kansory Camara : « ce n’est pas facile, vous avez vu parfois nous payons le transport des détenus de Koubia à Labé. Ensuite, parfois c’est les OPJ qui se décarcassent pour pouvoir envoyer ces gens-là à Labé pour qu’on puisse faire le jugement. L’Etat a pensé nous nommer et nous essayons d’être à la hauteur de cette confiance malgré ce manque criard d’infrastructures.»

Et, pourtant, les OPJ de Koubia sont à nombre réduits et sous équipés : « pour toute une préfecture il n’y a pas plus de 5 gendarmes. Pour toute une préfecture, il n’y a pas plus de 4 policiers. Il y a des sous-préfectures qui n’ont aucun agent, même un bénévole. Ce n’est pas facile. Et nous sommes venus à un moment où les gens n’ont plus la culture de la justice. Vous imaginez depuis 2007 jusqu’en 2014, les autorités de ces localités-là étaient devenus de véritable juges ».

Cette délocalisation n’est pas sans conséquence, poursuit le magistrat de siège qui estime que ce transfert suscite des suspicions au niveau des citoyens : « juger une affaire à Koubia, cela allait être un moyen pour la population de Koubia d’être informés et d’être instruites par rapport à certains agissements réprimés par la loi. Mais, s’il faut délocaliser les audiences de Koubia à Labé, c’est seulement les parties concernées qui viendront. Et le reste de la population ne sait pas ce qui se passe. Parfois même dès qu’on délocalise, ils vont dire voilà on les envoie à Labé pour les libérer ».

Le juge se fond en appel « les autorités locales doivent savoir que seul le juge doit statuer sur des cas de commissions d’infractions. En cas d’infraction, le Sous-préfet, le président du CR informe le juge. C’est le juge qui peut prendre une décision au nom de la loi et au nom de la République. Ce n’est pas à eux d’arranger à l’amiable, comme ils ont l’habitude de le faire. De se défaire de ce comportement. Cela va garantir l’Etat de droit dans notre pays et faire la promotion de la démocratie et au respect des libertés individuelles et collectives ».

Il est donc temps que les autorités prennent leur responsabilité pour réhabiliter ces infrastructures pour ne pas priver les populations de Koubia leur droit à la justice.

De Labé, Kadiatou Diallo pour Guineematin.com

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