Après Amaria, sur le fleuve Konkouré, en Basse Guinée, les résultats sur l’étude de faisabilité pour la réalisation du complexe hydroélectrique de Kogbédou-Frankonedou, situé sur le fleuve Milo, en Haute Guinée ont été présentés ce lundi, 25 juin 2018, par les partenaires marocains de la société TRAMAG-concessionnaire, en collaboration avec l’entreprise guinéenne Kaba Guiter S.A. Les deux sites ont un potentiel théorique de l’ordre de cent mégawatts (100 MW) installés fournissant une production moyenne de l’ordre de 480 GWH/an.

La cérémonie de présentation dudit projet a été dirigée par le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique, Dr Cheick Taliby Sylla, les partenaires marocains et guinéens, ainsi que plusieurs cadres du département de l’Energie et de l’Hydraulique, les représentants des autorités de Kankan et de Kérouané, rapporte Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’Energie, Dr Cheick Taliby Sylla a précisé que ce complexe hydroélectrique est un « ouvrage majeur de premier ordre, tant au point de vue énergie que du point de vue stratégie de développement ».

Selon le ministre, le projet sera développé dans le cadre d’un partenariat public-privé, une initiative fortement encouragée par le gouvernement. « Une convention de concession en BOT et un contrat d’achat d’énergie ont été conclus le 09 mars 2017 entre le groupement Maroco-guinéen dénommé Sintram-Guiter, le gouvernement guinéen et l’EDG pour la réalisation des études complètes du couple, le financement des ouvrages du couple, l’exploitation des deux centrales et le transfert des ouvrages en fin de concession », a-t-il expliqué.

Sur la participation du gouvernement dans la réalisation du projet, Dr Cheick Taliby Sylla a expliqué que l’Etat ne prendra en charge que le financement du programme de réinstallation involontaire des populations, ainsi que le programme de gestion environnementale et sociale du projet.

Pour le chef du Département de l’Energie, le projet consiste en la construction de deux barrages en cascade sur le Milo, situés respectivement à 90 et 110 km au Sud-est de Kankan, et le raccordement à la ligne d’interconnexion Guinée-Mali en 225 KV, avec la réalisation des programmes de réinstallation involontaire des populations cibles et de gestion environnementale et sociale du projet.

De son côté, le PDG de SINTRAM et DG de TRAMAG, monsieur Benhaman Umouloudi est revenu sur les opportunités que procure le projet. « Le projet permettra à la Guinée de répondre aux exigences de capacité de production d’électricité de base et d’exportation vers la région à travers la ligne d’interconnexion avec le Mali », a-t-il dit, ajoutant qu’il y a aussi les opportunités de formation et d’emploi pour les populations locales pendant la construction et l’exploitation du projet qui soutiendra le développement socio-économique de la région.

Interrogé à la fin de la rencontre, monsieur Ansoumane Kaba, le PDG de la société Kaba Guiter a rappelé que depuis mars 2016, ils se sont engagés sur ce projet, sans aucun document, sans même l’aval des bailleurs de fonds. « Nous avons cru au projet et nous nous sommes engagés. Et, de ce temps à aujourd’hui, nous avons abattu ce travail ! Et, ce n’est qu’au mois de mai 2017 que la convention de concession et le contrat d’achat ont été signés », a-t-il rappelé, précisant qu’il ne reste plus qu’à faire valider le projet au niveau de l’Assemblée nationale.

Par ailleurs, Ansoumane Kaba souhaite l’encouragement des entreprises guinéennes dans la réalisation des grands projets dans notre pays. « Si ce projet est arrivé à ce niveau, c’est parce que le guinéen a cru pour s’engager sur le terrain avant même d’avoir le partenaire », a-t-il dit, estimant que c’est un projet d’une grande importance pour les populations guinéennes.

A rappeler que selon les explications fournies par les experts, les travaux sont organisés en tenant compte des saisons humides et sèches. Les travaux de Kogbédou débuteront avant la saison des pluies et ceux de Frankonédou à la fin de la saison des pluies, avec un décalage d’un maximum de 6 mois par rapport à ceux de Kogbédou. Et, dans les conditions normales, l’entrée en exploitation du complexe est prévue en 2022, alors que la ligne intercontinentale à 255 kV sera en fonction. Pour le moment, le coût du projet n’a pas été évalué, même s’il avait été tablé à 400 millions de dollars, selon les responsables.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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