Après la publication des résultats provisoires du référendum, la Commission électorale nationale indépendante a livré les résultats provisoires des élections législatives du 22 mars dernier. Aucune surprise, le RPG Arc-en-ciel se taille la part du lion. Sur les 76 sièges en jeu au compte du scrutin des listes nationales à la représentation proportionnelle, le parti au pouvoir remporte 42, soit 55%. Mais, le score le plus spectaculaire est celui concernant l’uninominal. Le parti présidentiel remporte 37 des 38 circonscriptions électorales, soit 97%.

En l’absence des principaux partis de l’opposition, le RPG arc-en-ciel dicte sa loi aux petits partis. Contrairement à ce qui s’était passé lors des élections législatives de 2002, boycottées par un certain RPG, le parti qui arrive deuxième n’obtient que 4 sièges. Il s’agit de l’UDG de l’homme d’affaires Mamadou Sylla. Tandis qu’en 2002, celui qui était arrivé deuxième avait obtenu 20 sièges. C’était l’UPR, parti dirigé actuellement par Bah Ousmane qui, ironie de l’histoire, ne récolte que 2 sièges, 18 ans plus tard.

Les premières élections législatives pluralistes ont été organisées en Guinée il y a un quart de siècle. Depuis 1995, et comme on le verra dans lignes qui suivent, ces élections ont connu des hauts et des bas. A titre de comparaison, les résultats des élections législatives du 28 septembre 2013 étaient les suivants :

  • le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) : 53 sièges ;
  • l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) : 37 députés ;
  • l’Union des Forces Républicaines (UFR) : 10 sièges ;
  • le Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN) : 2 sièges ;
  • l’Union Démocratique de Guinée (UDG) : 2 élus ;
  • Enfin 10 autres formations politiques obtiendront chacune 1 siège.

Toujours à titre de comparaison, pour les élections législatives du 30 juin 2002, les concurrents avaient obtenu le nombre de sièges suivants :

Le Parti de l’Unité et du Progrès (PUP), alors au pouvoir : 85 sièges, suivi de l’Union pour le Progrès et le Renouveau (UPR), parti dirigé à l’époque par Siradiou Diallo, qui avait à ses côtés Bâ Mamadou (alors président d’honneur) et Bah Ousmane (alors secrétaire général) de la formation politique, avec 20 sièges. Ensuite, suivront respectivement l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG) de Jean Marie Doré avec 3 sièges, le Parti Démocratique de Guinée : 3 sièges, l’Alliance Nationale pour le Progrès : 2 sièges, et enfin l’Union pour le développement qui avait obtenu 1 siège.

S’agissant des premières élections législatives pluralistes du 31 mars 1995, les résultats étaient les suivants : le Parti de l’Unité et du Progrès (PUP), alors au pouvoir, avait obtenu 71 sièges. Il était suivi du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) avec 19 sièges. Suivront par ordre, l’Union pour la Nouvelle République (UNR) de Bâ Mamadou et le Parti pour le Renouveau et le Progrès (PRP) de Siradiou Diallo, avec 9 sièges chacun, l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG) de Jean Marie Doré, avec 2 sièges. Et quatre autres partis obtiendront, chacun, 1 siège.

Autre comparaison, sur les quatre élections législatives organisées depuis l’instauration du multipartisme en Guinée, le parti au pouvoir a obtenu respectivement : 71 sièges en 1995, 85 en 2002, 53 en 2013 et enfin 79 en 2020.

A noter que sur les quatre élections, seules deux ont connu la participation de l’ensemble des formations politiques. Ce sont celles de 1995 et de 2013.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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