Une année après le meurtre de l’étudiant Amadou Boukariou Baldé, la justice tarde à faire la lumière sur cette affaire. Mais la famille de la victime poursuit le dossier et n’entend pas abdiquer sans avoir obtenu justice. Elle compte désormais sur la juridiction de la CEDEAO pour que les responsabilités soient situées et que les coupables soient punis, a appris Guineematin.com à travers un de ses correspondants basés à Labé.

Le 31 mai 2019 a été un jour tragique pour la famille du jeune Amadou Boukariou Baldé. Ce jour-là, des agents des forces de l’ordre, venus disperser une manifestation d’étudiants à l’Université de Labé, l’ont battu à mort. Sans tarder, la famille de la victime a porté plainte pour réclamer justice. Un an plus tard, elle se bat toujours pour que lumière soit faite sur cette affaire. Avec la saisine de la Cour de justice de la CEDEAO, elle espère que son objectif sera atteint.

 

« La famille a déposé une plainte auprès du procureur de la République près le tribunal de première instance de Labé. Je rappelle qu’après ce meurtre, le TPI de Labé nous a signifié qu’il a ouvert une procédure à son niveau, nous demandant si la famille souhaitait se joindre à cette même procédure ou bien se constituer partie civile, formuler une plainte auprès d’un juge d’instruction. Les avocats de la famille ont choisi la deuxième option en déposant une plainte avec constitution de partie civile auprès du juge d’instruction à Labé. Mais depuis que cette plainte a été déposée, le dossier n’a pas évolué, il n’y a pas eu de suite favorable.

Mais parallèlement à cette plainte déposée à Labé, les avocats de la famille ont fait des démarches pour déposer une autre plainte auprès de la Cour de justice de la CEDEAO basée à Abuja, au Nigéria. Comme ils ont vu que la plainte déposée à Labé ne prospère pas, les avocats se sont beaucoup plus concentrés par celle déposée à Abuja. Le dossier est suivi de très près par les avocats et au moment venu la justice de la CEDEAO nous fera appel en ce qui concerne cette affaire », a confié Amadou Mouctar Baldé, le père de feu Amadou Boukariou Baldé.

Dans sa plainte, la famille vise principalement le gouverneur de la région administrative de Labé et deux hauts responsables de la police et de la gendarmerie. « Comme en se plaignant il faut se baser sur des pièces, le gouverneur Elhadj Madifing Diané qui avait dit qu’il assume ce qui s’est passé, a été le premier accusé dans cette affaire. Et nos avocats ont eu ont copies de certains papiers qu’il avait signés, comme la réquisition des services de sécurité, qui deviennent des pièces à conviction.

Et Parmi les agents de maintien d’ordre qui sont aussi visés dans cette affaire, figurent les officiers Alphonse Goumou et Richard Fangamou, respectivement commandant de la compagnie mobile d’intervention et de sécurité (CMIS) de Labé et commandant de l’escadron mobile de la gendarmerie de Labé. En ce qui concerne les autorités de l’Université de Labé, où étudiait feu Amadou Boukariou Baldé, il n’y a pas eu un soutien manifeste de leur part dans cette affaire », précise le père de la victime.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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