Lamarana Diallo, alias « Ya Ramadan », représentant de l’ONG Urgences panafricanistes en Guinée, a été victime de bavures policières dans la nuit du mardi à ce mercredi, 20 mai 2020, à Conakry. Alors qu’il se rendait à l’hôpital pour apporter des équipements à son épouse qui venait d’accoucher, le jeune homme a été interpellé par des agents de sécurité. Ces derniers ont retiré son argent et l’ont placé en détention pendant toute la nuit, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Vraisemblablement, le couvre-feu nocturne en Guinée fait plus du mal que du bien. Non seulement la mesure n’empêche pas la propagation du coronavirus dans le pays, mais aussi elle sert de prétexte aux agents de sécurité pour commettre des exactions sur les citoyens. C’est le cas de Lamarana Diallo, plus connu sous le sobriquet « Ya Ramadan », le représentant de l’ONG Urgences panafricanistes en Guinée. Des agents de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) N°4 ont profité de cette mesure s’inscrivant dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire pour sévir contre lui.

Lamarana Diallo, représentant de l’ONG Urgences panafricanistes en Guinée

« Ma femme a accouché aux environs de 23 heures. Après l’accouchement, j’ai quitté l’hôpital pour aller à la maison afin de prendre des habits et d’autres choses dont on avait besoin à l’hôpital. Et au moment où je retournais à l’hôpital, des agents de la BAC N°4 m’ont interpellé au niveau de Hamdallaye Pharmacie en disant que j’ai violé le couvre-feu. Je leur ai expliqué que ma femme vient d’accoucher à l’hôpital et que je partais là-bas pour lui apporter des équipements. Mais ils n’ont pas voulu me comprendre. Ils m’ont pris et m’ont conduit à leur base où j’ai dû passer la nuit. Ce matin, ils ont retiré un montant de 400 mille francs que j’avais sur moi et m’ont laissé partir », a-t-il témoigné.

Le jeune panafricaniste a dû passer la nuit loin de son épouse et de son nouveau-né, qu’il a laissés à l’hôpital. Mais, lui il a eu plus de chance que d’autres jeunes qu’il dit avoir trouvé dans les locaux de la BAC N°4 et qui sont accusés également d’avoir violé le couvre-feu, en vigueur de 22h à 5h du matin à Conakry. Certains seraient retenus là-bas depuis trois jours tout simplement parce qu’ils n’ont pas payé de l’argent pour obtenir leur libération. Lamarana Diallo dénonce une situation « extrêmement grave » et interpelle les autorités du pays là-dessus.

« Il faut dénoncer ces actes des agents des forces de l’ordre parce que ce n’est pas normal. On ne peut pas dire aux gens de rester à la maison même lorsqu’ils ont un malade. Je pense que si on dit même aux malades de rester à la maison pendant la période du couvre-feu, on aura plus de morts que les victimes du coronavirus. Imaginez que vous ayez une femme en grossesse qui souffre ou un autre malade qui a besoin nécessairement d’aller à l’hôpital la nuit et qu’on vous dise que vous ne pouvez pas sortir, c’est extrêmement grave.

Si par exemple c’est un sérum que j’apportais hier à l’hôpital pour sauver ma femme, qui sait qu’est-ce qui aurait pu advenir ? On est en train de lutter contre une pandémie pour éviter des morts. Et si maintenant ce sont ceux-là qui sont chargés d’assurer la sécurité des citoyens qui occasionnent des morts, c’est très grave », estime ce citoyen.

Depuis l’instauration du couvre-feu nocturne en Guinée, de nombreux citoyens se sont plaints des agissements des forces de l’ordre. En plus des interpellations et rackets qu’ils font avant même l’heure indiquée pour le couvre-feu, les agents sont accusés également de profiter de cette situation pour attaquer et piller des maisons et des commerces.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628 12 43 62

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