Dr Dansa Kourouma, président du CNOSCG

Au nom de la flexibilité des prix, les autorités guinéennes ont procédé à un réajustement du prix des produits pétroliers. Désormais, au lieu de 10 000 francs (comme c’était le cas depuis le 1er août 2019), le libre de carburant sera vendu à 9000 francs guinéens à la pompe. Mais, cette baisse de 10% du prix du carburant n’enchante pas les Guinéens. C’est notamment le cas de président du CNOSCG (conseil national des organisations de la société civile guinéenne).

Joint au téléphone ce mercredi, 1er avril 2020, Dr Dansa Kourouma a fait part de son insatisfaction. « Je salue cette mesure ; mais, je reste encore sur ma faim… En cette période, l’Etat doit renoncer à ses marges sur le carburant et diviser le montant en deux, s’il le faut même en trois. Une partie doit être appliquée sur le prix du carburant. C’est-à-dire en revoyant à la baisse ce prix. La seconde partie doit être donnée à l’agence nationale de la sécurité sanitaire (ANSS) et au ministère de la santé pour organise la riposte contre le COVID-19.

La troisième marge doit être utilisée pour subventionner les produits de grande consommation, notamment le riz, l’huile, le sucre et les produits détergents comme le savon, le gel de désinfection des mains, les masques de protection… Donc, moi, je pense qu’il faut aller à des mesures plus pragmatiques, plus cohérentes, plus sociales et solidaires qui peuvent permettre à la population de mieux se protéger contre cette maladie », a réagi l’activiste de la société civile.

Aujourd’hui, le prix du baril de pétrole connaît une nette dégringolade sur le marché international. Et, certains leaders d’opinion en Guinée estiment que le gouvernement pourrait même fixer le prix du libre de carburant à 5000 francs guinéens sans qu’il n’en souffre. La plupart d’entre eux trouvent « insignifiante » cette diminution opérée par les autorités. Un avis partagé par Dr Dansa Kourouma.

« C’est pourquoi je parle de marges. Et, ce n’est pas le carburant seulement qui doit connaitre une diminution. A ce stade-là, l’Etat doit renoncer à une bonne partie de ses taxes vis-à-vis des PME (petites et moyennes entreprises) pour faciliter le coût de production et surtout les taxes à l’importation. Ceci, pour permettre aux Guinéens d’avoir les produits de première nécessité…

Donc, je crois qu’au-delà de ce qui a été obtenu en matière de réduction, que j’apprécie déjà parce que c’est un début d’effort, il faut reconnaître qu’on n’est pas à un stade où on doit jouer avec la population. Parce qu’on est en train de payer une crise sans précédent sans qu’on n’en soit les responsables. Donc, je crois que l’Etat doit se montrer très sérieux et plus pragmatique pour apporter des solutions qui peuvent impacter directement sur le quotidien des populations », a laissé entendre le président du CNOSCG.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com
Tel : 622 97 27 22

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