Saikou Yaya Diallo, membre de la Coordination nationale du FNDC

Rebondissement dans l’affaire Saïkou Yaya Diallo. Le parquet général a décidé de se pourvoir en cassation contre l’ordonnance de remise en liberté de ce membre de la coordination nationale du FNDC, rendue le 21 mai 2020. Une décision surprenante pour les avocats de l’enseignant, qui dénoncent une violation de la loi en la matière, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Surprise, mais aussi déception pour les avocats du Front National pour la Défense de la Constitution et les proches de Saïkou Yaya Diallo. Ces derniers espéraient que l’activiste anti-troisième mandat pour le président Alpha Condé allait recouvrer sa liberté suite à la décision de la présidente de la première chambre du contrôle de l’instruction de la Cour d’Appel de Conakry, rendue le 21 mai dernier et ordonnant sa remise en liberté assortie de contrôle judiciaire. Mais 5 jours plus tard, Saïkou Yaya reste toujours en prison. Le parquet général a saisi la Cour Suprême pour que celle-ci annule l’ordonnance de remise en liberté rendue par la Cour d’Appel de Conakry. Une démarche que regrette et déplore maître Salifou Béavogui, membre du collectif des avocats qui défend ce membre du FNDC.

Me Salif Béavogui

« J’ai pris contact avec le procureur général pour savoir la suite de l’arrêt qui a été rendu par la chambre de contrôle de l’instruction et qui a ordonné la libération de notre client Saïkou Yaya Diallo. Contre toute attente, j’ai appris que le parquet général aurait formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt à la Cour Suprême. Or, c’est une décision qui doit être exécutée et qui est insusceptible de tout recours. Il devrait être libéré depuis le 21 mai 2020, date à laquelle la décision a été prise. Je suis tout simplement surpris et tous les juristes du même bord que moi seront surpris d’une telle décision », a-t-il réagi.

L’avocat dénonce une violation flagrante de la loi, précisément le code de procédure pénale. « L’article 294 du code de procédure pénale est clair. Cet article dispose que le président de la chambre de contrôle de l’instruction ou le magistrat qui le remplace statut au plus tard le 3ème jour suivant la demande au vu des éléments du dossier de la procédure par une ordonnance non motivée qui n’est pas susceptible de recours. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la loi. Donc le recours n’existe pas en la matière. C’est une décision qui doit être immédiatement exécutée. C’est-à-dire, Saïkou Yaya devrait être immédiatement libéré, car c’est une décision insusceptible de tout recours », souligne Me Béa.

Il rassure tout de même que cette situation ne va nullement entamer la motivation de son camp. Les avocats du FNDC se battront jusqu’à la libération de Saïkou Yaya et de tous les autres détenus, promet Me Salifou Béavogui. « Notre client est désormais arbitrairement détenu, nous ferons constater tout cela par voie d’huissier. Et nous n’allons pas nous arrêter là. Nous allons continuer à nous battre parce que maintenant là, nous ne sommes plus sur le terrain du droit, mais sur un autre terrain. Donc nous allons continuer à nous battre. Et nous prendrons les dispositions qu’il faille pour que tous nos clients soient libérés », a annoncé l’avocat.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/654416922

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