Mahomed Tall Bah, chercheur des plantes médicinales

Mohamed Tall Bah, cinéaste de profession et président de l’association Plamgui (Plantes médicinales de Guinée), dit avoir réussi avec son équipe, à traiter 5 personnes atteintes du VIH/SIDA et plus de mille autres touchées par la drépanocytose. Mais, il a dû arrêter depuis plusieurs années et sous la pression, le traitement du SIDA.

Ce chercheur sur les plantes médicinales dénonce une véritable mafia autour de cette maladie, qui refuse de voir émerger un produit permettant de la guérir. Il a abordé toutes ces questions au cours d’une interview qu’il a accordée à Guineematin.com, le mercredi 15 avril 2020.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

Décryptage !

Guineematin.com : on apprend que vous avez pu traiter, il y a plusieurs années, des malades du VIH/SIDA qui sont sortis guéris. Parlez-nous de cette expérience.

Mohamed Tall Bah : la recherche a commencé le 05 janvier 1998 ici à Conakry avec un groupe de tradipraticiens dont trois sont décédés. Il ne reste aujourd’hui que deux qui sont avec moi plus des médecins qui nous ont encadrés. Nous avons lancé la campagne de traitement du VIH/SIDA en 2003. Nous avons commencé par 5 personnes qui étaient toutes des malades actifs c’est-à-dire positives. Ces personnes sont sorties avec des résultats négatifs. Les résultats sont là avec nous. Comme la recherche c’est un hasard, nous partons sur la base de zéro pour se retrouver à un sommet donné. Alors, les premiers patients en 2003 ont été suivis jusqu’en 2005. Soit 2 ans de temps d’observation. Nous avons fait une évaluation et ils sont sortis négatifs.

Guineematin.com : ils sont sortis guéris du VIH/SIDA ?

Mohamed Tall Bah : ils sont sortis guéris et nous avons les résultats en mains parce que nous, notre évaluation se fait comme suit : on vient avec un dossier qui justifie qu’on a telle maladie et donc on est positif. Cette maladie traitée, il ressort négatif. A ce moment-là, il y avait cette évaluation dite compteur CD4. Le patient sort après avec un chiffre négatif.

Guineematin.com : c’est quoi CD4 ?

Mohamed Tall Bah : c’est le taux d’évaluation. Il est sérologique. Mais, à un certain moment, nous avons été conseillés d’abandonner ce problème de VIH/SIDA et nous avons laissé tomber. C’était en 2012. On nous a dit de laisser tomber parce qu’on était menacés de part et d’autre.

Guineematin.com : qui vous a dit de laisser tomber et qui vous a menacés ? Les autorités ou bien qui d’autre ?

Mohamed Tall Bah : par les collègues médecins généralistes qui nous accompagnaient dans ce traitement. Après, nous avons tenté de nous mettre sur l’orbite. Il y a même des blancs qui nous appelaient pour dire si vous ne laissez pas tomber, vous risquez votre vie dans ça.

Guineematin.com : vous voulez dire qu’il y a des personnes qui ne veulent pas qu’il y ait un remède au VIH/SIDA ?

Mahomed Tall Bah, chercheur des plantes médicinales

Mohamed Tall Bah : il y a des personnes qui ne veulent même pas qu’on en parle. Et quand un blanc te dit qu’il ne te fait pas confiance, quelle que soit ta grandeur intellectuelle, il s’en fiche pas mal, surtout d’un noir. L’OMS s’en fiche. Pour eux, si c’est un blanc, on le soutient, mais si c’est un noir on cherche à le nuire encore de plus. Sinon, comme je l’ai dit, on a traité et guéri 5 personnes entre 2003 et 2005. Nous avions 7 autres personnes palliatives qui étaient complètement usées et finies et nous avons cherché à les faire revenir en vie.

Parmi ces 7 personnes, on n’a pas fait l’évaluation parce que le traitement est très long. On n’avait pas encore trouvé les moyens rapides pour pouvoir mieux gérer cette situation en quelques semaines ou mois. De 2005 à 2008, sur les 7 patients, 2 ont tiré leur révérence et les 5 autres sont revenus en vie et se portent très bien. Ils se sont mariés, ont fait des progénitures et à l’heure où je vous parle certains ont leurs petits enfants par la grâce de Dieu. Mais, dès que vous touchez le problème du SIDA, ils disent : lui c’est un malade, je ne sais pas s’il n’a pas perdu la tête et il faut qu’on le conduise à la psychiatrie.

Guineematin.com : vous voulez dire qu’il y a des personnes qui ont des intérêts dans la persistance de cette maladie ?

Mohamed Tall Bah : c’est un problème d’intérêt. C’est purement et simplement une maladie de business, d’affaires. Tous les Médecins Sans Frontières et la Croix-Rouge qui sont derrière cette histoire, leur revenu est dans le SIDA. Allez-y à Matam, vous allez les trouver et ils sont partout dans les centres de santé. Leur vie est purement et simplement rattachée à ça. Alors, pour eux, il faut qu’on vive avec ça très longtemps parce que le VIH n’est pas si virulent comme Ebola et le coronavirus. Quand vous contractez cette maladie, il faut attendre 1 ou 2 ans avant que les symptômes ne puissent se manifester. C’est pourquoi ils sont en train de nous manager avec une maladie qui nous détruit et ça fait profiter les autres. Maintenant, nous autorités africaines, nous applaudissons derrière parce que la Guinée par exemple bénéficie de 15 millions de dollars chaque 2 ans.

Guineematin.com : combien coûtait le traitement du VIH/SIDA et la drépanocytose chez vous ?

