Les Conseillers

La mairie de la ville de Kankan vient de hausser le ton contre la récente augmentation du prix de la viande. Les autorités communales rappellent le prix qui doit être pratiqué dans la ville et menacent de sévir contre ceux qui ne respecteront cette décision, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

A l’image de la plupart des villes de la Guinée, Kankan a connu une hausse de la viande à la veille de la fête marquant la fin du ramadan, il y a deux semaines. Le prix du kilogramme de viande est passé de 30 000 à 35 000 francs guinéens. Et depuis, c’est ce prix qui en vigueur dans toutes les boucheries de la ville. Une situation jugée inacceptable par le maire de la commune urbaine, qui a exigé le retour à l’ancien prix. Et selon Mamadi Kroudi Kourouma, le 3ème vice maire de Kankan, cette décision doit rentrer immédiatement en vigueur.

Mamadi Kroudi Kourouma, 3ème vice maire

« A la veille de la fête de ramadan, on a constaté que les bouchers ont augmenté le prix du kilo de viande. Mais le jour de la fête, on ne pouvait pas empêcher les citoyens de manger de la viande. Donc, on les a laissés faire. Maintenant, la commune a pris ses dispositions. Sur recommandation du maire, Mory Kolofon Diakité, il a été décidé de maintenir le prix initial qui est de 30 000 francs. C’est le maire qui en a décidé ainsi. Nous demandons aux bouchers de revenir à de meilleurs sentiments pour satisfaire les citoyens de Nabaya. Actuellement, la vie est difficile, elle est très chère. Avec la Covid-19, beaucoup ne travaillent pas, donc il faut qu’ils soulagent les citoyens », a lancé cet élu local.

La mairie a convoqué les responsables des bouchers de la ville pour leur annoncer cette décision, tout en menaçant de fermer toute boucherie qui ne la respectera pas. Mais, le président des bouchers de Kankan souligne qu’il est impossible pour la corporation de se plier à l’heure actuelle à cette décision du maire.

Ansoumane Condé, président des bouchers de Kankan

« Actuellement, ce n’est pas facile pour nous de vendre un kilo de viande à 30 000 francs, on ne pourra pas s’en sortir. Avant l’apparition de la pandémie du coronavirus dans notre pays, on gagnait facilement des bœufs, mais actuellement, c’est un véritable calvaire pour nous. Nous sommes obligés d’aller dans des villages lointains pour chercher les bœufs, et les prix sont chers là-bas. Pour avoir un bœuf de 100 kilogrammes, il faut débourser 3 millions de francs. Ce que je peux dire au maire, c’est de ne pas fermer les portes de la boucherie de Kankan, sinon cela va jouer sur nous les bouchers et en même temps les citoyens aussi. Mais, s’il décide de le faire parce que la boucherie et l’abattoir appartiennent à la commune, il ne pourra pas quand même nous empêcher d’égorger les bœufs et de vendre la viande dans nos concessions privées », a laissé entendre Ansoumane Condé.

Un bras de fer qui risque donc de s’engager entre les bouchers de Kankan et la mairie de la ville.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin