Test au COVID-19 : le désarroi des conducteurs de gros porteurs au camp Kwame Nkrumah

Depuis l’installation d’un poste de prélèvement au COVID-19 au camp Kwame Nkrumah, situé à Sanoyah km36, les convoyeurs de camions et autres passagers voulant se rendre hors de Conakry sont obligés de passer par là pour se faire dépister. Cette opération ne se passe pas à la satisfaction des conducteurs de gros porteurs qui y traînent pendant plusieurs jours avant d’avoir le résultat de leur test. Tel est le constat fait sur place par un reporter de Guineematin.com dans la journée d’hier, lundi 11 mai 2020.

Salif Bangoura, transporteur de marchandises en Sierra Léone

Salif Bangoura, transporteur de marchandises en Sierra Léone, s’est confié à notre reporter, dès après son prélèvement. « Ici, c’est devenu compliqué actuellement. Avant, les gens étaient appelés sur une liste selon l’ordre d’arrivée pour aller se faire tester. Mais aujourd’hui, malgré qu’il y ait une liste à la rentrée du camp, les convoyeurs sont introduits à l’intérieur par les militaires postés à cet effet comme un jeu de tombola pêle-mêle. Moi, il a fallut que j’insiste à la porte pour qu’on sorte notre liste qui a été prise depuis le matin. J’étais en partance pour la Sierra Leone avec mes amis chauffeurs. C’est arrivé à Friguiadi (Coyah) qu’on nous a sommés d’aller se procurer d’abord de ce papier avant de passer. Il y a beaucoup de camions et citernes qui étaient garés là-bas ce matin faute de ce certificat. Donc après le test, les médecins m’ont dit clairement qu’ils ne peuvent pas me dire avec exactitude quel jour j’aurai mon résultat. Mais néanmoins d’aller voir après 3 jours, s’il y’a une issue qu’ils vont m’appeler. Pourtant nous transportons des marchandises qui peuvent pourrir… ».

Parlant de l’opération proprement dite, Salif Bangoura dit avoir eu peur. « Quand je suis entré pour le test, c’est une petite tige en coton que le médecin a introduit dans mes narines et m’a dit de partir. J’ai même eu peur. Parce que je ne sais pas si le coton là était infecté ou pas. Franchement j’ai peur en ce moment. Si moi j’avais de quoi manger, j’allais rester tranquille à la maison en attendant la fin de cette pandémie ».

Fodé Fofana, chauffeur de camion au compte d’une société basée à Tanènè

Pour sa part, Fodé Fofana, chauffeur de camion au compte d’une société basée à Tanènè, dénonce le favoritisme orchestré sur place. « Quand je suis venu ce matin, on nous a demandés de s’inscrire sur une liste à la rentrée du camp. C’est après qu’ils nous ont dit de rentrer et revenir faire notre test demain. Mais on est resté arrêté-là, les médecins qui travaillent à l’intérieur sont venus faire rentrer les gens sans tenir compte de la liste. Donc, on est là d’abord pour voir si on peut avoir de la chance. Mais, pour le moment, je n’ai aucune information sûre par rapport aux prochaines étapes ».

Présent sur les lieux, Elhadj Ousmane Horoya Sylla, premier vice président de la fédération des transporteurs, a expliqué leur apport dans cette opération. « Notre participation à cette opération, consiste à assister les conducteurs et les passagers parce que quand on laisse les chauffeurs partir comme ça individuellement, ça va encombrer les médecins. Le ministère de la santé, à travers celui des transports, nous a dit qu’il ne peut prendre en charge que 50 personnes par jour, pour un départ. Ces 50 personnes sont composées d’un chauffeur et de deux apprentis. Ce qui fait 15 véhicules qui doivent sortir par jour. Dans notre organisation à l’interne, nous avons réduit en ne prenant qu’un chauffeur et un apprenti par véhicule. Pour que 25 véhicules puissent sortir de Conakry par jour. Donc pour faciliter l’opération, nous accueillons et enrôlons ces chauffeurs et apprentis sur une fiche qu’on valide avant de la déposer au niveau de l’équipe médicale chargée de faire le test. De nos jours, ces agents de la santé peuvent tester jusqu’à 100 personnes selon leur capacité. Après le prélèvement au camp, les échantillons sont dirigés dans un laboratoire à Conakry pour une durée de 24 heures. Passé ce délai, chacune des personnes testées reçoit son résultat à travers son numéro de téléphone qu’elle a laissé sur la fiche. Donc, c’est ce message qu’on présente au niveau des barrages pour passer. Pour le moment, on est en train de démarcher auprès des autorités sanitaires pour qu’on ait un papier sanitaire nous permettant de passer librement aux différents barrages, sans soucis ».

Selon nos informations, 80 personnes sont prélevées par jour dans ce camp militaire. C’est après quoi qu’un médecin sort pour demander une cotisation de 5000 GNF par personne pour continuer l’opération, ont laissé entendre certains chauffeurs entassés sur les lieux.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tél. : 626-66-29-27

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