Mohamed Tall Bah : c’était presque gratuit. C’est entre 200 et 250 000 GNF. Une somme destinée juste à entretenir le malade.

Guineematin.com : combien avez- vous dépensé pour avoir la solution permettant de traiter ces maladies ?

Mohamed Tall Bah : nous avons investi dans cette recherche plus de 600 millions de francs guinéens. Des pauvres gens comme moi et mon groupe, parce que toutes ces personnes se reposaient sur moi. A l’époque, le cinéma marchait. Quand je faisais mes bricoles, tous les samedis j’étais avec mes tradipraticiens pour en discuter. Donc, cela m’a coûté plus de 600 millions de francs parce que mon objectif était de trouver un produit contre le SIDA. Et, j’ai réussi à avoir ce résultat de la négativité sur le SIDA. Vous savez, chaque décennie, le SIDA prend une autre forme.

Il n’est pas virulent, mais il faut savoir comment il se griffe ou se cramponne aux globules blancs et surtout comment le neutraliser complètement. Ces signes de négativité sont avec moi. Après notre traitement, les globules rouges, les globules blancs et l’hémoglobine reviennent tous dans les normes. Quand on fait un bilan, vous trouverez que tout est rentré en ordre. De la glycémie, de l’hépatite jusqu’aux maladies parallèles, tout se retrouve dans les normes. Là on peut prendre le sang du patient et en faire un vaccin. Mais, on n’a pas de bons médecins infectiologues qui peuvent s’intéresser à ce genre de maladie.

Aujourd’hui, Madagascar a trouvé un produit à base de plantes médicinales. Ils disent qu’eux, ils vont traiter tous les malades du Covid-19 chez eux et ensuite traiter tous les malades de leur sous-région. Même leur chef d’Etat était très content. Ils disent attendre les résultats des premiers bénéficiaires. Et quand ils auront un bon résultat, alors toute de suite ils vont faire profiter à tout le monde. Chez nous, on en fait quoi ? Les meilleures plantes médicinales au monde se trouvent chez nous.

Guineematin.com : depuis l’avènement du président Alpha Condé au pouvoir en 2010, est-ce que vous avez tenté de rencontrer les autorités pour essayer de relancer le traitement des malades du SIDA ?

Mohamed Tall Bah : écoutez, nous vivons un système que chacun de nous connait. Ce n’est pas un problème culturel, ni professionnel dont nous parlons. Leur (les gouvernants, ndlr) préoccupation, c’est comment profiter, comment se faire de l’argent. Et s’ils ont un trou tout suite, quelqu’un qui touche à ce trou risque de perdre sa vie… En tout cas, nous avons tellement de bons résultats sur ça, surtout sur la drépanocytose dont le traitement ne coûte même pas beaucoup de temps. Le traitement du SIDA nous prend au maximum entre 45 jours et 2 mois. Tandis que la drépanocytose qui est endémique, la durée du traitement est de 25 jours chez les enfants et 1 mois chez les adultes.

Cette maladie commence par les enfants SS, c’est-à-dire un enfant qui est né avec la maladie suite à l’accouplement de deux S (AS et OS). Et puis c’est les SS qui se regroupent et qui deviennent une maladie pour l’enfant. Maintenant, l’enfant SS passe tout son temps dans les douleurs aiguës, extrêmes avec des maux d’articulations, de la respiration, les maux de hanches et à un certain niveau, il déboîte… Quand la crise commence, dans les 7 jours de la semaine, ils n’ont que 3 à 4 heures de pauses.

Les hôpitaux n’ont pas de solution. Et quand vous, vous venez pour dire que vous voulez récupérer ces enfants pour leur sauver la vie, ils (les médecins, ndlr) vous livrent une guerre sans merci alors qu’ils ne sont pas là pour entretenir le mal. Aujourd’hui, le sentiment de pitié n’anime pas nos médecins modernes. Nous, nous avons fait l’école de la médecine traditionnelle et eux celle de la médecine moderne. Voilà la différence entre nous. Vivons d’abord la vie sociétale avant de prendre l’homme en tant que tel. Ils disent qu’on n’a pas de dose mais c’est faux. Un intellectuel comme moi, ne peut pas se permettre de donner un produit sans dose.

Guineematin.com : combien de personnes atteintes de drépanocytose avez réussi à traiter jusque-là ?

Mohamed Tall Bah : je peux citer environ mille personnes. Parallèlement au SIDA, c’est en 2019, avec le conseil de mes propres malades, que j’ai compris que c’était une maladie endémique. Les gens souffrent de ça et les médecins spécialistes les retiennent dans les hôpitaux et refusent qu’ils bénéficient des traitements sur la base des plantes médicinales. C’est dommage. Depuis le début de l’année, j’ai reçu une cinquantaine de patients.

Guineematin.com : pour le traitement de ces deux maladies (VIH et drépanocytose), quelles sont les plantes que vous avez combinées pour avoir la solution ?

Mohamed Tall Bah : c’est simple, mais c’est aussi notre secret. Nous, nous avons fait des recherches sur le sang, c’est-à-dire comment traiter les maladies génétiques que sont la drépanocytose et la goutte épaisse. Ces deux s’attaquent purement aux globules rouges et ceux-ci ne donnent plus. On ne peut plus parler de progression. L’homme est toujours dans une régression parce que ce sont les globules rouges qui occasionnent l’oxygénation. Et maintenant, les produits que nous avons, traitent très rapidement la drépanocytose. Ces produits sont associés à d’autres qui sont issus de la médecine moderne, notamment quelques antibiotiques, les multi vitamines, le Bioferon sirop, etc. parce que nous évoluons parallèlement avec les produits pharmaceutiques et cela va dans l’intérêt de nos patients.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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