Hadja Kadé Diawara

Les réactions continuent de se faire au sein du monde culturel guinéen, suite au décès de l’artiste Hadja Kadé Diawara. La grande chanteuse de la musique manding a tiré sa révérence hier, vendredi 24 avril 2020, à Conakry, à l’âge de 80 ans après une longue et riche carrière musicale. Une triste nouvelle pour Jean baptiste Williams, directeur national de la culture au ministère des sports, de la culture et du patrimoine historique.

Interrogé par un journaliste de Guineematin.com, cet acteur culturel a regretté la perte de celle qu’il considère comme étant une école musicale.

Jean baptiste Williams, directeur national de la culture au ministère des sports, de la culture et du patrimoine historique

« Je commence par adresser mes sincères condoléances à la famille biologique de Hadja Kadé Diawara, à tout le monde culturel et artistique de Guinée, je n’oublie pas le peuple de Guinée et tout le continent africain. Je retiens de cette dame d’abord une constance et une fidélité à sa nation, à travers l’ensemble instrumental et chorale nationale auquel elle a appartenu de 1961 jusqu’à son dernier souffle. Je retiens aussi qu’elle a su entretenir et maintenir sa voix, sa voix soprano, limpide et claire. Elle a su également chanter juste, chanter du beau, chanter du vrai. Ce qui signifie qu’elle était beaucoup attachée à la chose humaine. Toutes les chansons de Kadé Diawara sont des enseignements qu’elle lègue au monde. C’est donc une véritable école musicale qui se ferme aujourd’hui », a-t-il déclaré.

Poursuivant, il a laissé entendre que le travail de Kadé Diawara occupe une place de choix dans la vie musicale en Guinée. Selon lui, « l’archange du manding », constitue une référence qui doit inspirer les générations actuelles et futures. « Les artistes de la trempe de Kadé Diawara sont de véritables boites à paroles, des sacs à musique où les jeunes pourront s’inspirer pour nous produire des musiques que mérite la grande nation culturelle de Guinée. Une personne qui a consacré plus de 60 ans à la culture et à la musique occupe une place prépondérante dans la vie de la nation. Les jeunes devront s’en inspirer. Faire 60 ans de présence scénique, artistique et discographique n’est pas donné à n’importe qui.

Pour le faire, il faut beaucoup faire violence sur soi-même et avoir une hygiène de vie des plus correctes. Et enfin, il faut savoir s’inspirer des bonnes choses de la vie qui tendent toutes à unir les hommes, à rassembler les personnes et à créer plus d’amour au sein des nations. Donc, pour moi, Kadé Diawara occupe la première loge des grands artistes de notre pays. Ce n’est pas pour rien qu’elle porte le nom de l’archange du manding. Ça veut tout dire. Jusqu’à son dernier souffle, sa voix est restée inoxydable. Et je la qualifierais comme l’artiste indéracinable comme baobab », a dit directeur national de la culture.

Hadja Kadé Diawara sera inhumée ce dimanche, 26 avril 2020, au cimetière de Cameroun (Conakry), conformément aux exigences de l’état d’urgence en vigueur dans le pays. Tous les frais liés à ses funérailles seront pris en charge par le ministère des sports, de la culture et du patrimoine historique.

Alsény KABA pour Guineematin.com

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